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Sur la promenade du Lac des Nations, plusieurs marcheurs matinaux ont bien voulu partager leurs craintes quant à l’impact de la nouvelle mesure sur la santé mentale de leurs concitoyens.
Sur la promenade du Lac des Nations, plusieurs marcheurs matinaux ont bien voulu partager leurs craintes quant à l’impact de la nouvelle mesure sur la santé mentale de leurs concitoyens.

Sourire aux autres pour lutter contre l’anxiété

Coralie Beaumont
La Tribune
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SHERBROOKE – En ce dimanche matin pas tout à fait comme les autres, La Tribune est allée à la rencontre de citoyens pour recueillir leurs impressions après la première nuit de couvre-feu.  

D’une manière générale, ce couvre-feu n’a pas impacté le quotidien des citoyens interrogés. C’est par exemple le cas de Geneviève Arsenault qui explique ne pas sortir souvent le soir. Elle confie toutefois que la situation serait peut-être différente si le couvre-feu avait été décrété en juillet.

Sur la promenade du Lac des Nations, plusieurs marcheurs matinaux ont voulu partager leurs craintes quant à l’impact de la nouvelle mesure sur la santé mentale de leurs concitoyens. S’il explique ne pas être affecté par la situation, Normand Brousseau pense qu’il est important de ne pas ignorer la détresse au sein de la population. Il explique qu’à son travail, certains de ses collègues se rendaient au bureau pour rechercher de la compagnie. Pour aider à soutenir le moral des troupes, cet analyste informatique a pris l’habitude de sourire et de saluer les personnes qu’ils croisent lors de ses promenades, « d’un jour à l’autre, je me suis rendu compte que cela avait l’air de remonter un peu le moral des gens! » raconte-t-il. Il pense donc qu’il est important d’être prévenant envers les autres et de porter une attention particulière aux personnes seules et vulnérables. 

Un autre promeneur, qui se prénomme Charles, admet volontiers être content de ne pas être à la place du gouvernement. « Ils ne savent plus quoi faire pour ralentir la progression du virus et je les comprends. J’essaie parfois de me mettre à leur place et je me demande ce que je ferais... Probablement que je prendrais les mêmes mesures », songe-t-il. Ce constat ne l’empêche pas d’être inquiet, notamment, pour les retraités qui résident dans sa rue. « Je pense que ma voisine est en train de mourir d’anxiété. Elle ne sort jamais entre 20 h et 5 h du matin, mais le fait d’ajouter encore des contraintes, ça la rend encore plus être anxieuse. C’est très subjectif, tout cela ». Comme Normand Brousseau, il prend le temps de sourire aux autres marcheurs. « Je suis convaincu que parmi ceux que je croise, il y en a beaucoup qui n’ont parlé à personne de la journée... alors, les regarder et les saluer, c’est un petit geste », partage-t-il.

S’inquiéter des dérives

« C’est gossant, le couvre-feu », raconte un homme qui préfère ne pas s’identifier. Il est d’ailleurs d’avis que le couvre-feu ne changera rien aux chiffres, même s’il admet espérer se tromper. 

Si l’imposition d’un couvre-feu ne change rien à son quotidien, il explique être contre le principe. En effet, le marcheur se dit inquiet du risque de dérive dictatoriale. « Je suis inquiet pour les jeunes », ajoute-t-il.