Le maire sortant Bernard Sévigny, à droite sur la photo, jouit d’une avance de 29 points sur son plus proche rival Steve Lussier (à gauche) dans la course à la mairie, après répartition des indécis, selon un sondage Segma Recherche mené du 19 au 24 octobre pour le compte de La Tribune et de Cogeco 107,7 FM.

Sondage: Sévigny en tête... dans une course encore ouverte

Le maire sortant Bernard Sévigny jouit d’une avance de 29 points sur son plus proche rival dans la course à la mairie, après répartition des indécis, selon un sondage Segma Recherche mené du 19 au 24 octobre pour le compte de La Tribune et de Cogeco 107,7 FM. Avec 53,4 % des intentions de vote, il devance l’indépendant Steve Lussier (23,2 %) et Hélène Pigot (20,6 %) de Sherbrooke Citoyen. Le président de Segma, Raynald Harvey, prévient toutefois que les appuis à M. Sévigny sont mous et qu’il s’agit probablement d’une course à deux déguisée.

C’est qu’à savoir qui serait le deuxième choix des répondants, c’est Hélène Pigot qui remporte le pôle, avec la faveur de 26,7 % des répondants. Ce sont principalement les partisans de Bernard Sévigny qui pencheraient pour Mme Pigot s’ils devaient changer d’idée. L’inverse est aussi vrai. « Hélène Pigot, c’est un peu l’aile gauche de M. Sévigny. 

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Si Steve Lussier monte, il est possible que les partisans de Mme Pigot changent leur vote pour éviter la victoire de M. Lussier », fait remarquer Raynald Harvey. « C’est une lutte à deux déguisée. » Plus du quart des répondants n’ont pas été capables de formuler un deuxième choix ou s’abstiendraient de voter s’ils ne peuvent maintenir leur premier choix.

Pour compléter le portrait, les deux autres candidats, Denis Pellerin (2,8 %) et Patrick Tétreault (1 %), font de la figuration, selon M. Harvey.

Le nombre d’indécis, à 17,6 %, est qualifié de normal à ce moment-ci de la campagne.

« C’est Bernard Sévigny qui récolte le plus de votes dans tous les arrondissements, mais c’est particulièrement fort dans Fleurimont », explique le président de Segma. Même constat dans tous les sous-groupes qu’il s’agisse de l’âge, du sexe ou de la scolarité. Steve Lussier est plus populaire dans Mont-Bellevue et auprès des 45-54 ans. Hélène Pigot, elle, rejoint davantage les jeunes, ceux de 18 à 34 ans. Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour Mme Pigot en raison du faible taux de participation des jeunes aux élections.

« Dans l’ensemble, Steve Lussier incarne beaucoup plus l’opposition à Bernard Sévigny. Les gens qui choisissent Mme Pigot le font moins par opposition au maire que pour le choix de son programme. »

«Le Jell-O n’est pas pris»

Raynald Harvey estime que la course « est encore ouverte ». « Le Jell-O n’est pas pris. Le ciment n’est pas figé. Ce qui est notable, c’est que les deux tiers des gens disent qu’ils pourraient encore changer d’idée. C’est très élevé. Même dans le court laps de temps qu’a duré le sondage, nous avons senti un mouvement du vote. Nous avons vu un recul des appuis à M. Sévigny. On ne parle pas d’un renversement de tendance, mais c’est assez notable pour que nous le remarquions. Soit une partie de l’électorat déchante, soit les adversaires font des gains. »

Le sondage a été réalisé avant que soit connue la plainte déposée par Jean-François Rouleau à la Commission municipale du Québec contre Bernard Sévigny au sujet du projet Well inc.

S’ils sont 62,6 % à dire qu’ils pourraient encore changer d’idée, ce sont 55,8 % des partisans de Bernard Sévigny dont le vote n’est pas figé. À 66,8 %, ceux ayant choisi Steve Lussier croient encore pouvoir changer d’avis, contre 72,2 % pour Hélène Pigot.

« On dit parfois que c’est too close to call. Je dirais que c’est too loose to call. Le vote est encore volatil. Plus volatil que ce que j’ai vu dans d’autres villes. Normalement, à deux semaines du vote, je m’attendrais à ce qu’une majorité des partisans de M. Sévigny disent qu’ils ne changeraient pas d’avis. »

La division du vote pourrait néanmoins être profitable à Bernard Sévigny. « Les votes qu’il perdrait se répartiraient de façon assez équitable entre ses deux adversaires », note Raynald Harvey.

Il ajoute que selon les réponses au sondage « il n’y a pas d’indicateurs au rouge pour M. Sévigny ». Sauf peut-être le niveau de satisfaction à l’égard du maire, qui obtient tout juste la note de passage à 63,2 % (voir autre texte).

Le sondage a été mené auprès de 551 répondants et comporte une marge d’erreur de 4,2 %.