Selon les documents préparés par la Ville de Sherbrooke, la zone d’innovation en science quantique se déploie dans trois secteurs distincts, soit l’Université de Sherbrooke (notre photo), le secteur manufacturier innovant, le long de la rivière Magog entre la plage Lucien-Blanchard et la rue Belvédère Sud, et le centre-ville, qui inclut le Cégep et le secteur à redévelopper après la construction du pont des Grandes-Fourches.

Zones d'innovation : Sherbrooke veut une désignation en science quantique

La Ville de Sherbrooke a choisi le thème de la science quantique comme marque de commerce dans un processus visant à désigner des zones d’innovation à travers le Québec. Dans sa demande de désignation au ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Sherbrooke fait valoir son expertise dans le domaine.

Les zones d’innovation visent à établir des marques de commerce spécifiques pour positionner les régions avantageusement dans leur stratégie de prospection pour des investissements étrangers. La science quantique, qui permet de multiplier la vitesse des calculs en informatique et d’accélérer l’analyse de données, est une des spécialités de l’Université de Sherbrooke, alors qu’il n’existe qu’une poignée de centres de recherche du genre au Canada.

Si le projet a été déposé en décembre, une réponse de Québec est attendue dans les prochaines semaines.

Dans les documents rendus publics au conseil municipal du 16 décembre, la zone d’innovation se découpe en trois secteurs distincts, soit celui de l’Université de Sherbrooke, le secteur manufacturier innovant, le long de la rivière Magog, entre la plage Lucien-Blanchard et la rue Belvédère Sud, et le centre-ville, qui inclut le Cégep de Sherbrooke et le secteur à redévelopper après la construction du pont des Grandes-Fourches. Le secteur où se trouve actuellement la place Nikitotek est qualifié de « Zone TI ». 

« On pourrait appliquer la science quantique à la recherche médicale, à la recherche scientifique, à la robotisation dans nos entreprises. On parle d’un budget total qui pourrait avoisiner en termes d’investissements les 500 M$. Si on va chercher seulement 10 % de ça, ce seraient déjà 50 M$ investis à Sherbrooke. Ça vaut la peine de tenter le coup », résume le conseiller Vincent Boutin. 

Toujours selon les documents déposés en décembre, la nature des investissements confirmés ou en voie de l’être s’élève plutôt à 605 M$, soit 189 M$ pour l’implantation d’entreprises, 253 M$ des investisseurs privés dans les infrastructures et l’immobilier, 80 M$ en investissements publics au centre-ville et 83 M$ en investissements publics et privés dans les infrastructures. 

Parmi les projets structurants en incubation venant appuyer la démarche, on note la construction d’Espace TI, un espace de coworking pour les entreprises en technologies de l’information, et la construction d’Espace Labz 2.0. S’ajoute la création de l’Institut quantique de l’Université de Sherbrooke pour lequel la construction d’un bâtiment de 16 M$ a été annoncée.

La conseillère Annie Gobdout a soulevé des doutes sur la thématique choisie. « Au départ j’aurais souhaité qu’on soit plus proche de notre ADN, soit l’environnement ou la santé, mais les applications de la science quantique sont partout et c’est une spécialisation qui est rare. C’est un secteur d’avenir. C’est vraiment un projet nous permettrait de nous propulser comme une capitale internationale de l’innovation. »

Mme Godbout souligne que le concept a le potentiel d’entraîner des retombées économiques tant à court qu’à long terme.

Le maire Steve Lussier, lui, y voit la certitude que de nouveaux emplois de qualité seront créés à Sherbrooke. 

Paul Gingues, lui, a manifesté des inquiétudes pour la reconversion du secteur manufacturier innovant, près de la plage Lucien-Blanchard et le long de la rue du Pacifique. « Il faudrait faire attention et requalifier certaines zones pour qu’il y ait de la quiétude dans le voisinage. On voit sur la carte que c’est très peuplé au sud de la zone. »

Rappelons que l’arrivée de Bitfarms dans le secteur crée des problèmes de bruit. 

Le plan d’affaires déposé au gouvernement du Québec est signé par plusieurs partenaires du projet, notamment la Ville de Sherbrooke, l’Université de Sherbrooke, Sherbrooke Innopole, le Cégep de Sherbrooke, le Centre collégial de transfert de technologie Productique Québec et la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke.