Une revue rapide de la littérature scientifique indique que la COVID-19 chez les enfants semble moins sévère que chez les adultes.
Une revue rapide de la littérature scientifique indique que la COVID-19 chez les enfants semble moins sévère que chez les adultes.

Symptômes de la COVID-19 à l’école : être vigilant sans être alarmiste

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Dans une mise à jour du Guide de gestion des cas et des contacts dans les services de garde et dans les milieux scolaires rédigé en vue de la deuxième phase de la pandémie de COVID-19, la Santé publique précise qu’il est important d’éviter qu’une surveillance symptomatique trop rigoureuse ait des conséquences exagérées pour les enfants et leurs parents. L’objectif ultime étant de maintenir l’accès à une éducation de qualité, juste et équitable pour l’ensemble des jeunes du Québec.

« Le document met la table en disant qu’il y a une balance. Alors, oui, il y a des mesures qui sont recommandées et prises pour les milieux. Oui, il y a une vigilance à avoir au niveau des symptômes. Mais tout cela est bien balisé, car on veut que les enfants, incluant les élèves du secondaire, aillent à l’école et qu’ils puissent vivre leurs apprentissages scolaires, pédagogiques et sociaux. C’est important », explique Geneviève Petit, médecin-conseil et substitut au directeur à la Santé publique de l’Estrie, ajoutant que cette mise à jour est complémentaire à toutes les communications émises par le ministère de l’Éducation. 

Le guide a été mis à jour pour la rentrée 2020 et les modifications tiennent compte des situations vécues durant la première phase de la pandémie au Québec, ainsi que des quelques semaines où un retour en classe et en service de garde a eu lieu.

Le document rappelle que, par exemple, il est normal et attendu que plusieurs jeunes enfants qui fréquentent un service de garde contractent des infections respiratoires bénignes et conservent par ailleurs un bon état général. « Maintenir des critères stricts d’exclusion équivaudrait à refuser à plusieurs enfants l’accès à un service de garde - milieu scolaire pour une grande partie de la saison des infections respiratoires à venir, ce qui n’est pas souhaitable », note-t-on dans le guide. 

Le guide précise que le taux de transmission de la COVID-19 et sa présence dans certaines communautés sera variable dans le temps au cours des mois à venir. 

Aussi, une revue rapide de la littérature scientifique indique que la COVID-19 chez les enfants semble moins sévère que chez les adultes; que les enfants présentent des symptômes légers à modérés ou sont asymptomatiques; que les symptômes présentés sont peu spécifiques et peu prédictifs d’une infection au COVID-19, excepté l’anosmie.

« Le nez qui coule ne représente pas un symptôme de la COVID-19 et n’est pas une raison d’exclusion. En moins qu’il soit associé à de la fièvre », mentionne le Dre Petit, précisant que les symptômes à surveiller se divisent en quatre catégories.

« Il y a la fièvre. Il y a les symptômes liés aux voies respiratoires, comme une nouvelle toux ou une toux qui s’aggrave, un essoufflement anormal ou des maux de gorge. Il y a les symptômes généraux comme une grande fatigue, une importante perte d’appétit ou des douleurs musculaires qui ne sont pas liées à un effort physique. Et finalement, il y a les symptômes gastro-intestinaux qui incluent vomissement et diarrhée », souligne-t-elle, notant que les parents et les enseignants et surveillants sont invités à travailler en équipe pour déceler ces symptômes, sans être alarmistes.

Une dizaine de nouveaux cas par jours sont décelés en Estrie en moyenne. Aucun nouveau décès depuis le 23 juin n’est lié à la COVID-19 dans la région. Un seul cas est hospitalisé (zéro aux soins intensifs). Compte tenu du nombre de personnes rétablies, il y a environ 70 cas actifs en Estrie, selon les dernières données disponibles.