Simon-Pierre Canuel n'avait pas son Épi-Pen

Malgré son allergie aux fruits de mer et au saumon, Simon-Pierre Canuel n’avait pas son Épi-Pen sur lui lors des événements.

Dans sa déclaration assermentée, il affirme que son Épi-Pen était dans sa poche lorsqu’il s’est rendu au restaurant Le Tapageur.

« Je sais qu’il était dans ma poche quand qu’on est parti de la maison, puis il était tombé dans l’auto (...) Pour moi, il était dans ma poche parce que quand j’ai commencé à avoir ma réaction allergique, j’ai mis la main dans ma poche pour aller le chercher puis je l’avais pas », signale M. Canuel dans sa déclaration.

Simon-Pierre Canuel a fait quatre réactions allergiques par le passé pour lesquelles il a été hospitalisé.

Le serveur du Tapageur affirme avoir cherché un Épi-Pen dans le restaurant et avoir fait le tour des tables pour demander aux autres clients du restaurant après la réaction de Simon-Pierre Canuel.

Dans sa déclaration assermentée, la propriétaire du Tapageur affirme que la question des allergies est la première chose qui est apprise dans la formation des serveurs.

« C’est la première chose qu’ils apprennent au Tapageur, les allergies, parce que je suis allergique aux poissons et aux fruits de mer. On a une politique de former tout le monde, de les aviser comment ça fonctionne pour les allergies, et en cuisine et au service, parce que je suis allergique et aussi parce qu’il faut faire attention, parce qu’il y a des contaminations, puis il faut tout vérifier », assure la propriétaire du Tapageur qui mentionne qu’une série de mesures sont en place dans la cuisine dont une friteuse spécifique pour les fruits de mer et le poisson ainsi qu’un mur pour qu’il n’y ait pas de contamination par l’huile.

« Toutes les précautions nécessaires et possibles ont également été prises par les défendeurs afin de s’assurer que les plats des demandeurs ne contiennent aucune trace de son allergène aux fruits de mer », signale Me Marika Douville dans son exposé de contestation de cette poursuite civile de 490 000 $.

Appelé à déclarer ce qu’il reproche au serveur du Tapageur, Simon-Pierre Canuel mentionne l’insouciance.

« De ne pas s’être préoccupé de mes allergies, d’avoir été négligent de prendre des notes de... à cause de sa négligence, de m’avoir pratiquement pris la vie », signale Simon-Pierre Canuel.

De son côté, l’avocate des défendeurs affirme que c’est Simon-Pierre Canuel qui a fait preuve de négligence dans cette affaire.

« Le demandeur a donc fait preuve de négligence en mangeant un tartare de saumon alors qu’il s’en savait supposément allergique tout comme il a fait preuve de négligence en omettant d’avoir en sa possession son Épi-Pen au restaurant alors qu’il connaissait les risques liés à ses allergies alimentaires, notamment de par sa formation de secouriste », indique Me Marika Douville.

La date du 28 mars 2018 a été fixée pour le dépôt des rapports d’expertise commune d’un allergologue, d’un cardiologue et d’un psychiatre dans le dossier. Diverses pièces doivent être déposées en preuve d’ici cette date butoir qui peut cependant faire l’objet de prolongations.

Une fois le dossier complet, une date sera retenue pour le procès qui se déroulera en Cour supérieure.

Le directeur des poursuites criminelles et pénales avait décidé en septembre 2016 de ne pas porter d’accusation de négligence criminelle contre le serveur du restaurant le Tapageur de Sherbrooke qui était ciblé dans une enquête policière à la suite de ces événements.