Roger-Pier Mercier et Guylaine Boutin ont présenté la nouvelle réglementation concernant l’agrile du frêne, lundi, au conseil municipal.

Sursis pour les frênes sains

L’agrile du frêne est présent sur le territoire de la Ville de Sherbrooke depuis plus longtemps qu’on le pensait. En conséquence, la Ville change sa stratégie, et son règlement, pour maintenir son couvert forestier. Il n’est désormais plus nécessaire de traiter ou d’abattre un frêne dans un délai précis.

Le nouveau règlement élimine donc le délai pour l’abattage de frênes atteints, interdit l’abattage de frênes sains, sauf si les arbres sont remplacés, et le traitement au TreeAzin sera possible pour tous les propriétaires qui souhaitent garder leur frêne. 

Les propriétaires privés doivent par ailleurs obtenir un permis d’abattage pour tous les frênes de plus de 10 cm et il est interdit de procéder à l’abattage entre le 31 mars et le 31 octobre. Il sera toujours interdit de transporter les résidus de frênes.

Tous les propriétaires ayant déjà reçu un avis recevront une lettre pour les informer de la possibilité de différer l’abattage. Un courriel de masse sera aussi envoyé à tous les propriétaires qui s’étaient inscrits à la carte interactive pour les informer d’une modification à la réglementation et une séance d’information est prévue au début du mois d’octobre. 

Roger-Pier Mercier, chef de division des parcs et espaces verts, affirme que huit foyers d’infestation avaient été identifiés dans le secteur de la rue Chauveau au printemps et que les analyses ont permis d’établir que l’insecte y était présent depuis deux ou trois ans. Entre mai et août, 14 autres foyers ont été identifiés, si bien que le diagnostic permet de croire que l’agrile sévit à certains endroits depuis cinq ans.

« Un changement de stratégie s’impose puisque nous risquons une perte de notre canopée si nous maintenons le statu quo », dit-il. 

Depuis cinq ans

« Les dernières observations de cet été nous permettent de dire que nous sommes à l’année 5 de l’infestation. Il faut savoir que tous les frênes seront abattus à un moment ou à un autre. L’avantage d’en avoir déjà abattu, c’est qu’on a déjà réglé un problème. À moins que la science n’amène de nouvelles solutions, tous les frênes non traités vont y passer. »

En date du 6 août, 162 frênes publics se trouvaient en zone d’infestation contre 1525 frênes, pour 295 propriétaires, dans les zones privées. Les secteurs du parc Chauveau, de Deauville, du Carrefour de l’Estrie, de la rue des Muguets et Brompton sont touchés. 

Le règlement modifié sera adopté le 1er octobre et entrera en vigueur le 4 octobre. 

La conseillère Karine Godbout en a profité pour inviter les citoyens qui ne l’ont pas encore fait à inscrire leur frêne sur le site internet de la Ville. 

Sherbrooke prévoit investir 5,7 M$ en dix ans dans son plan de lutte contre l’agrile du frêne. La majorité des sommes retenues cette année seront maintenant investies dans la plantation d’arbres et en accompagnement des citoyens pour les informer le plus rapidement possible.

En terminant, Guylaine Boutin, directrice du Service des infrastructures urbaines, a rappelé le rôle des arbres, soit la diminution des îlots de chaleur, l’amélioration de la qualité de l’air et la diminution des gaz à effet de serre. « Les bienfaits, on ne les voit pas quand les arbres sont là, mais on s’en rend compte quand ils ne sont plus là. »

La Ville possède 2500 frênes sur les terrains municipaux alors qu’on estime à 12 500 le nombre de frênes sur les terrains privés.