William Girard a berné 21 mineures

Vingt-et-une adolescentes ont été bernées par William Girard qui réussissait à leur soutirer des photos de nudité sous certains pseudonymes dont principalement celui de Samantha Caron.

William Girard d’East Angus a plaidé coupable à plusieurs gestes de nature sexuelle virtuelle à l’endroit de mineures âgées de 12 à 17 ans, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke.

Les accusations qu’il a reconnues concernent des victimes adolescentes de l’Estrie, soit Sherbrooke, Magog et East Angus, ainsi que de la Mauricie, de l’Abitibi et du Bas-Saint-Laurent.

Plusieurs victimes ont assisté aux plaidoyers de culpabilité enregistrés par Girard.

La barbe longue, William Girard a admis les faits qui ont été relatés par la procureure aux poursuites criminelles Me Joanny Saint-Pierre.

C’est devant la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec que l’accusé a reconnu les gestes commis entre juin 2017 et février 2019.

La majorité des infractions ont été réalisées sur Snapchat et certaines sur Messenger.

Girard utilisait le profil de « Samantha Caron » pour berner les premières victimes. Une victime de 13 ans, qui voulait aider un ami, cherchait à savoir qui se cachait derrière le profil. Girard a réussi de cette façon à soutirer des photos à la plaignante, dont certaines entraient dans la définition de la pornographie juvénile.

Les photos de la plaignante ont été distribuées dans son réseau. Girard l’a menacée en lui demandant d’envoyer d’autres photos et vidéos explicites d’elle sous peine de distribuer des photos à ses 1000 contacts.


« La victime pleurait et suppliait d’enlever les photos. »
Me Joanny Saint-Pierre, procureure aux poursuites criminelles

Les photos ont tout de même été rendues publiques par William Girard sous son pseudonyme de Samantha Caron.

« La victime pleurait et suppliait d’enlever les photos », a expliqué la procureure aux poursuites criminelles.

D’autres victimes ont subi le même sort où Girard a rendu des photos publiques.

C’est un recoupement d’adresses IP qui a permis de remonter jusqu’à Girard.

« William Girard a admis aux enquêteurs avoir créé le profil de Samantha Caron », indique Me Saint-Pierre.

Avec d’autres victimes, Girard les abordait en envoyant des photos nues du pseudonyme féminin qu’il avait créé.

Girard a aussi utilisé son propre profil « Will Girard » pour berner certaines victimes où des photos nues sont échangées. Il a aussi utilisé les profils de « Samuel D’Arcy » ou de « Suzie Langlois ».

William Girard a reconnu des accusatifs de leurre informatique, d’extorsion, d’avoir transmis du matériel sexuellement explicite dans le but de faciliter la perpétration de gestes sexuels, d’avoir accédé, possédé, distribué et produit de la pornographie juvénile, d’avoir conseillé de transmettre de la pornographie juvénile, de harcèlement et de supposition de personne.

William Girard a reconnu les faits inscrits dans une trame factuelle de 70 pages.

Plusieurs des accusations comportent des peines minimales d’une année de prison. L’avocat de la défense Me Christian Raymond a annoncé qu’une requête sera débattue pour éviter des peines consécutives aux infractions comportant des peines minimales.

L’accusé se trouve derrière les barreaux depuis le 13 mars dernier.

Un autre individu, accusé à Laval, a réussi à faire des gestes de leurre informatique en utilisant les photos de William Girard.

Un rapport présentiel avec un volet sexologique a été demandé pour éclairer le tribunal sur la situation de William Girard.