La grogne ne cesse d’augmenter chez les employés parce que, après une période de clémence, les agents de sécurité de la Société parc-auto du Québec ont commencé à distribuer des contraventions aux employés qui se garent dans des endroits interdits ou dans des places pour lesquelles leur vignette n’est pas valide aux abords des établissements du CIUSSS de l’Estrie — CHUS.

Stationnement des employés au CIUSSS de l’Estrie-CHUS : Le temps perdu sera mesuré

Combien de temps le personnel du CIUSSS de l’Estrie-CHUS perd-il tous les jours pour se stationner? Et combien de temps de travail perdent-ils quotidiennement quand leur travail consiste à faire des visites à domicile? Pour répondre à ces questions, un sondage sera distribué sous peu aux membres du syndicat de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

« La situation est particulièrement difficile au Centre de réadaptation de l’Estrie (CRE), situé dans le Complexe Saint-Vincent. Plusieurs employés doivent faire des visites à domicile. Il y a souvent un bon 30 minutes de perte de temps pour le stationnement pour une seule sortie chez un patient à domicile. Imaginez-vous tout le temps qu’on perd chaque semaine pour une question de stationnement dans l’ensemble du CIUSSS de l’Estrie-CHUS? » lance Emmanuel Breton, directeur au conseil d’administration de l’APTS en Estrie.

« Nous avons des gestionnaires qui ont un langage comptable. Nous allons leur sortir des chiffres concrets à la suite de ce sondage en utilisant le même langage qu’eux », ajoute M. Breton.

Les employés payent leur passe de stationnement 275 $ par année en moyenne. Cela ne leur garantit pas de pouvoir se garer lorsqu’ils arrivent au travail après 7 h 30 le matin ou s’ils ont besoin de sortir dans la journée.

« Le site de l’Hôtel-Dieu est aussi très problématique », soutient M. Breton. Des employés ont rapporté devoir aller se stationner jusque sur la 10e Avenue, à plus d’un kilomètre de marche de leur lieu de travail. « C’est un problème qui perdure depuis deux ans et qui ne fait que s’amplifier dans tous les hôpitaux situés en milieu urbain, sur tout le territoire, de l’Hôpital de Granby en passant par les deux hôpitaux du CHUS », souligne Emmanuel Breton.

Grogne

La grogne ne cesse d’augmenter chez les employés parce que, après une période de clémence, les agents de sécurité de la SPAQ (Société parc-auto du Québec) ont commencé à distribuer des contraventions aux employés qui se garent dans des endroits interdits ou dans des places pour lesquelles leur vignette n’est pas valide.

Une employée rencontrée par La Tribune a reçu cinq contraventions d’environ 35 $ en quelques semaines — preuve en main. Comme elle rentre au travail en milieu d’avant-midi, il lui est très difficile de trouver une place et le système de navette s’avère inefficace.

Quelles solutions le syndicat propose-t-il? Les mesures de déplacement durable mises de l’avant par la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, comme les navettes entre différents secteurs de la ville, font partie de la solution. Mais elles sont loin de suffire.

« À l’Hôtel-Dieu, pourrait-on réaménager le terrain pour faire plus de places? Faire un stationnement à étages? Faire des ententes avec les commerces autour? À Fleurimont, c’est simple, il y a des arbres, il y a donc de l’espace suffisamment pour faire de nouvelles places. Certes il y aurait des coûts, mais les budgets de droits de stationnement sont profitables toutes les années », ajoute le directeur à l’APTS.

Du côté de la direction du CIUSSS, on connait tous ces enjeux. « Il est vrai que nous sommes en pleine capacité dans nos stationnements actuellement. Nous sollicitons la collaboration du personnel pour prévoir le temps requis afin d’arriver à l’heure à leur poste de travail », dit Marie-France Thibeault du service des communications du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Quant à la problématique au Centre de réadaptation de l’Estrie, la direction a récemment été mise au courant que les places pour les employés qui font des sorties fréquentes étaient mal utilisées. « Pour ajouter à la complexité, des travaux en cours sur le site, qui se prolongent au-delà du délai prévu, retranchent six de ces espaces... La situation devrait revenir à la normale rapidement », ajoute Mme Thibeault.

Moins cher au CHUS

L’arrivée des nouveaux horodateurs dans les stationnements des visiteurs a généré une baisse de revenus au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, du moins pour les deux hôpitaux du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS).

« La transaction moyenne à l’horodateur est maintenant de 5,23 $ par rapport à 6,50 $ auparavant au CHUS. C’est une diminution des revenus et donc des frais payés par les usagers », souligne Marie-France Thibeault du service des communications du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Avant l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs le 1er avril 2017, un visiteur devait payer un tarif journalier de 6,50 $ dès sa 31e minute à l’hôpital. La nouvelle grille tarifaire a généré une diminution de revenus par rapport à l’année précédente puisque des paliers ont été ajoutés. Par exemple, entre 31 et 60 minutes, il en coûtera 2 $, et entre 1 h et 2 h, le billet coûtera 5 $. Entre 2 h et 4 h, il montera à 6,50 $ avant de grimper à 7,50 $ pour une période de 4 à 24 heures de droit de stationnement valide dans l’ensemble des sites du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Encore une question fréquemment posée par les utilisateurs des stationnements des hôpitaux : pourquoi doit-on payer à l’entrée et non à la sortie comme c’était le cas avant?

« Tous les systèmes avec des horodateurs sont des systèmes ouverts sans barrière, guérite ou autre. Payer à la sortie ne serait pas possible puisqu’il n’y a aucun contrôle! Le choix d’un système avec des horodateurs a été fait principalement à cause du prix d’achat et d’entretien des équipements. Il fallait remplacer les systèmes de toutes les installations payantes afin de répondre aux exigences ministérielles d’offrir 30 minutes gratuites ainsi que la modulation des tarifs. Les systèmes fermés sont beaucoup plus coûteux et donc, avoir opté pour un système fermé aurait eu une incidence majeure sur la tarification à cause de notre obligation d’autofinancement », ajoute Mme Thibeault.