Le maire sortant et chef du Renouveau sherbrookois, Bernard Sévigny, à droite sur la photo, a dû essuyer les critiques de ses rivaux Steve Lussier, Denis Pellerin, Patrick Tétreault et Hélène Pigot sur le projet Well Inc.

Well inc. pris pour cible

En débat dans les locaux de La Tribune, les candidats à la mairie ont monté le ton quand est venu le temps d’aborder le projet de revitalisation du centre-ville Well inc., le moment fort du débat. Pendant que la chef de Sherbrooke Citoyen, Hélène Pigot, déplorait l’architecture des bâtiments à construire, le maire sortant et chef du Renouveau sherbrookois, Bernard Sévigny, n’arrivait pas à ventiler l’investissement privé de 50 M$ sur la rue Wellington Sud.

Les 50 M$ incluent-ils la construction des deux bâtiments et du stationnement? Considérant que la Ville rachètera le stationnement, doit-on davantage parler d’un investissement privé de 30 M$? « Moi, ce qu’on m’a dit, c’est que le projet du consortium est de 50 M$ » a répondu Bernard Sévigny sans être en mesure de préciser si les 15 à 22 M$ que la Ville devra débourser pour racheter le stationnement doivent être soustraits de ce montant.

« Ça ne va pas bien. C’est votre plus gros projet », s’est étonné Steve Lussier.

Hélène Pigot a récupéré la balle au bond. « Il faut effectivement de l’éclaircissement. On avait des critères sur le nombre de places de stationnement. Ce critère est enflé parce que c’est la Ville qui rachète les places de stationnement. En tant que citoyenne, j’ai l’impression de me faire passer un gros sapin parce que le consortium décide du nombre de places. Si vous faites 900 places, comment on va y aller? Avez-vous vérifié l’embouteillage qu’il y aura au centre-ville? On fait le projet et on verra après? »

Mme Pigot a estimé que Sherbrooke détruit son potentiel architectural d’année en année. « Ce qu’on nous propose avec Well inc., c’est une vieille architecture, c’est laid. Si on veut repousser les gens, il n’y a pas mieux que ce projet architectural. On va défigurer le centre-ville si on continue avec ce projet-là. »

Denis Pellerin estime que Well inc. « n’a pas sa place là » et déplore qu’on détruise « un immeuble patrimonial » en l’Hôtel Wellington. « Le projet est aussi laid que celui qu’on propose pour l’agrandissement du Musée des beaux-arts, qui n’est ni plus ni moins qu’un mini centre de foires. »

Bernard Sévigny a corrigé M. Pellerin en disant que le bâtiment n’était pas classé patrimonial. « Je suis content que vous vous intéressiez au centre-ville. Ça faisait 40 ans qu’il n’y avait aucun intérêt. Il y a un projet structurant. Relancer la Wellington avec un projet comme Well inc., c’est moi qui le propose. Ça va évoluer. »

Steve Lussier concède qu’il faut revitaliser ce secteur-là. « Va-t-on refiler la facture directement aux citoyens? Je ne peux pas croire qu’on se lance dans un projet comme ça sans plan d’affaires. Qu’est-ce qu’on dit aux étudiants qui sortent de l’université? Si tu veux te lancer en affaires, ça prend un plan d’affaires! »

« Vous mélangez les choses. Vous devriez vous réjouir qu’il y ait un projet de 50 M$ du privé qui arrive sur la rue Wellington Sud. Vous voulez tout avoir le premier jour. La proposition sera déposée au conseil municipal par le consortium. Ce sera un plan d’affaires », a rétorqué Bernard Sévigny, rappelant que le bâtiment de l’ancien Écobeat a été acheté par le privé en raison de l’impulsion de Well inc.

M. Sévigny avait d’ailleurs cité Well inc. dans son mot d’ouverture, rappelant qu’il souhaite faire de Sherbrooke LA ville entrepreneuriale et estimant que la ville était bien positionnée également avec la création des incubateurs Espace inc. et EspaceLabz. « On veut faire converger les forces, les talents, les passions de nos citoyens pour faire de Sherbrooke une véritable ville entrepreneuriale. »

Si la discussion a été animée, le candidat Patrick Tétreault ne s’est pas interposé. En dehors des réponses aux questions posées par La Tribune, il a d’ailleurs été discret dans tous les échanges. Il a néanmoins annoncé que sa campagne consistait à développer une autorité citoyenne. « Mon programme c’est que ce soient les citoyens qui exercent le pouvoir politique, non pas en gérant la Ville mais en élaborant ensemble une vision pour mandater l’appareil municipal. »

Hélène Pigot s’est présentée comme la candidate du changement, affirmant que les citoyens étaient mûrs pour du changement. La qualité de vie des citoyens se trouve au centre de son programme. « Notre priorité sera la cohabitation de tous les modes de transport. La participation citoyenne fait partie de nos valeurs et nous miserons sur l’économie locale en mettant en valeur l’agriculture, qui est le parent pauvre. »

Steve Lussier considère que la situation est sombre depuis quatre ans et compte faire de Sherbrooke la ville la plus prospère au Québec en misant sur cinq axes : la finance, la participation citoyenne, l’harmonie au conseil, les infrastructures et la qualité de vie et le développement économique.

Enfin, Denis Pellerin a mentionné que les règles seraient simples s’il est élu. « Nous nous respecterons. Nous reconnaîtrons la valeur du travail et nous serons là pour le plaisir. Il n’y a pas eu beaucoup de plaisir dans les quatre dernières années. Ça tue la créativité. »