«Malheureusement, ceux qui pensent ces projets ne prennent pas l’autobus », a déploré Sylvie Brunelle, une utilisatrice du transport en commun.

Station du Dépôt: le projet de la STS mal reçu

L’abandon de la station du Dépôt pour les autobus de la Société de transport de Sherbrooke (STS) suscite une grogne certaine chez les citoyens qui ont assisté à une séance d’information, jeudi, à l’hôtel de ville. Déplorant qu’on les informe plutôt que de les consulter, ils n’ont pas hésité à remettre en question les raisons pour lesquelles les autobus s’immobiliseront sur la rue King à partir du 19 août.

Sur un ton tantôt posé, tantôt outré, tantôt arrogant, les interventions étaient majoritairement contre le projet exposé en une trentaine de minutes en début de soirée. L’hypothèse selon laquelle la sécurité des usagers serait améliorée a largement été rejetée.

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« Oui, il y a 20 ans, [la station du Dépôt] était la solution, mais nous n’avions pas de partenariat avec le CHUS, l’Université de Sherbrooke et le Cégep de Sherbrooke. Nous n’avions pas les aménagements que nous trouvons à l’Université de Sherbrooke et au Cégep », a résumé le président de la STS, Marc Denault.

« La station a été construite en 1998 alors que les circuits circulaient principalement en boucle et que le centre-ville était le point de chute principal. En 2006, nous avons adopté un nouveau plan de transport et le pôle du cégep devenait le plus pertinent pour répondre aux besoins en déplacements. Le centre-ville demeure un générateur de déplacements, mais ce n’est plus un centre d’échanges », a ajouté Dany Bélanger, directeur à la planification et à l’innovation à la STS.

« La station du centre-ville est plus sécuritaire le soir parce qu’on peut entrer dans les commerces si on ne se sent pas en sécurité. Au Cégep, après 22 h, on se retrouve perdu dans un champ où il n’y a pas de circulation, coincé dans un abribus. Malheureusement, ceux qui pensent ces projets ne prennent pas l’autobus », a déploré Sylvie Brunelle, une utilisatrice du transport en commun.

Pôle multimodal

Les fonctionnaires municipaux ont à maintes reprises rappelé que l’actuelle station du Dépôt servirait, dans une deuxième phase, à l’aménagement d’un pôle multimodal. En d’autres termes, on y trouverait une borne de recharge pour les voitures électriques, des stationnements pour vélos, des stations de vélo-partage et des stationnements d’auto-partage. L’idée d’en faire un pôle du transport durable vise entre autres à maintenir la vocation du site consacré à la mobilité durable. La Ville espère ainsi éviter de rembourser une partie de la subvention touchée pour la construction de la station du Dépôt. Les plans du pôle multimodal ne sont pas terminés.

M. Bélanger a par ailleurs précisé qu’il n’y aurait pas de correspondances bidirectionnelles dans le secteur Dépôt-Wellington, c’est-à-dire qu’il n’y aura pas de correspondance pour les trajets circulant sur les axes nord-sud. « Ces correspondances s’effectueront plutôt au Cégep ou au coin King et Belvédère. »

Stéphane Veilleux, directeur des opérations à la STS, ajoute que seulement 8 % de la clientèle fait des correspondances au centre-ville et que 29 % y descendent puisqu’il s’agit de leur destination finale.

Jean Boucher, qui dit avoir été analyste du ministère des Transports du Québec en 1997 lors de l’analyse de la construction de la station du Dépôt, a suggéré le pavage en béton des voies réservées pour les arrêts des autobus sur la rue King pour éviter l’orniérage. « Ce qui me frappe, c’est que l’efficacité et la sécurité, les raisons évoquées pour sortir les autobus de la station du Dépôt, sont les mêmes qui étaient utilisées en 1997 pour sortir les autobus de la rue King. »

Aménagement déficient

Martin Garneau, lui, a déclaré que la station du Cégep est mal aménagée et qu’il n’est pas possible d’y voir les arrêts de tous les circuits quand on se trouve dans le bâtiment de service.

« Je ne crois pas qu’on met au centre de la démarche la sécurité des usagers. Va-t-on faire un métrobus comme à Québec? Là ça aurait de l’allure », a interrogé Maxime-Édouard Crête.

La représentante du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie, Léonie Lepage-Ouellette, a été une des rares à donner une opinion positive du projet. « Nous nous réjouissons du temps d’attente réduit et de l’optimisation du transport en commun. »

Marc Denault a par ailleurs précisé que l’accès à des toilettes est une préoccupation sur laquelle s’attarde la STS.

Les citoyens désirant formuler des commentaires peuvent écrire à information@sts.qc.ca