Étienne-Alexis Boucher conteste que la Société Saint-Jean-Baptiste du diocèse de Sherbrooke refuse d’admettre dans ses rangs plus de 500 nouveaux membres.

SSJB: la croisade se transporte devant les tribunaux

Engagé depuis plusieurs mois dans une croisade pour relancer les activités de la Société Saint-Jean-Baptiste du diocèse de Sherbrooke, Étienne-Alexis Boucher s’adresse maintenant aux tribunaux pour faire admettre 530 nouveaux membres dans l’organisme.

Dans une requête adressée à la chambre civile de la Cour supérieure, l’ex-député péquiste aujourd’hui président de la Société nationale de l’Estrie (SNE) fait valoir que de refuser ces membres potentiels « est injustifié et illégal puisque arbitraire, déraisonnable, et discriminatoire ».

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Membre de la SSJB depuis 2016, M. Boucher avait déposé lui-même 505 de ces 530 formulaires d’adhésion à la SSJB le 12 avril dernier, avec la cotisation totale de 2525 $.

Codemandeurs de la requête en Cour supérieure, Richard Vachon, le directeur général de la SNE, et Christian Clavet, un administrateur de la SSJB, ont déposé séparément 25 demandes de plus les 8 et 30 mai, et auraient également essuyé un refus.

« Nous sommes convaincus que les administrateurs de la SSJB n’ont pas respecté leurs statuts et règlements quand ils ont refusé les 530 demandes d’adhésion, clame M. Boucher en entrevue avec La Tribune. Nous voulions utiliser tous les recours possibles […] et il nous restait un espoir qu’ils entendent raison, mais devant le mur qui s’est dressé devant nous en novembre, nous avons dû nous rendre à l’évidence que même si nous jouons leur jeu, jamais nos membres ne seront acceptés. »

Le mur auquel il fait allusion consiste en un nouveau critère d’admission que la SSJB aurait édicté, en novembre, soit d’être accepté par le conseil d’administration, ce que déplorent vivement les codemandeurs.

« Il est alors devenu clair […] que toutes les 530 personnes seraient refusées peu importe la qualité de ces candidatures », peut-on lire dans le document de cour.

Étienne-Alexis Boucher maintient que sa croisade n’a d’autres visées que de relancer une organisation « moribonde », selon ses mots. Il nie toutes intentions de prise de contrôle de l’organisme qui se dit apolitique, même s’il est réputé être fédéraliste depuis sa scission d’avec la Fédération des SSJB du Québec au tournant des années 70.

« À partir du moment où vous croyez que vos droits sont lésés et à partir du moment où la légitimité des administrateurs est on ne peut plus questionnable, on fait quoi? Je suis un homme têtu, je vais aller au bout de mes convictions. On est persuadé d’avoir raison », ajoute M. Boucher.

Outre de déclarer valables les « contrats d’adhésion » des 530 nouveaux membres, les trois hommes demandent à la Cour d’« ordonner la tenue d’une assemblée générale extraordinaire pour élire de nouveaux administrateurs, après que les 530 demandes d’adhésion soient régularisées ».

Étienne-Alexis Boucher précise par ailleurs que cette procédure judiciaire n’engage aucun frais pour la Société nationale de l’Estrie qu’il préside. Les frais sont à la charge du procureur des demandeurs, l’avocat Marco-Pierre Caza, qui sera rémunéré en cas de victoire, précise M. Boucher.

Par un laconique courriel signé par sa présidente Micheline Dupuis, la SSJB a confirmé que trois « individus » avaient entrepris des procédures judiciaires contre elle.

« En ce moment, écrit-elle, notre réponse face à ce dossier est que depuis plusieurs décennies, la Société Saint-Jean-Baptiste du diocèse de Sherbrooke est connue pour résister à un nationalisme sectaire. Elle a toujours fait la promotion de la culture canadienne-française et elle continuera à le faire. »

Étienne-Alexis Boucher

Président du MNQ sans opposition

Sans faire grand bruit, Étienne-Alexis Boucher a été élu sans opposition, le 3 novembre, président du Mouvement national des Québécoises et des Québécois.

Dans le contexte où cette fédération chapeaute 15 Sociétés nationales et 4 Sociétés Saint-Jean-Baptiste à travers la province, La Tribune lui a demandé pourquoi il persiste à vouloir relancer la SSJB du diocèse de Sherbrooke alors que la Société nationale de l'Estrie se porte plutôt bien et qu'elle pourrait continuer de croître. À quoi il réitère qu'il y a, selon lui, de la place pour les deux entités dans la région. « Qu'il y ait deux organismes de défense de la langue française, de l'histoire et de la culture du Québec, ce ne serait pas de trop. Trop fort casse pas », déclare-t-il.

Au MNQ, M. Boucher succède à Martine Desjardins qui occupe désormais la direction générale de l'organisation. Mme Desjardins s'était fait connaître comme présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec lors de la crise étudiante du printemps 2012.

Fondée en 1930, la SSJB du diocèse de Sherbrooke comptait 6623 membres en 2016, dont plus de 6500 sont de membres de facto comme bénéficiaires de son service mutuel d'assurance et 92 sont des membres à 5 $.

La Société nationale de l'Estrie a été fondée en 2015 et compte moins de 200 membres.