Annoncée en grande pompe par le ministre de la Santé Gaétan Barrette et le premier ministre Philippe Couillard en décembre, la deuxième superclinique du Québec qui s'installe sur la rue King Est à Sherbrooke aura bien peu d'impact sur le temps d'attente aux urgences de la région.

Superclinique, super accessible?

Annoncée en grande pompe par le ministre de la Santé Gaétan Barrette et le premier ministre Philippe Couillard en décembre, la deuxième superclinique du Québec qui s'installe sur la rue King Est à Sherbrooke aura bien peu d'impact sur le temps d'attente aux urgences de la région.
Il faudrait plus de nouveaux médecins dans ses rangs pour que la Clinique des médecins d'urgence puisse voir plus de patients chaque jour, ce qui ne semble pas être dans les plans d'effectifs du réseau estrien de la santé pour 2017.
« On aura beau bâtir de belles cliniques et affecter du personnel infirmier supplémentaire, s'il n'y a pas de médecins de plus, je ne peux pas rendre plus de services à la population. Il n'y a pas de miracles qui vont se faire », s'exclame la directrice de la CMU Denise Valois.
La gestionnaire sait de quoi elle parle, puisque la CMU fait de l'urgence mineure pour la clientèle inscrite ou non inscrite depuis 1995.
En déménageant de la rue Bowen au 1280 rue King Est, la quinzaine de médecins ont importé leur fonctionnement qui leur permettait déjà de réaliser entre 22 000 et 28 000 consultations par année, selon les données fournies.
La CMU est actuellement ouverte 12 heures par jour, du lundi au vendredi, et 8 heures par jour les samedis, dimanches et fériés.
Tous les jours également elle réserve quelques plages de consultations pour les cas mineurs en provenance des urgences de Sherbrooke du CIUSSS de l'Estrie-CHUS et de ses CLSC.
La CMU a été désignée surperclinique le 20 décembre dernier, mais n'est pas encore en fonction, entre autres parce qu'il fallait aménager un service de radiologie, un centre de prélèvements et embaucher des ressources pour passer d'un total de 76 heures d'ouverture par semaine à 84.
Pour ce qui est des aménagements, ce sera réglé d'ici la mi-février, s'avance Mme Valois, pour ce qui est des ressources, cela relève plutôt du CIUSSS de l'Estrie-CHUS qui planche sur la question et qui devra allouer des infirmières à la superclinique (voir encadré).
« Devenir une superclinique, explique Mme Valois, c'est un peu comme répondre à une offre d'emploi. On a posé notre candidature, on a eu la job, on a fourni ce qu'on s'était engagé à fournir, maintenant c'est au Ministère, au CIUSSS, à l'AMOQ (Association des médecins omnipraticiens) et au CMDP (Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens) de faire leur bout de chemin. »
L'échéance de tout ce processus ne semble pas clairement définie, selon Mme Valois, quoique la date du 1er avril est évoquée.
Mais même sans médecins supplémentaires, la CMU sera prête à répondre aux exigences quand le signal sera donné, assure-t-elle.
« On le fait déjà. Sauf que si on doit ouvrir plus longtemps et qu'on n'a pas de nouveaux médecins, on devra fonctionner à un seul médecin plutôt qu'à deux à certaines heures. Au final, on ne verra pas plus de patients. »
Rappelons qu'en novembre dernier, le Ministère de la Santé a avisé qu'il ne financerait plus les cliniques réseau (comme la CMU) à compter du 1er avril 2017, pour ne retenir que deux modèles de cliniques, soit le GMF (groupe de médecine familiale) ou la superclinique.