Stéphanie Laferrière, stomothérapeute, Josée Morin, stomothérapeute retraitée, sont fières du travail accompli par les infirmières stomothérapeutes qui travaillent au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.
Stéphanie Laferrière, stomothérapeute, Josée Morin, stomothérapeute retraitée, sont fières du travail accompli par les infirmières stomothérapeutes qui travaillent au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Soins de plaies : les patients au cœur du système

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Il y a peu d’infirmières stomothérapeutes au Québec. Certaines des pionnières de cette profession très spécialisées travaillent cependant au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Et elles viennent tout juste de réécrire une deuxième version d’un cadre de référence pour les soins de plaies. L’objectif premier : mieux soigner les patients pour leur éviter des amputations, entre autres.

« Nous voulons offrir de meilleurs soins à tous les patients aux prises avec des plaies chroniques, et des soins uniformes peu importe où et comment les patients reçoivent des soins sur le territoire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS », indique l’infirmière stomothérapeute Stéphanie Laferrière.

D’abord avant d’aller plus loin, voilà la grande question : que fait une stomothérapeute et à quoi sert-elle? « L’infirmière stomothérapeute est une infirmière qui a complété une formation reconnue après le baccalauréat et dont le rôle est de promouvoir des programmes et des services pour les personnes ayant besoin de soins de plaies et pour les personnes stomisées, entre autres », explique Josée Morin, une passionnée stomothérapeute retraitée.

Les patients qui font l’objet de suivis de la part de ces spécialistes sont ceux qui ont des ulcères veineux ou artériels, qui ont des lésions de pression ou encore des problèmes aux pieds à cause du diabète.

Les infirmières stomothérapeutes les soignent dans une perspective globale comme savent si bien le faire les infirmières.

« On ne traite pas seulement un pied, nous traitons une personne qui a des problèmes de santé, avec tout ce qu’elle fait et avec toutes ses entraves », explique Stéphanie Laferrière, qui a écrit la deuxième version du guide de référence.

« Même si on met le meilleur des pansements sur une plaie, elle ne guérira jamais sans la collaboration du patient », ajoute Mme Laferrière.

« Et pour contrôler des plaies, il faut aussi travailler en équipe interdisciplinaire pour les cas complexes. Si on soigne le pied d’un diabétique qui ne contrôle pas son sucre, on n’y arrive pas », indique Mme Laferrière en nommant plusieurs autres professionnels avec lesquels travaillent les stomothérapeutes.

Les patients qui vivent avec des plaies nécessitant des soins constants reçoivent souvent des soins à domicile de la part d’une infirmière. Ils vont parfois aussi en CLSC. Pour les stomothérapeute de ce grand CIUSSS d’aujourd’hui, il était hors de question de demander aux patients de se déplacer fréquemment dans les deux hôpitaux sherbrookois.

« J’ai un patient qui est décédé des complications liées à sa plaie. Ça m’a attristée. La prise en charge des soins de plaies doit être adéquate et rapide », indique Josée Morin.

C’est pourquoi les stomothérapeutes ne se contentent pas de soigner directement des patients. Elles donnent aussi de la formation à d’autres infirmières. Elles en ont formé quelques-unes qui sont devenues des infirmières-ressources et qui, elles-mêmes, forment ou assistent les infirmières qui donnent des soins en première ligne ou encore qui font des soins à domicile.

En 2010, la téléassistance en soins de plaies a donc été intégrée dans la pratique des stomothérapeutes. Les infirmières qui font des soins à domicile peuvent ainsi compter sur des infirmières-ressources pour les épaules dans les soins qu’elles donnent à leurs patients à l’aide d’un système de caméras et d’une tablette, le tout à l’aide d’un réseau internet sécurisé.

« On collabore avec les patients et les infirmières qui sont sur place. Parfois, on aide les infirmières. Par exemple, dans les cas de débridement, c’est plus difficile. Ce sont les infirmières qui tiennent le scalpel et la plupart du temps elles savent très bien quoi faire, mais ça les rassure quand on est là », indique Stéphanie Laferrière.

Et si ce grand système de collaboration et de formation a été mis en place, c’est pour le bien des patients. « C’est le patient qui est au cœur de tout ça », indique Mme Morin.