Stages rémunérés: des milliers d’étudiants en grève

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
La Presse canadienne
Des milliers d'étudiants postsecondaires entament cette semaine un mouvement de grève dans l'espoir d'obtenir une rémunération et une protection pour les stagiaires.

Le cégep du Vieux-Montréal a annoncé lundi matin la suspension de ses activités d'enseignements pour la journée et la soirée, en raison de la ligne de piquetage établie devant l'établissement tôt en matinée.

Des étudiants du cégep et d'autres établissements de la province font pression cette semaine dans l'espoir d'obtenir une rémunération et une protection telle que prescrite par la Loi sur les normes du travail pour les stagiaires.

Le 8 novembre dernier, les étudiants avaient voté pour une période de grève devant se tenir du lundi 19 novembre au vendredi 23 novembre.

Le cégep du Vieux-Montréal précise que les cours à la formation régulière, les stages et les cours à la formation continue créditée sont suspendus pour la journée. La direction a indiqué par communiqué qu'elle suivra attentivement l'évolution de la situation chaque jour de la semaine et s'assurera de diffuser les décisions qui pourraient être prises.

La semaine dernière, la direction du cégep Marie-Victorin avait annoncé la levée des cours et la suspension des stages pour la semaine du 19 au 23 novembre, au secteur régulier. Cette décision a été prise à la suite du vote des étudiants de l'établissement en assemblée générale, le 14 novembre. Les étudiants avaient alors opté pour une grève pendant la semaine du 19 novembre.

«La Direction respecte les droits et prérogatives du Syndicat étudiant, comme à la liberté d'expression et le droit au piquetage pacifique», avait écrit la direction du cégep.

Ce week-end, l'Association des étudiants en médecine de l'Université McGill a également appuyé la campagne visant à rémunérer les stagiaires, chapeautée par les Comités unitaires sur le travail étudiant (CUTE).

L'association s'est dite «solidaire avec les 60 000 étudiants qui seront en grève à un moment où l'autre entre les 19 et 23 novembre». Elle encourage de plus ses membres à participer à la «journée d'action contre les stages obligatoires non rémunérés», le 21 novembre.

«La situation actuelle, où plusieurs étudiants doivent obligatoirement compléter des stages pour obtenir leur diplôme, est injuste de plusieurs façons. Par exemple, ces étudiants sont exclus de la Loi sur les normes du travail, et n'ont donc pas droit à une protection quant à leurs conditions de travail, ce qui peut mener à des situations de précarité et nuire à leur sécurité», écrit l'association.

Le Cégep Saint-Laurent à Montréal s'est également joint au mouvement, avec des activités de piquetage prévues toute la semaine.

Grève à la faculté des lettres

Le mouvement de grève ne touche pas que Montréal. En Outaouais, par exemple, des associations étudiantes de l'Université du Québec en Outaouais ont aussi joint la campagne. Même chose du côté de l'Université Laval à Québec, où l'Association des étudiants prégradués en philosophie fera la grève mercredi. L'Association générale étudiante du campus de Rimouski de l'UQAR a de son côté voté pour une grève les 20, 21 et 22 novembre.

Rappelons que les étudiants de la faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke (FLSH) ont voté, en assemblée générale de grève, en faveur d'une levée de cours entre les 19 et 23 novembre inclusivement. Cette grève se veut une mobilisation pour la rémunération de tous les stages.

Les étudiants du Cégep de Sherbrooke se sont pour leur part prononcés contre la grève, lors d’une assemblée générale de l'Association étudiante.

Une manifestation est prévue à Montréal ce mercredi après-midi.