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Six solutions pour verdir nos villes
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Depuis juin 2020, toutes les nouvelles constructions d’une superficie de plus de 2000 m2 qui voient le jour à Gatineau doivent prévoir un minimum de 20 % de toit végétalisé.
Depuis juin 2020, toutes les nouvelles constructions d’une superficie de plus de 2000 m2 qui voient le jour à Gatineau doivent prévoir un minimum de 20 % de toit végétalisé.

Forcer la main de l'industrie de la construction

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
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La Ville de Gatineau entend multiplier les efforts de verdissement sur son territoire dans les prochaines années et elle a pris les moyens réglementaires pour forcer l’industrie de la construction à emboîter le pas.

Depuis juin 2020, toutes les nouvelles constructions d’une superficie de plus de 2000 m2 qui voient le jour à Gatineau doivent prévoir un minimum de 20 % de toit végétalisé. Cela peut prendre la forme d’aménagements esthétiques verts, mais aussi de potagers urbains. L’objectif est de réduire les îlots de chaleur.

La municipalité manœuvrait depuis plus de cinq ans pour enchâsser cette obligation dans la réglementation urbanistique. Les embûches pour y arriver ont cependant été nombreuses dans la dernière année.

L’industrie de la construction menée localement par l’Association de la construction du Québec (ACQ) et l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) s’est braquée contre ces nouvelles exigences municipales dès l’adoption du règlement par le conseil municipal. Jugeant qu’ils n’avaient pas suffisamment été consultés, des entrepreneurs ont tout fait pour retarder l’entrée en vigueur du nouveau règlement, mais le conseil municipal, malgré quelques tiraillements internes, a maintenu le cap.

« Il doit y avoir un point de rupture, un moment où on décide de tourner la page sur les anciennes façons de faire », avait lancé le maire Maxime Pedneaud-Jobin aux entrepreneurs qui demandaient tantôt un report de l’entrée en vigueur du règlement, tantôt une période de transition.

L’ACQ s’est même tournée vers les tribunaux pour tenter d’invalider le règlement municipal. En mars 2020, l’Association contestait la validité de la démarche réglementaire devant la Commission municipale du Québec (CMQ). La manœuvre juridique a forcé la Ville de Gatineau à défendre la rigueur de sa démarche et la pertinence de son règlement devant le tribunal administratif. Elle a aussi eu comme effet de retarder de plusieurs mois l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation. En juin, la CMQ a finalement donné raison à la Ville de Gatineau sur toute la ligne. L’industrie de la construction est aujourd’hui obligée de se conformer aux nouvelles exigences.

Gatineau compte un peu plus de 90 000 bâtiments sur son territoire. Si le règlement sur les toits verts avait toujours été en vigueur dans la quatrième ville en importance au Québec, elle compterait aujourd’hui près de 370 toits végétalisés.