Le visage du campus de l’Université Bishop’s est appelé à changer à moyen terme, notamment avec la démolition annoncée des résidences Mackinnon et le redéploiement du plan directeur.

Signaux positifs pour le centre d'étudiants autochtones de Bishop's

Le projet de centre de rencontre et d’enseignement pour les étudiants autochtones à l’Université Bishop’s prend un nouvel élan. L’institution vient de recevoir une lettre d’appui de la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, qui permet au principal de l’institution, Michael Goldbloom, d’être optimiste pour la suite. Le visage du campus est par ailleurs appelé à changer à moyen terme, notamment avec la démolition annoncée des résidences Mackinnon et le redéploiement du plan directeur.

Bishop’s caresse depuis quelques mois l’idée de transformer Divinity House en centre pour étudiants autochtones. Le bâtiment situé à l’avant du campus avait dû être fermé en 2014, parce qu’il n’était plus sécuritaire. Un rapport avait conclu qu’il en coûterait entre six et sept millions pour le rénover.

« Je viens d’avoir une lettre d’appui "générale"; elle indique un intérêt important du gouvernement pour voir ce projet aller de l’avant », précise M. Goldbloom en ajoutant que Québec n’a cependant pas promis d’aide financière.

« Je ne peux pas vous dire que le projet aura lieu, mais je vous dirais que tout est en train de s’aligner pour que l’on puisse le faire. »

« Nous avons commandé des études architecturales et je suis excité par ce que les architectes ont proposé. L’idée est de garder la façade du bâtiment, mais en même temps d’ouvrir les bâtiments vers les rivières (Massawippi et Saint-François). Dans la région, c’était ça leurs autoroutes. »

« Nous avons entamé des discussions surtout avec la communauté abénaquise. Je me suis rendu à Odanak pour rencontrer le chef afin de discuter de ce projet... Ils sont très enthousiastes », commente le principal et vice-chancelier de Bishop’s, Michael Goldbloom.

La Fondation de Bishop’s pourrait investir 1 M$ dans le projet.

Le principal entend contacter d’autres communautés autochtones également.

L’édifice regrouperait un espace pour les étudiants autochtones et un lieu d’exposition « où on peut raconter l’histoire du peuple abénaquis », en plus d’un appartement pour une « personne senior de la communauté », qui pourrait y séjourner.

M. Goldbloom précise que l’édifice ne serait pas réservé aux étudiants autochtones. « Ce sera un lieu d’échange. »

L’institution recense environ une trentaine d’étudiants autochtones, mais elle n’est pas en mesure de préciser combien exactement.

Ces derniers n’ont pas officiellement à le déclarer. « J’espère que nous pourrons augmenter ce nombre d’une façon importante et nous allons prendre contact avec les autres communautés. »

L’université anglophone compte une conseillère au support aux étudiants autochtones et vient d’obtenir « un financement confirmé pour une deuxième année », note M.Goldbloom.

Plusieurs chantiers de rénovation 

Par ailleurs, Bishop’s consultera sa communauté cet automne pour mettre de l’avant un plan directeur modifié de son campus.

Plusieurs options sont sur la table par la direction, dont celle de démolir l’aréna WB Scott. Le sort du vieil aréna est en suspens depuis quelques années. La démolition est l’un des éléments du plan qui sera présenté à la communauté cet automne. Quant à la cafétéria qui doit être rénovée, le principal préférerait une nouvelle construction si Bishop’s pouvait obtenir du financement, sinon l’option de la rénover sera privilégiée.

L’établissement avait fait savoir en 2015 qu’elle devrait investir au moins 50 M$ pour la rénovation de ses résidences.

« On vient d’en compléter deux, les travaux pour la troisième vont commencer au mois d’août. »

La résidence sera démolie. Les coûts pour la rénover auraient été trop importants et se rapprochaient d’une nouvelle construction, rappelle M. Goldbloom.

« Nous sommes en train d’étudier un plan pour une nouvelle résidence. On est sur le point de finaliser ça et d’annoncer l’endroit et l’échéancier. »

Deux autres résidences doivent aussi être rénovées.

En outre, le centre des étudiants doit être complètement refait dans un horizon d’environ deux ans.

L’édifice McGreer, qui abrite le bureau du principal, devra aussi faire l’objet d’importants travaux dans un horizon de cinq ans.

La plupart des résidences datent des années 50 et 60.

Bishop’s inaugurera sa bibliothèque, qui a fait l’objet d’importants travaux, à la rentrée scolaire.

Budget équilibré pour Bishop’s

Après avoir vécu des années très difficiles au plan financier, l’Université Bishop’s a adopté un autre budget équilibré pour l’année financière 2018-2019.

Vice-principale aux finances et à l’administration, Isabelle Goyette rappelle que l’établissement avait dû adopter un plan de redressement approuvé en 2016, qui prévoyait un retour à l’équilibre en 2017-2018. Ce plan doit s’étirer jusqu’en 2019-2020, qui doit mener à un autre budget équilibré.  

« On prévoit à l’automne 2018 avoir environ 2550 étudiants, ce qui représente une hausse de 2 % par rapport à 2017. La dernière année du plan de redressement, on prévoit atteindre 2600 étudiants à temps complet à l’automne (...) », commente Mme Goyette.

Attendue depuis des années, la nouvelle formule de financement des universités est bien accueillie du côté de l’Université Bishop’s. L’institution anglophone gère un budget de 56,5 M$.

« La formule de financement introduit un réinvestissement en hausse pour Bishop’s (...) À partir de notre plan de redressement, on avait demandé un 7 M$ additionnel. Avec le réinvestissement attaché et les impacts de la nouvelle formule de financement, ça va nous emmener à terme (2022-2023) à 7 M$ (annuellement). On va atteindre les 7 M$ demandés dans notre plan de redressement », explique Mme Goyette.

Bishop’s inclut dans ses hypothèses budgétaires le remboursement de son déficit accumulé. « On met un montant en contingence pour tenter de diminuer chaque année ce déficit accumulé (NDLR : un peu plus de 14 M$). Mais on n’a aucun engagement avec le gouvernement au sujet du remboursement. C’est sûr qu’on le considère chaque année dans le budget... Il y a des coûts d’intérêt rattachés à ça. »

Maintien des postes

« Avec ce réinvestissement, ça nous permet de maintenir les postes de professeur. On a 110 postes. Ça nous permet de toujours remplacer les profs qui partent à la retraite ou pour une raison personnelle. »

Bishop’s compte environ 50 % d’étudiants québécois, 40 % d’étudiants canadiens hors Québec et 10 % d’étudiants internationaux.

« On est très content de la formule de financement. L’Université Bishop’s, on est une des grandes gagnantes des changements de cette révision-là. Ça nous mène dans une position plus favorable. On va toujours être sensible, parce qu’on exploite une petite université. Ce défi va toujours demeurer, note Mme Goyette en faisant allusion au fait que le financement est principalement basé sur le nombre d’étudiants. Mais pour l’instant, à moins d’un changement, notre santé financière est de bon augure pour les cinq prochaines années, jusqu’en 2022-2023. »