Simon Mercier
Simon Mercier

Simon Mercier a pu revoir sa mère hospitalisée en soins palliatifs

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Soulagé, Simon Mercier a pu revoir sa mère hospitalisée en soins palliatifs à l’Hôtel Dieu de Sherbrooke, samedi.

Rappelons qu’à cause des règles ministérielles entourant la COVID-19, M. Mercier avait peur de ne pas pouvoir tenir la main de sa mère avant qu’elle ne décède. À ce moment, les visites en soins palliatifs étaient interdites, sauf pour des raisons humanitaires dans les 48 dernières heures précédant le décès d’un patient.

Selon La Presse, les règles ont changé. Les familles de patients en soins palliatifs pourront rendre visite aux leurs, tout respectant des mesures de protection

« La logique du gros bon sens a finalement été respectée, se réjouit M. Mercier. J’ai vu ma mère samedi après-midi. Si vous aviez vu sa face quand elle a enfin vu quelqu’un qu’elle connaissait, alors que ça faisait quelques jours qu’elle était seule dans sa chambre... et elle ne dort pas beaucoup, car elle est perturbée par ce qui lui arrive. Quand elle m’a vu, ç’a été un très grand moment d’émotions », dit celui qui avait vu sa maman pour la dernière fois mardi soir, alors qu’il allait la conduire à l’hôpital.

« C’était très touchant, car vendredi soir, je lui parlais au téléphone, ajoute M. Mercier, le sourire dans la voix. Je lui disais que j’étais en train de me battre pour qu’on aille la voir et que j’allais gagner. La première chose qu’elle a faite, c’est qu’elle s’est mise à pleurer. Elle m’a dit : “Tu ne baisses jamais les bras, toi.” J’étais content. »

M. Mercier explique qu’une seule personne à la fois peut être dans la chambre de sa mère pour un maximum de deux heures. « Mon frère et moi nous sommes séparé ce temps. L’autre doit attendre à l’extérieur de l’hôpital, alors on s’attend dans la voiture », raconte-t-il. 

Au moment d’écrire ces lignes samedi soir, les nouveaux règlements n’étaient pas encore adoptés. M. Mercier aurait eu cette permission pour des raisons cliniques. « La directrice des soins palliatifs du CIUSSS m’a donné une permission selon des règles très strictes, ajoute-t-il. Ma mère n’a à peu près plus usage de ses bras et de ses jambes. Pour elle, parler au téléphone, c’est presque infaisable », affirme Simon Mercier.

Rapidité exemplaire

Simon Mercier se dit très satisfait de la rapidité avec laquelle le changement a été fait. « Je ne sais pas ce qui a fait pencher la balance, si c’est que plusieurs personnes se sont opposées ou si c’est seulement qu’ils n’avaient pas eu le temps de voir les paramètres reliés à ça », se demande-t-il.

Celui qui prévoit revisiter sa mère dans les prochains jours salue le travail du personnel médical et des députés. « Dans les démarches que j’ai faites jeudi et vendredi, j’ai été vraiment surpris par la gentillesse, la courtoisie et le dévouement de tous les gens à qui j’ai parlé. Au CIUSSS, que ce soit la gestionnaire et les médecins des soins palliatifs, le comité des usagers, tout le monde a été incroyable. Ce n’était pas eux le problème. J’ai aussi beaucoup parlé avec les gens des bureaux de la députée de Sherbrooke Christine Labrie (Québec solidaire) et d’André Bachand (Coalition avenir Québec) et j’ai senti qu’ils se démenaient comme des diables dans l’eau bénite pour faire changer ça. C’est du travail de l’ombre qui m’a donné un peu plus confiance en l’humain », conclut-il, visiblement touché.