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Sport, santé et rencontres
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Sport, santé et rencontres
Ça y est, les athlètes peuvent renouer avec leurs sports individuels! Physiquement, ce retour fera évidemment un grand bien à beaucoup de gens. Et que dire de l’impact sur la santé psychologique et émotionnelle de l’activité physique chez bien des sportifs? Voici le dossier de La Tribune.
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Le sport, le médicament le plus efficace

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Le sport, le médicament le plus efficace

Le retour du sport est une bonne chose, selon Sylvain Guimond, docteur en psychologie du sport, éducateur physique et ostéopathe. Cependant, à long terme, la distanciation physique pourrait comporter un « énorme danger » pour lui, dans le sport comme dans la vie.

« Si le confinement continuait trop longtemps, à la place de traiter les gens pour la COVID-19, on les aurait traités pour des dépressions, analyse M. Guimond lors d’une entrevue téléphonique avec La Tribune. Le sport fait partie de la santé mentale, autant pour les personnes âgées que pour les plus jeunes. Si on pouvait mettre dans un bocal tout ce que l’activité physique peut faire, autant sur la santé physique que mentale, ce serait le médicament le plus efficace qui existerait sur la planète. »

Sylvain Guimond pense que l’humain est fait pour bouger et pour interagir. « Si on le garde trop longtemps en cage, il risque d’être malade », précise l’auteur de plusieurs best-sellers. 

Pour les joueurs de golf et de tennis, il ne sera pas trop difficile de s’acclimater aux nouvelles règles de distanciation sociale, selon M. Guimond. « On a été confinés pendant un certain temps et notre cerveau a fait un certain apprentissage. On a développé des réflexes de se serrer la main, de se faire des accolades. J’ai l’impression que les deux joueurs qui vont s’affronter lors d’un match de tennis vont s’avancer pour se serrer la main, s’arrêter et rire en se rendant compte qu’ils ne peuvent pas être plus près que deux mètres », décrit le docteur en psychologie sportive, ajoutant que les gens qui vont jouer prendront conscience qu’il s’agit d’un privilège à l’heure actuelle.

Ne pas oublier les sportifs de salon

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Ne pas oublier les sportifs de salon

Si les sportifs peuvent renouer avec plusieurs activités, les sportifs de salon qui vivent au rythme du Canadien, de l’Impact ou des Alouettes sont laissés à eux-mêmes.

« 80 % de ce qu’il se dit dans les médias dans le monde du sport tourne autour du Canadien de Montréal, dit Sylvain Guimond, docteur en psychologie du sport, éducateur physique et ostéopathe. J’ai toujours en tête l’histoire d’une personne qui m’a contactée lorsque j’étais à RDS. Elle écoutait ce qu’on faisait, et pourtant la personne était aveugle. Elle écoutait tous nos propos, elle nous connaissait très bien. Elle écoutait le match à la radio au 98,5. Cette personne, on lui a enlevé une grosse partie de sa vie. Elle est non-voyante, elle adore le sport et voit mieux la partie dans sa tête que nous la voyons sur la glace. Beaucoup sont des sportifs de salon, pas parce qu’ils le désirent, mais peut-être parce qu’ils ne sont pas capables de pratiquer [le sport]. » 

Ces sports professionnels manqueront aux gens. « La raison pour laquelle on paie les joueurs de hockey si cher dans la vie, c’est qu’ils deviennent un modèle et s’occupe de ce que l’humain a le plus précieux : le rêve. C’est du divertissement de haut niveau », analyse celui qui côtoie des athlètes depuis plus de deux décennies. 

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Retomber en enfance

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« Mercredi quand je suis allé au golf, je regardais le sourire de mes coéquipiers et j’analysais l’atmosphère. Vraiment, j’avais l’impression qu’on était retombés en enfance, qu’on était des gamins qui retrouvaient quelque chose d’important. [...] Quand ils ont dit que le golf était ouvert, quelque chose en moi reprenait vie. »

L’odeur de l’herbe et le sentiment de la balle qui décolle pour atterrir directement sur le vert ont manqué aux golfeurs de la région comme le partage Charles Pelletier, un passionné de ce sport. Depuis mercredi, les sportifs sont nombreux à goûter aux joies du plein air pour leur corps... et pour leur esprit.

L’aspect social sera toutefois différent lors de la saison 2020. « J’ai deux groupes de golf, un le jeudi après-midi et l’autre la fin de semaine. Normalement, après la partie, on va prendre un pichet de bière par équipe, on paie nos gageures et nos dettes. Ce sera plate de ne pas avoir notre rituel à la fin, mais de se retrouver quand même, de se voir et de partager cette passion, pour plusieurs, ce sera un bienfait incroyable », dit-il, assurant qu’un suivi sur les dus de chaque membre de son équipe sera envoyé par courriel semaine après semaine. 

M. Pelletier ne le cache pas : en 2011, il a tenté de mettre fin à ses jours. Si la saison de golf 2020 avait été annulée, l’homme qui aujourd’hui dit aimer la vie n’aurait pas commis un geste « aussi drastique ». Mais selon lui, la santé psychologique de certains sportifs aurait pu être mise à rude épreuve.

« Tu leur enlèverais quelque chose qui leur permet de s’affirmer, car le sport leur permet d’avoir confiance en eux à cause de leur talent. Et cette confiance se transporte dans d’autres facettes de leur vie », pense celui qui aide maintenant bénévolement les familles de personnes s’étant suicidées.

Des jeunes aussi hâtifs

Hugo Turcotte, 25 ans, est très excité à l’idée d’entamer la saison 2020 de golf. « Ça fait longtemps que j’attends ça », avoue-t-il, ajoutant qu’il a eu peur de ne pas pouvoir pratiquer son sport de l’été lorsque tous les commerces ont fermé.

« C’est une passion pour moi le golf. Ç’aurait été dur de ne pas pouvoir y aller. J’attends ça tout l’hiver. J’aurais trouvé ça vraiment difficile », confie M. Turcotte, qui joue au minimum trois 18 trous toutes les semaines. 

Cédrick Raymond, 35 ans, joue au golf de trois à quatre fois par semaine. Je suis un grand fan de golf, donc ça me fait du bien », dit celui qui travaille en climatisation-réfrigération. 

M. Raymond est resté confiné à la maison environ un mois. Il aurait cependant pu passer l’été sans jouer. « On ne serait pas allés golfer clandestinement. Ça aurait fait suer, mais je me serais fait à l’idée », confie-t-il, ajoutant qu’il est définitivement plus facile de passer au travers d’une telle crise en pouvant pratiquer de telles activités sociales et qu’il ne joue jamais au golf seul. 

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Bouger peu importe l’intensité

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Bouger peu importe l’intensité

L’importance de s’adonner à une activité physique régulière n’aura jamais trouvé son importance autant que dans le contexte actuel. Faire son ménage, prendre une marche, jouer une ronde de golf, bouger, peu importe l’intensité, est essentiel. Et ce, pour toutes les tranches d’âge, précise la Dre Émilie Breton. Et plus spécialement pour les aînés.

Les statistiques le démontrent clairement. Depuis le début de la pandémie de la COVID-19, les personnes âgées représentent le groupe d’âge le plus durement touché par la maladie.

Des mesures de confinement générales ont ainsi été imposées depuis quelques semaines, afin de non seulement limiter la contagion, mais aussi afin de protéger les groupes plus à risque. Donc, les aînés.

Des mesures qui n’ont pas toujours été bien comprises par la population, a constaté la Dre Émilie Breton, gériatre au CIUSSS de l’Estrie-CHUS et chercheuse au Centre de recherche sur le vieillissement de Sherbrooke. Et qui ont mené à une stigmatisation des aînés.

Certes, le déconfinement partiel de certaines activités, comme le golf, est une bouffée d’air frais pour certains d’entre eux. N’en reste pas moins que santé mentale et physique sont étroitement reliés, encore plus depuis la mi-mars.

Car ne l’oublions pas; le concept d’activité physique et de ses bienfaits n’a pas la même résonance pour tout le monde. Ce n’est qu’en 1964 que la Réforme Parent en éducation a rendu obligatoires les cours d’éducation physique du primaire au secondaire.

« Ainsi, pour certaines personnes nées avant cette période, l’activité physique ça voulait dire participer aux Jeux olympiques ou jouer avec les Canadiens de Montréal. La valeur de faire de l’activité physique n’est pas ancrée dans leurs valeurs et dans leurs mœurs et ce qui fait du sens pour eux. Pourtant, simplement être actif dans la maison, de sortir de la maison, de ne pas rester assis, ça a déjà une valeur ajoutée pour maintenir des capacités et de l’autonomie », a-t-elle précisé.

Les bienfaits de l’activité physique, et l’importance de bouger, sont documentés depuis des années

« Comme je l’ai présenté en congrès il y a deux ans, pour les adultes sous les 65 ans, cela favorise entre autres la prévention des maladies cardio-vasculaires. Pour les adultes de plus de 65 ans, que les gens soient en bonne forme, ou avec une santé plus fragile, c’est aussi le cas. D’abord, on parle de moins en moins d’allonger la vie chez les gens de 65 ans et plus, mais on parle surtout d’améliorer la qualité de vie et l’autonomie. Ce sont des éléments où on constate des améliorations notables lorsqu’on fait de l’activité physique. »

« Dans les différentes études sur le sujet, on parle de 150 minutes d’activités physiques modérées chaque semaine, pour générer un effort; on est encore capable de parler, mais on se sent essoufflé un peu », a imagé la Dre Breton, qui est également professeure à la Faculté de médecine et des sciences de la santé.

Une marche à la fois

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Une marche à la fois

La prévention demeure, encore et toujours, l’une des mesures les plus efficaces pour contrer nombre de ces problématiques.

Et pas besoin d’avoir un gym à la maison pour s’activer, a confirmé la Dre Émilie Breton.

« Prendre une marche, par exemple, c’est bon. C’est une activité aérobique, qui contribue à améliorer la santé cardio-vasculaire, qui améliore l’oxygénation et améliore la capacité d’extraction de l’oxygène par le muscle. Le cœur va ‘‘toffer’’ plus longtemps, il y aura moins de risque de diabète, moins d’hypertension, et on constate même des effets bénéfiques sur la douleur chronique, sur l’arthrose. Les activités en résistance, avec des petits poids, sont aussi bénéfiques. Des cannes de pois ou de maïs en grain, ça fait l’affaire! Car plus on avance en âge, et là c’est la gériatre spécialiste des chutes qui parle, plus il y aura un bénéfice à pratiquer des activités de renforcement des jambes, des cuisses, des fesses, du bas du dos, afin de garder un meilleur équilibre. »

« Il faut favoriser la pratique d’activités normales, tout en ayant des cibles raisonnables. Il faut faire des choses qu’on aime! Sinon, on est plus à risque d’arrêter rapidement. Il faut trouver un intérêt. »

Les organismes communautaires de la région, de même que les CLSC, ont mis sur pied des documents d’aide et d’information à ce sujet, a poursuivi la Dre Breton.

« Dans le contexte de la COVID-19, des organismes se sont mobilisés pour créer des dépliants pour proposer des activités à faire, et de l’information sur la nutrition, la santé mentale et l’activité physique, qui allie équilibre, force musculaire des jambes et des bras, ça donne des idées d’activités. Sercovie, par exemple, a mis en ligne des capsules informatives très intéressantes. Pour les gens plus fragiles, on travaille avec les CLSC pour rouvrir les services qui ont été laissés de côté pendant la COVID, afin de redémarrer la machine pour que les gens reçoivent plus de services. »

Le retour du beau donnera un coup de tonus à tout le monde, a estimé la Dre Breton.

« C’est un atout certain! Les gens prennent un coup de vieux quand c’est l’hiver, ils ne sortent pas à cause de la glace, mais là c’est le temps parfait. Il faut sortir et bouger, coûte que coûte! » 

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Leur monde en suspens

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Leur monde en suspens

Un rendez-vous d’une semaine avec d’imposants rochers, seuls au monde dans la nature à vivre d’amour, d’eau fraîche et de copieux repas cuisinés sur la braise. Ce sont les vacances estivales dont rêvent toujours Myriam Gagnon-Couture et William East, un couple sherbrookois mordu d’escalade.

Ensemble depuis maintenant cinq ans, Myriam et William ne se sont pas rencontrés par l’entremise de leur sport. Ils ont plutôt développé ensemble une vive passion pour ce sport de dépassement de soi, il y a quelques années. 

Et puisque la grimpe se pratique le plus souvent à deux, ils ont trouvé en l’autre un partenaire idéal. 

« Ça nous permet de pouvoir le pratiquer aussi souvent, fait remarquer William. Aussi, l’escalade, c’est quand même un sport où tu as besoin d’un bon lien confiance avec l’autre personne. C’est elle qui tient la corde et qui veille à ta sécurité. C’est certain que ça nous a appris à nous faire plus confiance. »  

Maintenant, l’escalade fait tourner leur quotidien. « Ça prend beaucoup de place dans notre vie, explique Myriam. On se rend habituellement au centre d’escalade intérieur trois ou quatre fois par semaine. Nos amis sont toujours rendus là-bas aussi, c’est un lieu de rencontre. C’est ça qui nous manque le plus. » 

« On faisait souvent ce qu’on appelle des “grimpe-bière”, soit aller grimper au Vertige et ensuite aller prendre une bière au Siboire ou au King Hall, raconte William. Ce sport-là a énormément élargi notre cercle social. » 

Même leurs vacances estivales sont orchestrées afin que le couple puisse gravir un maximum de rochers à travers la province. C’est exactement pour profiter d’un maximum de sites extérieurs en été que le couple se concentre depuis un moment sur l’escalade en premier de cordée. William se remémore d’ailleurs avec tendresse leur premier voyage d’escalade à Kamouraska. « On s’était pris une semaine de congé, et on campait sur le bord du fleuve. On partait à 7 h et on revenait à 20 h. On a juste grimpé toute la semaine, on se faisait de la bonne bouffe et on buvait de la bière au bord du feu. C’est ce qu’on voulait faire cet été, on se croise les doigts pour que ça puisse fonctionner. »

Les virées de grimpe en groupe aux États-Unis sont également devenues une tradition qui génère de précieux souvenirs pour le couple. Pour le moment, question d’éviter les déplacements interrégionaux, Myriam et William devront cependant s’en tenir à la compagnie de l’autre ainsi qu’aux sites de l’Estrie, comme le mont Pinacle, la paroi du lac Larouche ou le Pic aux Corbeaux du Parc national du Mont-Orford, quand ce dernier l’ouvrira à nouveau au public. 

La ruée vers le roc

Le confinement a été tout un bouleversement pour les amoureux, qui ont tenté de trouver de nouvelles avenues pour dépenser leur énergie et garder leur forme, comme la course et certains entraînements spécifiques. 

Ils ont évidemment été ravis d’apprendre le déconfinement de leur sport à l’extérieur, en vigueur depuis mercredi, mais gardent quelques réserves. 

« Ça risque d’être un peu fou au début. On va voir et on va prendre ça au fur et à mesure. Je ne pense pas qu’on va se garocher », croit Myriam.  

« Je suis plus pessimiste, exprime William. J’ai peur, parce que même dans des journées où il fait beau et où il n’y a pas de COVID-19, des endroits comme Larouche ou Orford, c’est bondé de monde. J’imagine la folie de tout le monde qui n’a pas grimpé depuis deux mois. Ce n’est vraiment pas pareil à l’intérieur et à l’extérieur; j’ai peur qu’il y ait beaucoup de personnes habituées à grimper seulement à l’intérieur qui se tournent vers l’extérieur, comme c’est le seul endroit où aller, mais sans avoir la formation. Ça va pourrait créer des accidents, des conflits, et beaucoup de monde au pied des parois. Je suis un peu déchiré. »   

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L’amour de la raquette de mère en fils

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L’amour de la raquette de mère en fils

Pour Brigitte Bellemare et son fils William, le tennis, c’est du sérieux. Pas question de se passer de leur raquette pendant le confinement… même si cela implique de frapper la balle sur un trampoline installé à la verticale!

« Nous avons essayé ça pour mon garçon. Ça allait bien, mais ça prenait toute la place dans l’entrée de cour donc on a rangé ce projet après quelques jours », raconte en rigolant Brigitte Bellemare. 

 « Chez nous, on est vraiment mordus de tennis », confirme-t-elle.

La Sherbrookoise a elle-même fait le circuit provincial lorsqu’elle était plus jeune. C’est maintenant au tour de son fils William Giroux de s’élancer sur les courts les fins de semaine pour prendre part à des tournois. La mère joue encore de deux à trois fois par semaine alors que l’adolescent de 14 ans s’entraîne du lundi au vendredi à l’école Tennestrie à titre de joueur de la relève en plus de jouer les samedis. 

Après deux mois passés à la maison — et une porte de garage maintenant bien marquée par les traces de balles — c’est avec un grand enthousiasme que le duo est retourné sur les terrains de tennis dès leur ouverture mercredi. 

« Pour nous, le sport c’est une échappatoire au stress, au travail », lance la mère. 

Mais surtout, c’est un lien solide qui l’unit à son fils. 

« Notre passion commune nous amène à partager de beaux moments : on regarde les tournois de tennis à la télévision ensemble, on regarde sur YouTube des vidéos, c’est toujours moi qui l’accompagne à ses compétitions de tennis », énumère Mme Bellemare, en précisant du même souffle que tous ces moments passés ensemble ont forgé un canal de communication ouvert et respectueux dans la famille.

« Nous avons une belle communication ouverte et pas seulement sur le jeu en tant que tel, mais aussi sur les apprentissages de la vie. Le tennis étant un beau sport individuel, en plus de l’aspect jeu, il y a l’aspect compétitif, le surpassement de soi, le côté rivalité, le côté performance, etc. Ces moments partagés ensemble permettent de faire un parallèle avec la vie de tous les jours et d’avoir de belles discussions », partage la Sherbrookoise. 

« Ça fait partie de mon quotidien »

Linda Collin fait aussi partie de ceux qui avaient rangé leur sac de sport pas trop loin de la porte. En attendant de retrouver les courts, elle s’est pratiquée dans son garage avec une balle en mousse. 

« Mais ce n’est pas comme ça qu’on s’améliore », souligne la Sherbrookoise, le sourire aux lèvres.

Âgée de 61 ans, Mme Collin pratique le tennis depuis qu’elle est toute petite. 

« Ça fait partie de mon quotidien », illustre-t-elle.

Non seulement la pratique du tennis lui permet de garder une bonne forme physique, mais ça représente également un important pan de la vie sociale de cette Sherbrookoise. 

« Je suis restée assez active, mais ce n’est pas pareil. Le sentiment d’être sur un terrain, c’est autre chose. Si on n’avait pas pu jouer tout l’été, ça aurait été vraiment difficile », confie celle qui compte mettre rapidement sur pied une ligue de simple pour femmes sur les terrains extérieurs du Centre récréatif Rock Forest.

« Il faut s’organiser si on veut être certaine de pouvoir jouer! »

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Depuis le début du confinement et l’interruption des activités de toutes sortes, comment ça se passe pour les athlètes du Vert & Or?

Athlétisme : une saison estivale à l’eau

Pour la championne canadienne universitaire au lancer du marteau, Ariane Dubois, le confinement se déroule plutôt bien. Elle essaie de ne pas trop penser à l’athlétisme. L’athlète est davantage en mode plaisir que compétitif.

Vu qu’il n’y aura pas de saison d’athlétisme cet été, la triple-sauteuse Marie-Eve Kiefer n’éprouve pas une très grande déception, tout comme Ariane Dubois, quant à la fermeture de la piste extérieure de l’Université de Sherbrooke. Elle peut s’entraîner sans travailler les points techniques de son sport. 

 « Je fais d’autres sports, comme de la course ou du vélo, vu que je n’ai pas accès aux installations sportives où se déroule l’ensemble de mes entraînements », explique la finissante Ariane Dubois.

Le plus difficile pour l’athlète ce n’est pas vraiment le fait de ne pas s’entraîner, mais de ne pas pouvoir voir sa famille ou bien ses amis. En réalité, elle n’est pas trop déçue de ne pas avoir de saison estivale. D’une part parce que Ariane Dubois a réalisé une très belle saison juste avant le confinement : un record RSEQ, une médaille d’or au USPORT et le prix d’Athlète de pelouse de l’année RSEQ et USPORT. D’autre part, elle n’avait pas vraiment d’objectifs précis pour l’été. 

Sinon, le moral est bon aussi pour Marie-Eve Kiefer. Elle a hâte d’avoir accès à certaines installations pour pratiquer d’autres sports comme le badminton ou le volleyball.

« C’est certain que le feeling de s’entraîner sur une bonne surface comme la piste ou la fosse de sable me manque un peu, et si je pouvais j’irai sauter pour le fun », ajoute l’athlète Marie-Eve Kiefer.

Badminton : doublement au front

Après l’annulation des championnats canadiens universitaire et civil de badminton, Julien Rancourt-Castilloux n’a pas réellement vu le temps passé. Le coprésident du comité des athlètes du Vert & Or a recommencé à travailler à temps plein au Maxi. Même qu’il a été engagé comme enseignant à l’école de La Maisonnée jusqu’à la fin de l’année scolaire. Un athlète doublement au front en cette période de pandémie.

« Sur le coup, tout le monde était bien déçu évidemment, mais nous ne sommes pas les seuls dans cette situation. C’était vraiment plus facile de se serrer les coudes », précise le joueur de badminton à propos de sa première réaction à l’annonce du confinement.

Toutefois, l’athlète commence à trouver la fermeture des installations sportives un peu longue. Julien Rancourt-Castilloux profite habituellement de l’été pour s’entraîner à la salle de musculation. En ce moment, il trouve difficile de suivre un programme sans le matériel adéquat disponible.

Football : intégrer une équipe en pandémie

Après deux saisons avec les Carabins de l’Université de Montréal, Kevin Malonga intègre l’équipe de football du Vert & Or en pleine pandémie. Le nouveau joueur a tout de même eu la chance de côtoyer les autres pendant deux ou trois mois avant la crise. Malgré tout, il va bien et il profite du bon temps avec sa famille. 

L’histoire de Nicolas Dionne est similaire à son nouveau coéquipier. La situation était un peu déstabilisante au début du confinement pour la recrue du Vert & Or. Cependant, les choses se sont placées plus que les jours avançaient. Les entraînements offerts par sa nouvelle équipe sont réalisables à la maison. De plus, il a accès à un terrain de soccer pour se dégourdir un peu les jambes. Il en profite même pour réaliser d’autres activités comme lire et écouter des podcasts ou des séries Netflix.

« On s’entraîne physiquement et mentalement aussi, puisque nous devons être prêts pour toute éventualité », ajoute le joueur de football Kevin Malonga.  

« Honnêtement, la quarantaine ne m’a pas trop affecté, excluant le fait que je ne peux pas m’entraîner avec l’équipe et que ma première session d’université s’est brusquement arrêtée pour moi. Mais au-delà de tout ça, la quarantaine ce n’est pas si mal pour moi », souligne la recrue universitaire Nicolas Dionne. 

Kevin Malonga considère qu’il s’est déjà bien intégré à l’équipe. Et pour ce qui est du livre de jeux ou des entraînements, les entraîneurs sont encore très disponibles même s’il est impossible d’utiliser les installations habituelles.

« Je mentirais si je vous disais que je n’ai pas hâte de revoir les gars et retrouver l’ambiance du campus universitaire. Pour ça, c’est plus difficile, mais les nouvelles sont de plus en plus positives. Donc ça me donne un peu d’espoir », souligne Kevin Malonga.

Rugby : perdre ce sentiment de camaraderie

Pour le joueur de rugby Philip Lajoie, l’annonce du confinement était plutôt soudaine. Du jour au lendemain, les entraînements étaient annulés et les installations fermées. Après quelques semaines, il a reçu des plans d’entraînements de ses entraîneurs pour remonter la motivation d’un cran.

« Malgré le soutien des entraîneurs, c’est très plate de ne pas pouvoir pratiquer son sport avec ses coéquipiers. Le rugby est un sport d’équipe qui exige le plus de coopération. Donc c’est vraiment difficile de pratiquer seul », estime l’athlète.

Philip Lajoie est déçu d’être privé abruptement du sentiment de camaraderie qu’il avait avec ses coéquipiers. Pour le moment, il se tient occupé avec les cours universitaires et des sorties de vélo. 

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