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Sport, santé et rencontres
Sport, santé et rencontres
Le monde de Myriam Gagnon-Couture et William East, un couple sherbrookois mordu d’escalade, tourne autour de ce sport depuis plusieurs années. La pandémie aura créé un grand vide social et récréatif dans la vie du couple.
Le monde de Myriam Gagnon-Couture et William East, un couple sherbrookois mordu d’escalade, tourne autour de ce sport depuis plusieurs années. La pandémie aura créé un grand vide social et récréatif dans la vie du couple.

Leur monde en suspens

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Un rendez-vous d’une semaine avec d’imposants rochers, seuls au monde dans la nature à vivre d’amour, d’eau fraîche et de copieux repas cuisinés sur la braise. Ce sont les vacances estivales dont rêvent toujours Myriam Gagnon-Couture et William East, un couple sherbrookois mordu d’escalade.

Ensemble depuis maintenant cinq ans, Myriam et William ne se sont pas rencontrés par l’entremise de leur sport. Ils ont plutôt développé ensemble une vive passion pour ce sport de dépassement de soi, il y a quelques années. 

Et puisque la grimpe se pratique le plus souvent à deux, ils ont trouvé en l’autre un partenaire idéal. 

« Ça nous permet de pouvoir le pratiquer aussi souvent, fait remarquer William. Aussi, l’escalade, c’est quand même un sport où tu as besoin d’un bon lien confiance avec l’autre personne. C’est elle qui tient la corde et qui veille à ta sécurité. C’est certain que ça nous a appris à nous faire plus confiance. »  

Maintenant, l’escalade fait tourner leur quotidien. « Ça prend beaucoup de place dans notre vie, explique Myriam. On se rend habituellement au centre d’escalade intérieur trois ou quatre fois par semaine. Nos amis sont toujours rendus là-bas aussi, c’est un lieu de rencontre. C’est ça qui nous manque le plus. » 

« On faisait souvent ce qu’on appelle des “grimpe-bière”, soit aller grimper au Vertige et ensuite aller prendre une bière au Siboire ou au King Hall, raconte William. Ce sport-là a énormément élargi notre cercle social. » 

Même leurs vacances estivales sont orchestrées afin que le couple puisse gravir un maximum de rochers à travers la province. C’est exactement pour profiter d’un maximum de sites extérieurs en été que le couple se concentre depuis un moment sur l’escalade en premier de cordée. William se remémore d’ailleurs avec tendresse leur premier voyage d’escalade à Kamouraska. « On s’était pris une semaine de congé, et on campait sur le bord du fleuve. On partait à 7 h et on revenait à 20 h. On a juste grimpé toute la semaine, on se faisait de la bonne bouffe et on buvait de la bière au bord du feu. C’est ce qu’on voulait faire cet été, on se croise les doigts pour que ça puisse fonctionner. »

Les virées de grimpe en groupe aux États-Unis sont également devenues une tradition qui génère de précieux souvenirs pour le couple. Pour le moment, question d’éviter les déplacements interrégionaux, Myriam et William devront cependant s’en tenir à la compagnie de l’autre ainsi qu’aux sites de l’Estrie, comme le mont Pinacle, la paroi du lac Larouche ou le Pic aux Corbeaux du Parc national du Mont-Orford, quand ce dernier l’ouvrira à nouveau au public. 

La ruée vers le roc

Le confinement a été tout un bouleversement pour les amoureux, qui ont tenté de trouver de nouvelles avenues pour dépenser leur énergie et garder leur forme, comme la course et certains entraînements spécifiques. 

Ils ont évidemment été ravis d’apprendre le déconfinement de leur sport à l’extérieur, en vigueur depuis mercredi, mais gardent quelques réserves. 

« Ça risque d’être un peu fou au début. On va voir et on va prendre ça au fur et à mesure. Je ne pense pas qu’on va se garocher », croit Myriam.  

« Je suis plus pessimiste, exprime William. J’ai peur, parce que même dans des journées où il fait beau et où il n’y a pas de COVID-19, des endroits comme Larouche ou Orford, c’est bondé de monde. J’imagine la folie de tout le monde qui n’a pas grimpé depuis deux mois. Ce n’est vraiment pas pareil à l’intérieur et à l’extérieur; j’ai peur qu’il y ait beaucoup de personnes habituées à grimper seulement à l’intérieur qui se tournent vers l’extérieur, comme c’est le seul endroit où aller, mais sans avoir la formation. Ça va pourrait créer des accidents, des conflits, et beaucoup de monde au pied des parois. Je suis un peu déchiré. »   

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