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Hydro-Sherbrooke a mis plusieurs mesures en place pour éviter d’oublier de facturer certains clients.
Hydro-Sherbrooke a mis plusieurs mesures en place pour éviter d’oublier de facturer certains clients.

Électricité non facturée: 1000 heures de recherches pour retracer les factures oubliées

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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Hydro-Sherbrooke a mis en place plusieurs mesures pour éviter d’oublier à nouveau de facturer un client, comme elle l’a fait avec le commerce Canac Marquis-Grenier pendant sept ans. Le directeur général d’Hydro-Sherbrooke, Christian Laprise, estime qu’il faudra jusqu’à la fin de l’année pour assurer que toutes les adresses sherbrookoises qui doivent l’être sont associées à un compteur actif.

Rappelons qu’Hydro-Sherbrooke a oublié de facturer l’électricité à Canac pour une somme, incluant les taxes, qui atteignait 867 000 $. Le commerce, informé de la situation, avait acquitté la facture avant de recevoir un crédit de 160 000 $ après une entente avec la Ville de Sherbrooke. Il aura donc payé plus de 700 000 $ pour l’énergie consommée. 

Selon Christian Laprise, depuis 1987, Hydro-Sherbrooke a perdu la trace de 42 compteurs. « Ce sont des cas d’incendie et de démolition. En général, ce n’est pas quelque chose de flagrant. Mais ce sont des cas où le client l’a détruit ou il est passé au feu. »

Pour éviter toute perte de traçabilité d’un compteur, Hydro-Sherbrooke est à vérifier s’il y a d’autres absences de facturation sur son territoire. « Nous avons pris toutes les adresses civiques et nous avons fait une combinaison informatique avec nos adresses de facturation. Nous avons sorti toutes les exceptions des adresses qui n’étaient pas facturées », explique M. Laprise.

Les exceptions sont nombreuses. Par exemple, le nom de la rue de facturation dans le système et l’adresse civique ne sont pas les mêmes en raison d’un changement de toponyme. Il arrive aussi qu’un édifice ne soit muni que d’un seul compteur pour plusieurs appartements, ce qui explique qu’aucune facture ne soit envoyée à certaines adresses. « Nous devons vérifier les adresses une par une. »

Cet exercice se réalise manuellement. Le maire Steve Lussier estime qu’il faudra y consacrer 1000 heures de travail. 

Le conseiller Marc Denault a voulu savoir si cet exercice sera réalisé à nouveau dans les années à venir. « Ce n’est pas impossible. Ce n’est pas ce qui est envisagé présentement. Les mesures envisagées pour le futur nous semblent robustes. Il faudrait que ce soit automatisé parce que la tâche est trop lourde lorsqu'elle est réalisée manuellement. On pense que ça vaut la peine en ce moment parce que ça fait longtemps qu’Hydro existe. »

Les autres mesures auxquelles fait référence M. Laprise consistent entre autres à inspecter toute plaque de mesurage dans les deux mois suivant l’installation d’un compteur. Par le fait même, dès qu’une plaque de mesurage est installée, elle est étiquetée « à vérifier » dans les systèmes informatiques. 

M. Laprise rappelle qu’Hydro-Sherbrooke fait l’objet d’audits par des vérificateurs financiers, par Mesures Canada et par le Bureau de normalisation du Québec. 

Christian Laprise

Marc Denault estime que la Ville est chanceuse d’être tombée, dans la situation du commerce Canac Marquis-Grenier, sur une entreprise qui avait les moyens de rembourser ses factures. « Je ne connais pas beaucoup d’entreprises qui seraient prêtes à faire un chèque de plus de 500 000 $ sans avoir des problèmes financiers. »

Il demande à nouveau qu’un mandat soit confié à la vérificatrice générale pour valider que les nouvelles mesures de contrôle sont efficaces à 100 %.

Steve Lussier a rapporté qu’il avait informé la vérificatrice générale dès qu’il avait été mis au fait de la situation, et que la direction générale avait fait la même chose. « Sachant toutes les actions qui ont été prises pour ne plus que ça arrive, ça me satisfait pour le moment. Vous allez nous faire un rapport de la situation pour la suite des choses. J’ai été grandement rassuré dans ce dossier. » 

Vincent Boutin estime que le conseil n’aura pas le choix de réfléchir à la possibilité de confier un mandat à la vérificatrice générale. « C’est légitime de poser la question sur ce qui pourrait être fait dans une optique d’amélioration continue. »

Nicole Bergeron a précisé que les élus pourraient statuer dans un comité plénier à huis clos.

Pourquoi à huis clos? « Je pense que les élus vont vouloir se parler sans nécessairement aller devant le public », a répondu le maire Steve Lussier. 

Président d’Hydro-Sherbrooke, Julien Lachance salue la transparence d’Hydro-Sherbrooke et ses efforts pour amoindrir les impacts financiers. « Bien qu’on n’aime pas qu’il y ait des erreurs, il en arrive, surtout sur un nombre important de transactions. Quand cette situation nous a été présentée, nous nous sommes assurés que la brèche était colmatée. »

Julien Lachance