Lyne Parent, copropriétaire de l’entreprise Élévaction.
Lyne Parent, copropriétaire de l’entreprise Élévaction.

Soutenir la cause d’un oublié du système

Jean-François Gagnon
Jean-François Gagnon
La Tribune
La démarche de Jonathan Marchand n’a pas laissé de marbre Lyne Parent, une résidente du secteur de Saint-Malo qui se déplace en fauteuil motorisé depuis des années déjà. Elle a donc décidé d’aller rejoindre celui qui s’est mis en cage devant le Parlement, à Québec, pour demander plus d’aide pour les personnes handicapées.

« Je m’en vais à Québec à titre personnel et j’espère inciter des gens à faire comme moi, a confié à La Tribune Mme Parent vendredi, tout juste avant son départ. Je veux appuyer Jonathan Marchand, qui désire plus d’argent pour le maintien à domicile. Lui, il pourrait être pleinement autonome s’il avait droit au soutien nécessaire. »

Âgé de 43 ans et atteint de dystrophie musculaire, celui qui manifeste sur la colline parlementaire depuis mercredi est forcé de vivre en centre d’hébergement hospitalier depuis 2012. Il aimerait cependant retourner dans sa maison.

« Pendant la COVID et avant aussi, on a vu des situations aberrantes parmi les personnes ayant besoin de maintien à domicile. Il y a parmi notre clientèle des gens qui sont en attente, qui sont découragés, infantilisés, etc. », note celle qui est copropriétaire d’une entreprise fournissant des services à des personnes souffrant de limitations diverses.

Lyne Parent raconte être « elle-même passée proche du centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ». Mais elle a aujourd’hui une vie active et est mère de deux enfants.

Jonathan Marchand campe dans un abri à l’allure de cage devant l’Assemblée nationale, depuis mercredi.

À ses yeux, il serait important de « refondre tout le système de maintien à domicile au Québec. Ce serait payant de bien des façons de faire en sorte que tout le monde, incluant les aînés, puisse rester actifs ».

Mme Parent affirme qu’il en coûte 200 000 $ par année pour offrir des soins et l’hébergement à une personne vivant en CHSLD. Elle croit qu’il serait possible de réaliser énormément de choses pour favoriser le maintien à domicile d’une personne avec une telle somme.

« Je ne suis pas politicienne et je ne dis pas qu’il faudrait investir plus d’argent, malgré un sous-financement existant de longue date. Par contre, je pense qu’on serait en mesure de garder plus de gens chez eux, si on acceptait de dépenser 200 000 $ par personne aidée demeurant à la maison. L’idée en fait, ce serait d’effectuer une partie des dépenses autrement. »

Par ailleurs, elle rappelle que de nombreux décès sont survenus dans les CHSLD durant les pires moments de la pandémie actuelle. Aurait-on pu éviter une large part de ces morts, si on avait misé davantage sur le maintien à domicile? La question mérite à tout le moins d’être posée.