L'UdeS se défend d'avoir été trop généreuse en concluant une entente avec les professeurs. À terme, au 30 avril 2019, cette entente aura coûté 9,6 millions $.

SPPUS: une entente de près de 10 millions$

Près de 10 M$ : c'est le montant estimé pour la nouvelle convention collective des professeurs de l'Université de Sherbrooke. Interrogée sur ce nouveau contrat de travail, l'UdeS s'est défendue d'être généreuse avec les quelque 428 employés. Alors que d'autres groupes syndicaux ont pu faire de plus grands compromis face aux compressions, le recteur adjoint Martin Buteau indique que des ajustements à la hausse pourraient être faits pour eux.
« À terme, au 30 avril 2019, on estime que l'entente aura coûté 9,6 M$ », précise M. Buteau. Dans les dernières semaines, la direction a fait valoir que les demandes du SPPUS oscillaient sommairement autour de 10-12 millions. Généreuse, cette nouvelle convention? « Non! Le syndicat a laissé tomber beaucoup de ses demandes », répond M. Buteau en soulignant l'importance du conciliateur dans ce dossier.
Les membres du Syndicat des professeures et professeurs de l'UdeS (SPPUS) ont entériné l'entente de principe à 82 %, mardi en assemblée générale.
La nouvelle convention de trois ans prévoit l'ajout de 30 nouveaux professeurs d'ici trois ans en plus des postes qui pourraient se libérer et qui seraient remplacés.
Les professeurs auront droit à une augmentation salariale de 6,25 % sur trois ans (4 % en 2017, 1,25 % et 1 % les deux dernières années), en plus d'un montant forfaitaire de 1 % qui sera payé à la signature de la convention, puisque la convention collective était échue depuis mars 2015.
« On était d'accord dès le début qu'il fallait faire un rattrapage au niveau des ressources professorales. On avait beaucoup de postes vacants et ça commençait à hypothéquer lourdement le développement de l'université. On voulait faire ce rattrapage-là, mais il a fallu convenir avec le syndicat qu'on ne pouvait pas à la fois embaucher plus de monde et leur donner des augmentations de salaire qui allaient au-delà de la politique salariale gouvernementale (PSG). C'est là qu'il y a eu des discussions importantes. (...) Pour l'université, la convention actuelle était déjà une très bonne convention. »
À la fin 2014, l'UdeS a demandé à ses syndicats des concessions en fonction de cibles fixées par groupe d'employés. Pour le SPPUS, la cible avait été fixée à 6,5 % ou l'équivalent de 3,2 M$. Le SPPUS soutient que cette cible a été atteinte avec les gels d'embauche. L'UdeS soutenait le contraire. Qu'en dit-on maintenant que la convention collective a été renouvelée? « On est à regarder le tout, pour l'ensemble des groupes d'employés; il n'y a pas juste les professeurs qui se sont privés de membres. À la fin, il faut s'assurer que tout le monde ait été traité de façon équitable. Si on regarde la conclusion de la convention du SPPUS, on n'est pas allé chercher la valeur de 6,5 %. » Des ajustements à la hausse sont donc tout à fait possibles pour les groupes qui ont contribué aux compressions de façon plus importante.
M. Buteau estime que l'UdeS a réussi à augmenter le nombre de professeurs « tout en limitant les augmentations de salaire grosso modo à la PSG ». La PSG prévoit un montant forfaitaire de 1 % en 2015, de même que des augmentations de 1,5 % en 2016, 1,75 % en avril 2017, 2 % en avril 2018 et 0,5 % pour 2019.
L'UdeS a obtenu l'abolition de l'exonération partielle des droits de scolarité auprès des professeurs. Cette mesure permet le remboursement de 50 % des droits de scolarité des employés, de leur conjoint et de leurs enfants. Il ne s'agit pas d'une grande concession en termes de montant, mais elle est tout de même symbolique, selon M. Buteau.
« On a expliqué qu'aux yeux du public, c'était difficilement justifiable qu'on se plaigne d'un manque de fonds, mais qu'on accorde une exonération partielle des droits de scolarité aux employés. » Cette mesure coûterait pour l'ensemble de l'UdeS environ 200 000 $ par an.
L'UdeS, qui compte une dizaine de syndicats, négocie actuellement avec les syndicats représentant les employés de soutien (SEESUS), le personnel professionnel et les professeurs-ingénieurs. Elle doit adopter son prochain budget en avril.