Selon Stéphane Simoneau, une bouteille de 18 litres d’eau représente la consommation qu’une famille utiliserait pour se nourrir et s’abreuver durant trois jours.

Simoneau plaide pour la trousse de 72 heures

Une bouteille de 18 litres d’eau, des boîtes de conserve, un chauffage d’appoint ou un plan B, ce sont des éléments auxquels les citoyens doivent penser avant une situation d’urgence comme celle de vendredi dernier.

« 72 heures, ça correspond à peu près au délai qu’une ville, une province ou un pays est en mesure de déployer les secours minimaux pour chaque individu de son territoire », explique le coordonnateur aux mesures d’urgence à la Ville de Sherbrooke, Stéphane Simoneau.

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« On le vit avec une panne de courant et on l’a vécu avec la contamination de l’eau potable [en septembre dernier]. On demande aux gens s’ils sont capables, si on leur annonce qu’il va manquer d’électricité durant 72 h, peu importe le temps de l’année, d’être autonome. Soit d’avoir un autre moyen de chauffer la maison, comme un foyer d’appoint, ou d’avoir un plan B chez quelqu’un à l’extérieur de la ville », rappelle-t-il.

Qu’est-ce que représente une consommation d’eau normale? « C’est simple : les distributeurs d’eau de 18 L, ça représente environ la consommation en eau potable pour une famille de quatre personnes pour 72 heures. Peut-être que la solution est d’avoir une cruche de rechange à portée de main et le tour est joué. Avant qu’on puisse faire venir des bouteilles, ça prend des délais de livraison assez importants qui correspond à environ 72 h », analyse M. Simoneau.

Sur son site, le gouvernement du Canada y va d’un conseil : « Lorsque vous entreposez une grande quantité d’eau pour les urgences, assurez-vous d’effectuer une rotation pour éviter de dépasser la date de péremption », est-il écrit.

« Les gens sont trop portés à penser que les organisations municipales, provinciales et fédérales ont tout prévu et qu’ils ont la capacité de répondre à chaque citoyen, renchérit M. Simoneau. Ce n’est pas le cas. Si la masse de population se retrouve dans le besoin en même temps, ce n’est pas vrai que le système va être capable de les prendre tous. On va être capable de prendre les plus vulnérables, ça représente souvent la minorité de la population. »


« La meilleure façon de prendre conscience, c’est de vivre la situation. »
Stéphane Simoneau

Par ailleurs, il faut adapter la trousse à notre situation. « Si je prends des médicaments, il faut faire la même chose. Si j’ai des enfants et des animaux, je dois prévoir la même chose pour eux pour être complètement indépendant du système public pour être certain de ne pas être une charge », pense Stéphane Simoneau, ajoutant que cela va favoriser un meilleur retour à la normale.

Au jour le jour

Selon M. Simoneau, la majorité des Sherbrookois prennent la situation au jour le jour et ne détiennent pas de trousse. « On est tous un peu pareils et je ne juge personne. La meilleure façon de prendre conscience, c’est de vivre la situation. En 2014, on a vécu une hauteur d’inondation similaire à celle qu’on vient de vivre. Les impacts sur les citoyens ont été moindres. 2014, ça fait juste cinq ans. [...] Force est d’admettre que ç’a été plus facile à gérer, car les gens semblaient plus préparés. Ce n’est pas scientifique, c’est mon sentiment », exprime M. Simoneau, précisant que certains citoyens se sont quand même fait prendre.