Les rêves d’agrandissement des propriétaires de l’Abri végétal, Annie Lévesque et Frédéric Jobin-Lawler, semblent bien plus réalisables, maintenant qu’Hydro-Québec entend réduire le tarif de l’électricité destinée au chauffage et à l’éclairage des cultures en serre.
Les rêves d’agrandissement des propriétaires de l’Abri végétal, Annie Lévesque et Frédéric Jobin-Lawler, semblent bien plus réalisables, maintenant qu’Hydro-Québec entend réduire le tarif de l’électricité destinée au chauffage et à l’éclairage des cultures en serre.

Tarifs d’électricité réduits en serre : des rêves plus verts

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
Les coûts élevés de l’électricité ont longtemps représenté un obstacle à la croissance de l’entreprise serricole l’Abri végétal, à Compton. Maintenant qu’ils sont parmi les plus de 1000 producteurs qui pourront bénéficier des nouveaux tarifs préférentiels annoncés par Hydro-Québec vendredi, Frédéric Jobin-Lawler et Annie Lévesque sont plus près que jamais de leur projet d’agrandissement vert « à la fine pointe de la technologie ».

Depuis deux ans, le projet d’expansion des producteurs de tomates, concombres, poivrons, ail et fines herbes biologiques est sur la glace. Son objectif : nourrir les citoyens demeurant dans un rayon de 50 km autour de la ferme à l’année.

« On se dit que si on le fait, on veut le faire de façon écologique, explique M. Jobin-Lawler. On veut pouvoir se chauffer et s’éclairer sans émissions de gaz à effet de serre. On a les plans de nos serres sur papier. Elles sont hautement technologiques, avec des processus de toiles thermales pour les recouvrir pendant la nuit et optimiser nos coûts de chauffage. Présentement, on utilise en partie la géothermie pour chauffer, mais on a du propane ou de l’huile usée comme autre source de chauffage, et on ne veut pas utiliser l’énergie fossile pour agrandir. On est une petite ferme familiale avec des valeurs environnementales qui a l’intention de le rester. » 

Le projet convoité par le couple ajouterait ainsi quatre serres dernier cri d’un total de 1900 m2 aux 3000 m2 qui sont actuellement cultivés dans les huit serres de la ferme. Les nouvelles serres comporteraient également des toits assez hauts pour permettre l’installation d’un éclairage de photosynthèse adéquat et ainsi éviter les creux de production en hiver. 

Un pas de plus    

Selon les calculs de M. Jobin-Lawler, l’entreprise déboursait en moyenne 11 cents le kilowattheure (kWh), notamment en raison de périodes de consommation élevée qui faisaient grimper le tarif. 

Si le projet d’Hydro-Québec est accepté par la Régie de l’Énergie, l’électricité qu’elle utilisera pour chauffer ou éclairer ses serres lui coûtera 5,59 ¢/kWh. C’est un « pas dans la bonne direction », affirme M. Jobin-Lawler, qui doit consommer de l’électricité pour faire fonctionner son système de chauffage géothermique. 

« On avait déjà un 110 kW installé pour la géothermie et un 50 kW pour l’éclairage artificiel, mais on ne se qualifiait pas pour les tarifs préférentiels. Avant, c’était 300 kW minimum », précise celui qui pense économiser un peu plus de 10 000 $ sur les 30 000 à 35 000 $ dépensés annuellement en chauffage avec les installations actuelles. 

Un détail reste cependant à régler pour en arriver au projet d’agrandissement, nuance-t-il : dans la campagne de Compton, où se situe l’Abri végétal, il n’y a aucun accès au réseau électrique triphasé. 

« Ça va nous limiter, déplore-t-il. Même si je voulais acheter plus de courant, les fils ne sont pas capables de m’en donner plus, pour faire une image. Il faut attendre. Avec Hydro-Québec, les Producteurs de serre du Québec et l’Union des producteurs agricoles, on participe à un projet-pilote qui vise à amener le triphasé en région rurale. On essaie de trouver des façons de le faire et qu’Hydro-Québec nous soutienne là-dedans. Quand on y aura accès, tout pourra débouler. » 

+ Même tarif à Sherbrooke 

Le président d’Hydro-Sherbrooke et conseiller municipal du district de Saint-Élie, Julien Lachance, affirme que les nouveaux tarifs préférentiels pour les producteurs serricoles devraient être imités par le redistributeur municipal d’électricité. 

« De prime abord, on suit la tarification d’Hydro-Québec, parce qu’on veut être équitable avec nos citoyens, dit-il. Certains secteurs de la ville sont desservis par Hydro-Québec. [...] Mais on n’a pas de détails encore et ça reste à être approuvé par le conseil de ville, parce qu’on devra faire une analyse de la tarification et voir ce que ça représente pour Hydro-Sherbrooke. » 

« On peut aller plus bas que le tarif d’Hydro-Québec, mais pas plus haut », précise-t-il également.