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Sport, santé et rencontres
Sport, santé et rencontres
Le passionné de golf Charles Pelletier était tout sourire sur le bloc de départ jeudi.
Le passionné de golf Charles Pelletier était tout sourire sur le bloc de départ jeudi.

Retomber en enfance

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
« Mercredi quand je suis allé au golf, je regardais le sourire de mes coéquipiers et j’analysais l’atmosphère. Vraiment, j’avais l’impression qu’on était retombés en enfance, qu’on était des gamins qui retrouvaient quelque chose d’important. [...] Quand ils ont dit que le golf était ouvert, quelque chose en moi reprenait vie. »

L’odeur de l’herbe et le sentiment de la balle qui décolle pour atterrir directement sur le vert ont manqué aux golfeurs de la région comme le partage Charles Pelletier, un passionné de ce sport. Depuis mercredi, les sportifs sont nombreux à goûter aux joies du plein air pour leur corps... et pour leur esprit.

L’aspect social sera toutefois différent lors de la saison 2020. « J’ai deux groupes de golf, un le jeudi après-midi et l’autre la fin de semaine. Normalement, après la partie, on va prendre un pichet de bière par équipe, on paie nos gageures et nos dettes. Ce sera plate de ne pas avoir notre rituel à la fin, mais de se retrouver quand même, de se voir et de partager cette passion, pour plusieurs, ce sera un bienfait incroyable », dit-il, assurant qu’un suivi sur les dus de chaque membre de son équipe sera envoyé par courriel semaine après semaine. 

M. Pelletier ne le cache pas : en 2011, il a tenté de mettre fin à ses jours. Si la saison de golf 2020 avait été annulée, l’homme qui aujourd’hui dit aimer la vie n’aurait pas commis un geste « aussi drastique ». Mais selon lui, la santé psychologique de certains sportifs aurait pu être mise à rude épreuve.

« Tu leur enlèverais quelque chose qui leur permet de s’affirmer, car le sport leur permet d’avoir confiance en eux à cause de leur talent. Et cette confiance se transporte dans d’autres facettes de leur vie », pense celui qui aide maintenant bénévolement les familles de personnes s’étant suicidées.

Des jeunes aussi hâtifs

Hugo Turcotte, 25 ans, est très excité à l’idée d’entamer la saison 2020 de golf. « Ça fait longtemps que j’attends ça », avoue-t-il, ajoutant qu’il a eu peur de ne pas pouvoir pratiquer son sport de l’été lorsque tous les commerces ont fermé.

« C’est une passion pour moi le golf. Ç’aurait été dur de ne pas pouvoir y aller. J’attends ça tout l’hiver. J’aurais trouvé ça vraiment difficile », confie M. Turcotte, qui joue au minimum trois 18 trous toutes les semaines. 

Cédrick Raymond, 35 ans, joue au golf de trois à quatre fois par semaine. Je suis un grand fan de golf, donc ça me fait du bien », dit celui qui travaille en climatisation-réfrigération. 

M. Raymond est resté confiné à la maison environ un mois. Il aurait cependant pu passer l’été sans jouer. « On ne serait pas allés golfer clandestinement. Ça aurait fait suer, mais je me serais fait à l’idée », confie-t-il, ajoutant qu’il est définitivement plus facile de passer au travers d’une telle crise en pouvant pratiquer de telles activités sociales et qu’il ne joue jamais au golf seul. 

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