Jean-Benoît Jubinville, responsable des programmes de sport-études, pense que les athlètes ne perdront pas leur motivation.
Jean-Benoît Jubinville, responsable des programmes de sport-études, pense que les athlètes ne perdront pas leur motivation.

Sport-études : des pratiques réinventées

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Dans les programmes de sport-études, pandémie oblige, tout est à réinventer. Au hockey par exemple, les équipes seront divisées en deux formations de neuf joueurs. Mais est-ce qu’il y aura des classements et quelles seront les durées des parties? Plusieurs questions demeurent.

À chaque déplacement, deux parties seront donc disputées, explique l’entraîneur-cadre du programme des Harfangs du Triolet, Mathieu Boutin. « Si le bantam AAA du Triolet joue contre le Collège français, il y aura l’équipe 1 et l’équipe 2. Notre équipe 1 jouera contre l’équipe 1 et l’équipe 2 jouera contre l’équipe 2. C’est un beau projet, c’est facile en théorie. Mais en pratique, est-ce qu’on aura assez d’heures de glace? Probablement que le temps alloué sera le même, mais qu’on le divisera en deux », décrit-il, indiquant que les gouverneurs prévoiront les calendriers par phases de deux mois.  

Les équipes joueront leurs matchs à quatre contre quatre. « Pour respecter les mesures, il n’y aura pas d’échange entre les équipes. Habituellement, nos formations contiennent 15 joueurs et deux remplaçants, mais cette année, ça devra être 16 joueurs et deux remplaçants, pour s’assurer [de ne pas manquer de joueurs] s’il y a un blessé ou un joueur suspendu », ajoute M. Boutin.

Les équipes pourront se déplacer à des endroits assez près de la région pour ne pas s’arrêter faire un plein, comme Québec, la Beauce, la Rive-Sud, etc. 

Et qu’en est-il des classements? « Je ne pense pas qu’il y ait des points et de classements, considérant qu’il y aura deux équipes au sein de la même, analyse M. Boutin. Beaucoup de choses sont encore floues. On espère avoir des réponses bientôt. Mais on sait qu’on va jouer. »

Autres sports

Pour les sports de combat, si l’école reprenait demain, les compétitions sont toujours interdites et les participants devraient respecter la distanciation sociale de deux mètres. « S’ils ne peuvent faire aucun contact, ils peuvent faire de la préparation physique et de l’entraînement, » assure Jean-Benoît Jubinville, responsable des programmes de sport-études à l’école du Triolet, rappelant que les plans de relance des fédérations sportives doivent être entérinés par la Santé publique. « Ils peuvent se mettre en forme, même s’ils ne peuvent pas pratiquer leur sport proprement dit. »

En classe, les groupes de sport-études seront soumis aux mêmes règles que les autres élèves. 

« Ils seront dans des groupes fermés dans une classe, note M. Jubinville. Ce sont les enseignants qui vont changer de classe. Quand ils vont s’en aller à l’entraînement sportif, ils seront gérés par le partenaire sportif. Par exemple, nos élèves de sport-études soccer sont gérés par Soccer Estrie. Quand ils iront au soccer, ce sont les règles de la fédération sportive qui s’appliquent. » 

M. Jubinville, qui côtoie quotidiennement les élèves, pense que les athlètes ne perdront pas leur motivation. « Ils ont été privés si longtemps de leur sport, même si ce n’est pas encore comme avant, juste le fait de pouvoir s’entraîner les rend heureux. Ils dépensent de l’énergie », analyse-t-il, ajoutant que tout le monde comprend que les matchs et tournois seront adaptés.

Et comment voit-il la situation pour le développement de l’athlète? « C’est la même chose pour tout le monde, répond M. Jubinville. C’est une année de transition. Dans les écoles, on doit fonctionner de façon différente. Peut-être qu’on apprendra des choses dans notre nouvelle façon de faire qu’on gardera au retour à la normale. Dans le sport, on pourrait développer de nouvelles techniques, tactiques et façon de s’entraîner. Ça pourrait rester dans le futur. »

Concernant l’accès aux douches, M. Jubinville est en attente de règles du ministère. Sur le site de l’Association québécoise des arénas et des installations récréatives et sportives (AQAIRS), on note que l’accès aux douches et aux vestiaires peut être interdit par le propriétaire. « Toutefois, la Santé publique permet l’ouverture des vestiaires et des douches si l’on peut respecter la distanciation de deux mètres et que des mesures régulières de désinfection sont prévues », précise-t-on. 

M. Boutin a eu la confirmation du Complexe Thibault que les jeunes pourront se doucher lorsque l’école reprendra. Le nombre d’athlètes sera cependant limité.