Pour Julien Bousquet, copropriétaire du Westley artisans restaurateurs, la campagne de sociofinancement « Sherbrooke unie contre la pandémie » était trop ingénieuse pour ne pas y prendre part.
Pour Julien Bousquet, copropriétaire du Westley artisans restaurateurs, la campagne de sociofinancement « Sherbrooke unie contre la pandémie » était trop ingénieuse pour ne pas y prendre part.

Solidarité « historique » de la communauté Sherbrookoise

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Le directeur de La Ruche Estrie, Steven Radenne, était en extase samedi devant la contribution « historique » de la population à la campagne « Sherbrooke unie contre la pandémie ». En 24 heures, cette initiative visant à soutenir Moisson Estrie et à assurer la survie des restaurants locaux a amassé près de 20 000 $, soit le double de l’objectif fixé en premier lieu.

« Pour être très honnête, je capote, avoue M. Radenne. Ce n’est jamais arrivé en Estrie. En une demi-journée, la campagne a atteint son objectif ! On peut juste être fiers de voir que les gens embarquent dans notre travail collectif dans une période comme celle-là. » 

Moisson Estrie et La Ruche Estrie, en collaboration avec une dizaine de restaurateurs de la ville, ont dévoilé vendredi la campagne de sociofinancement « Sherbrooke unie contre la pandémie ». Les citoyens peuvent ainsi acheter en ligne des repas préparés par les restaurants participants qui seront ensuite livrés à Moisson Estrie afin qu’elle les distribue auprès de la population en situation d’insécurité alimentaire. 

Pour la directrice générale de Moisson Estrie, Geneviève Côté, cette mobilisation permettra notamment de pallier les manques imprévisibles. « C’est tellement une belle initiative de la citoyenne Véronique Vigneault, et qui nous a été servie sur un plateau d’argent ! se réjouit-elle. C’est rassurant de savoir que nous avons l’appui de la population et que si ça s’empire, nous aurons ça à leur donner. Je ne sais pas ce que je reçois d’avance. Il y a de l’argent qui a été promis sur le plan provincial, mais elle n’est pas arrivée encore. Nous pourrons au moins nous assurer d’avoir de bons mets transformés à offrir aux personnes dans le besoin. En plus, ça permet aux restaurateurs d’avoir un minimum de revenus. » 

Les différentes contreparties offertes en ligne permettent également de se procurer un chèque-cadeau chez le restaurateur participant de son choix, utilisable après la crise. 

« C’est ce qui est beau aussi, dans la façon dont la campagne a été réfléchie, explique M. Radenne. Oui, nous voulons soutenir les restaurants, oui, nous voulons permettre aux gens d’avoir de bons repas par le biais de Moisson Estrie, mais surtout, c’est un élan d’espoir. Après, on va pouvoir s’en remettre et recommencer à consommer dans les restaurants. Nous voulons que ça serve tout le monde, et que ça serve aussi après cette période de pandémie. »

Déjà, grâce à la réponse positive de la communauté, Moisson Estrie est assuré de recevoir plus de 2000 portions. L’objectif, fixé au début à 10 000 $, passera maintenant à 50 000 $. 

Pour bonifier la campagne, Commerce Sherbrooke s’est engagé à verser une bourse de 3000 $ conditionnelle à la réussite de la campagne. 

« Nous invitons aussi les autres restaurateurs qui ont le goût d’embarquer. Nous voulons soutenir le monde de la restauration. Nous savons qu’ils mangent une grosse claque. Ils font ça pour rendre service à la communauté, ce n’est pas l’appât du gain. »

De son côté, La Ruche Estrie affirme qu'elle renonce à tout prélèvement sur le montant amassé dans le cadre de cette campagne. 

Note : Dimanche matin, le montant amassé représentait le triple de l'objectif initial. 

« L’humain » et la restauration 

Pour Julien Bousquet, copropriétaire du Westley artisans restaurateurs, l’idée était trop ingénieuse pour ne pas y prendre part. 

« C’est parfait. Ça donne un petit coup de pouce, davantage dans le moral et dans la collectivité que du côté pécuniaire, c’est certain. C’est peut-être utopiste, mais finalement, je crois qu’il y a de belles choses qui ressortent de tout ça. On redécouvre l’humain à travers cette cacophonie de science-fiction. J'espère que ce genre d'initiative pourra durer au-delà de la crise. » 

Son restaurant de la rue King Ouest, qui possède un permis de type bar, a fermé ses portes temporairement le 16 mars. Il continue cependant d’offrir des repas à emporter sur demande. 

« Est-ce qu’en ce moment, c’est payant ? Non. Mais est-ce ça nous garde ensemble et est-ce que ça permet d’occuper un peu les gens qui nous accompagnent dans notre aventure entrepreneuriale ? Oui. La restauration, c’est un métier de passion et de partage. On ne le fait pas pour l’argent. »

Les autres restaurants participants sont pour le moment Agropol, le Baumann Smokehouse, le Bistro Belvédère, le Café Créatif au Croquis, le Café Général, le Chalet des Érables, O Chevreuil, le Pizzicato et Rituel G. 

Pour soutenir la campagne : https://laruchequebec.com/projet/sherbrooke-unie-contre-pandemie-7033/