Élections 2018

La pauvreté, grande absente des discours électoraux

Il y a 17,8 % de la population qui vit en situation de pauvreté à Sherbrooke. Pourtant, dans le cadre de la campagne électorale, « la pauvreté n’est pas présente, elle est absente des discours », soutiennent les représentants du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté.

« Il faut que les partis en parlent pendant cette dernière semaine de la campagne », insistent-ils.

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« Au Québec, il y a 750 000 personnes au Québec ne couvrent pas leurs besoins de base. Et c’est plus que ça, parce qu’en haut de ça, tu es encore pauvre. Tu ne peux pas te payer de billets de théâtre, de petites sorties, un restaurant. Ton frigidaire brise, tu ne peux pas le réparer. C’est la pauvreté », déplore Line Marcoux, représentante du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté.

Au salaire minimum, les gens vivent encore en situation de pauvreté, souligne-t-on. « Dans les banques alimentaires, il y a des gens qui travaillent! Le salaire viable est de 15 $ de l’heure. Ça permet de vivre. Pour les entreprises qui donnent 15 $, il y a plein de bons côtés : la main-d’œuvre reste plus longtemps, moins de formation à donner... », énumère-t-elle.

« À 15 $, on n’a pas assez d’argent pour aller dans les paradis fiscaux, mais ça permet de vivre! Je peux aller au cinéma, je peux aller au restaurant une fois, je vais vivre ma communauté. C’est pour ça qu’on est en faveur du 15 $ de l’heure », ajoute Mme Marcoux.

Le comité régional a demandé aux candidats de l’Estrie de tous les partis de répondre à un questionnaire pour spécifier leurs engagements face à la lutte à la pauvreté.

« Après la lecture de leurs réponses, nous avons décerné des Méritas ou des Prix cactus selon le degré d’implication des partis dans la lutte à la pauvreté », soutient Line Marcoux, représentante du Comité régional estrien pour un Québec sans pauvreté.

Trois Méritas ont été remis, dont un dans la catégorie « S’engager à sortir un million de personnes de la pauvreté ». Québec solidaire et le Parti vert ont reçu ce Méritas parce que leur plateforme électorale promet l’augmentation du salaire minimum à 15 $ dans un premier mandat.

 Dans cette même catégorie, la Coalition avenir Québec (CAQ) a reçu le prix de consolation « mieux vaut tard que jamais », étant donné qu’elle a pris le même engagement mais en promettant de le réaliser d’ici 2022.

« Un gros Cactus a été remis au Parti libéral du Québec, alors qu’aucun des candidats de la région de l’Estrie n’a pris la peine de répondre au questionnaire, pas plus d’ailleurs qu’au niveau national, alors que le comité provincial avait fait le même exercice auprès des partis directement », soutient Mme Marcoux.

Le comité s’était quand même engagé à remettre un prix de consolation à chacun des partis. « Comme le Parti libéral du Québec ne nous a pas répondu, nous avons fouillé dans leur plateforme et nous avons aussi trouvé des petites choses positives », ajoute Line Marcoux.

Le premier ministre sortant Philippe Couillard s’est aussi mérité personnellement un prix Cactus pour avoir affirmé qu’il était possible de nourrir une famille de quatre personnes avec 75 $ par semaine.



Élections 2018

Plan anti-burnout de QS: «Ça prend encore plus»

Colombe Landry, candidate de QS dans Richmond, estime que le plan de son parti pour limiter l’épuisement professionnel est « un bon point de départ », mais qu’il faut en faire beaucoup plus pour contrôler le problème.

La « stratégie anti-burnout » de QS passerait par une révision des normes du travail pour notamment y inclure plus de vacances, plus de congés maladie payés et le droit de refuser des heures supplémentaires. Les solidaires aimeraient entre autres assurer un minimum de quatre semaines de vacances aux Québécois qui cumulent un an de service continu.

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« Ça aide, mais ça prend encore plus, explique Mme Landry. Ça prend des milieux de travail où les gens sentent qu’ils ont un pouvoir sur ce qu’ils font et que leur travail a un sens. Je peux vous parler du système de santé, car je l’ai quitté en janvier. J’ai vu plusieurs réformes et celle actuelle est vraiment la pire. Les gens ont de moins en moins de pouvoir et c’est là qu’ils tombent malades. »

« Je pense aux gens qui travaillent dans les CHSLD et qui n’arrivent pas à boucler leur travail, poursuit-elle. Peu importe les critiques, ce sont eux qui portent le poids de ne pas avoir donné le bain et de ne pas avoir été en mesure de tout faire. C’est à ce moment-là qu’ils vont tomber malades. Pour moi, un mois de vacances, c’est le minimum. Ça ne va pas tout régler, car il y a un travail à faire sur tous les plans. Il faut une vision globale. »

La stratégie, dévoilée par Gabriel Nadeau-Dubois samedi, cite aussi en exemple la moyenne européenne de 11 jours fériés — contre huit au Québec. Elle propose donc d’en créer deux de plus, le 8 mars et le 1er mai, pour souligner du même coup l’importance de la Journée internationale des droits des femmes et de la fête des Travailleurs. Des dix congés déjà garantis en cas d’obligations familiales, Québec solidaire veut en rémunérer la moitié. Sans oublier les congés maladie, pour lesquels on exigerait dorénavant un salaire à raison d’une demi-journée par mois.

Sur le plan de la conciliation travail-famille, Québec solidaire veut accorder aux travailleurs le droit de refuser des heures supplémentaires et de connaître leur horaire au moins une semaine d’avance.

Loin de nuire à la productivité, ces mesures seraient profitables à l’économie du Québec, argue-t-on.

Le parti estime que l’absentéisme, en bonne partie causé par le stress et l’épuisement, coûte annuellement 3,5 milliards $ aux entreprises.

Sherbrooke

La Ville attend toujours des nouvelles de Costco

À quand l’ouverture du Costco au plateau Saint-Joseph? Difficile de l’évaluer, à la Ville de Sherbrooke, puisque l’entreprise doit toujours fournir des plans avant d’obtenir un permis de construction. Selon les informations compilées par La Tribune, une ouverture au printemps 2019 devient de plus en plus improbable.

Au Groupe Immex, propriétaire du terrain au coin des boulevards Monseigneur-Fortier et du Plateau-Saint-Joseph, où la nouvelle succursale de Costco est projetée, on se contente de préciser que le dossier suit son cours. 

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Plateau-St-Joseph: divisée, la Ville dit oui au Costco

La directrice du Service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, Caroline Gravel, rapporte pour sa part que le promoteur a réalisé une étude de circulation. « Avec l’étude de circulation, nous avons fait un cahier des charges avec ce que nous voulions pour l’aménagement de nos infrastructures publiques à nous. Au moment où le promoteur commencera les travaux, il devra faire les travaux sur les infrastructures publiques en même temps », indique-t-elle.

Rappelons que la Ville de Sherbrooke a réservé une enveloppe de 3,6 M$ pour ajouter une voie de chaque côté du boulevard Monseigneur-Fortier, entre l’intersection du boulevard du Plateau-Saint-Joseph et la rue McCrea. Les travaux doivent être effectués par le promoteur puisqu’il ne peut pas y avoir deux maîtres d’œuvre sur un même chantier. La Ville surveillera les travaux pour que les normes de construction soient respectées et remboursera le promoteur une fois l’élargissement terminé. La Ville payera aussi pour le surdimensionnement des conduites, la construction de trottoirs et la construction d’une nouvelle rue perpendiculaire au boulevard Monseigneur-Fortier.

Mme Gravel confirme que les travaux du boulevard Monseigneur-Fortier n’auront pas lieu en 2018. « On attend après le promoteur. »

Le promoteur doit notamment fournir les plans de la rue C, qui longe le Walmart actuel et qui aboutira sur le boulevard Monseigneur-Fortier, rue par laquelle passeront les raccordements des égouts et de l’aqueduc. Il doit aussi prévoir des interventions près de l’entrée du Centre de foires, où est situé un feu de circulation, puisqu’il s’agira aussi d’un accès au Costco.

Collation des grades

Trois sœurs jumelles, trois diplômes

Habituées de tout faire ensemble, les triplées Lysianne, Lisa-Marie et Karelle Gauthier peuvent maintenant ajouter sur leur liste une formation universitaire. Elles ont chacune reçu leur diplôme samedi à la collation des grades de l’Université de Sherbrooke.

En plus, elles ont étudié toutes les trois dans la même la faculté. Elles sont d’ailleurs les premières triplées de la collation des grades de l’UdeS.

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Participation record à l'UdeS

« Au début ce n’est pas tous les enseignants qui savaient que nous étions des triplées. Certains nous saluaient et on ne savait pas c’était qui », mentionne Karelle.

Elles ont bien failli ne pas être les trois en toge samedi puisque Lysianne a quitté le baccalauréat en éducation pour se tourner vers le travail social il y a un an. 

« C’est le fun parce que j’ai lâché après trois ans, mais ça m’a quand même donné un diplôme en études générales en éducation que j’ai pu recevoir en même temps que mes sœurs, explique-t-elle. Je me suis rendu compte que j’aimais l’enseignement, mais de gérer un groupe j’aimais moins ça. »

Reste que la famille est remplie de fierté de voir les triplées recevoir leur diplôme le même jour.

« On nous a toujours dit de terminer un baccalauréat alors c’est une fierté de l’avoir fait, souligne Lisa-Marie. On a pu beaucoup s’entraider, on avait un appartement ensemble. »

L’aventure n’est toutefois pas terminée pour les sœurs qui vont poursuivre leur formation. Leur chemin prendra toutefois une direction quelque peu différente alors que Karelle poursuivra ses études dans un certificat en histoire. Lisa-Marie fait en ce moment un certificat en arts visuels et Lysianne s’est orientée vers le travail social.

Les sœurs Gauthier ont coécrit un livre sur leur réalité de triplées. Le livre Jamais deux sans trois a été publié l’automne dernier.

Un diplôme pour Balou !