Environ 70 personnes se sont réunies et ont marché autour du lac des Nations, dimanche après-midi, afin de briser les mythes racistes.

Soutenir ceux qui doivent quitter leur terre natale

Ils ont finalement été un peu plus de 70 à faire le tour du lac des Nations pour souligner la réalité de ceux qui ont vécu la guerre, les tempêtes ou les dictatures. Soutenir ces personnes qui ont été contraintes à quitter leur terre natale et déconstruire les mythes des gens d’ici à l’endroit des réfugiés qui ne l’ont pas eu facile sont les objectifs des organisateurs de l’événement.

Richard Beaucher de Développement et paix est l’un des porte-paroles de la marche. « Notre ambition, c’est de faire 40 075 km, ce qui est l’équivalent du tour de la Terre, en solidarité avec les gens qui sont forcés de quitter leur chez-soi pour différentes raisons », rappelle-t-il.

Tout au long du parcours, des migrants ont raconté leur histoire. Henry Mbatika, l’autre porte-parole de l’événement, qui est originaire de la République démocratique du Congo, a été le premier à décrire son parcours de vie aux dizaines de personnes réunies, silencieuses, toutes ouïes pour son poignant témoignage. Et il n’est pas seul.

« Parmi les populations qui sont arrivées ici, plusieurs ont été victimes de guerre, d’intolérance politique, etc. On veut se montrer solidaire envers tous ceux qui sont en train de souffrir au travers le monde. Ils sont obligés de quitter leur maison », déplore-t-il.

Violence

Pour le directeur de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie, Boubacar Cissé, il était totalement logique d’appuyer cette marche, notamment à cause du racisme qui fait encore rage en 2019. « Il faut sensibiliser la population à ce phénomène. Nous sommes là pour soutenir les immigrants dans leur intégration. C’est un phénomène qui est intolérable et nous devons agir pour que ça arrête. La majorité d’entre eux est victime de ce phénomène et vous demande de faire le nécessaire pour pouvoir s’intégrer au sein de votre collectivité », a-t-il adressé aux gens présents avant l’ouverture de la marche.

Rappelons que des tracts anti-immigration ont été distribués au centre-ville de Sherbrooke de manière anonyme, un peu plus tôt cette année.

Aider son prochain

Même s’il n’a pas pu compléter l’entièreté de la marche en raison de sa condition médicale, il ne fait pas de doute que le missionnaire de Mariannhill et responsable de la pastorale interculturelle pour le diocèse de Sherbrooke, père Jean-Marc Grégoire, soutient les réfugiés. En fait, depuis plusieurs années, celui-ci les aide à se trouver le nécessaire pour vivre — et pour affronter le froid typique du Québec.

« Ça a été ma vie, confie M. Grégoire. Actuellement, on reçoit une famille argentine qui est chez nous pour quelques semaines. Ils sont un peu comme sans statut, donc on essaie de voir ce qu’on peut faire pour eux. »

« Les gens arrivent ici complètement démunis, poursuit-il. Ils ont souvent vécu la violence; c’est le déracinement total. Ce sont des situations très dramatiques, ils arrivent souvent ici désemparés. Ils ne sont pas capables de parler notre langue, alors ils sont complètement dépendants de ceux qui les accueillent. Ils n’ont pas d’appartement, ils n’ont rien. Ils deviennent souvent des demandeurs d’asile. On tente de les accompagner là-dedans », dit-il, mentionnant qu’il doit souvent acheter une épicerie à des familles qui n’ont plus rien dans leur réfrigérateur.

Cette situation peut s’ajouter à un flou au niveau du statut du migrant. « Le plus difficile, c’est que des gens sont sans statut, donc ne peuvent pas avoir droit aux services d’ici comme l’aide sociale et ne peuvent pas louer d’appartement », décrit le prêtre.