Pour l’artiste Etienne Cyr, les locaux d’Estrie Aide sont une véritable caverne d’Ali Baba. Il a construit vendredi un robot à l’aide de matériaux trouvés sur place dans le cadre de l’activité Garbage Art.

Voir les déchets autrement

Etienne Cyr construit des robots depuis qu’il est tout petit. « J’ai commencé quand j’étais très jeune. Mon fun, c’était de démonter de vieux objets, des jouets, des outils, pour voir ce qu’il y avait à l’intérieur et j’ai accumulé les pièces et commencé à créer des petits robots. Une fois au secondaire, mes petits robots étaient rendus à l’échelle réelle! »

S’il est donc habitué à construire des robots et autres créatures à partir d’objets recyclés, c’était toutefois la première fois qu’il le faisait en direct, devant public, dans les locaux d’Estrie Aide vendredi. M. Cyr était l’un des artistes invités à l’activité Garbage Art, qui marquait la fin de la Quinzaine du recyclage artistique.

« C’est une caverne d’Ali Baba ici, il ne manque pas de matériel! En plus, j’ai réussi à trouver plusieurs pièces en double pour pouvoir créer la symétrie de mon robot, c’est l’idéal », a expliqué celui qui offre, avec son entreprise Imagiréalise, des animations et ateliers pour enfants.

À côté de lui, Ida Rivard, une artiste originaire de Notre-Dame-des-Bois, travaillait sur une grande toile représentant une plante, à laquelle elle avec incorporé des morceaux de vêtements (pour le ciel), des murs de maison de poupée (pour le sol) et même un clavier d’ordinateur. « Je trouvais ça important d’inclure dans la toile des objets qui participent à l’obsolescence programmée », souligne-t-elle.

Sensibilisation

Il y a évidemment un message environnemental fort dans la tenue même d’un événement comme Garbage Art.

« On connaît quand même assez bien la vocation sociale d’Estrie Aide, mais on oublie parfois que l’organisme a aussi une vocation environnementale », souligne Antoni Daigle, coordonnateur en environnement chez Estrie Aide.

« On reçoit l’équivalent de 1300 tonnes de matière chaque année, et on vend environ 500 000 items... ça fait beaucoup de choses qui passent dans nos mains. De manière ludique, on veut montrer aux gens qu’en récupérant, on est capables de créer de véritables œuvres d’art », explique-t-il.

« C’est un message environnemental et de consommation responsable qu’on livre à la population, surtout à l’approche du temps des Fêtes. Pourquoi ne pas acheter des items de seconde main quand on le peut? Et il faut dire que les artistes s’expriment vraiment très bien à travers cet art de déchets. »

Parmi les œuvres, on retrouvait autant de l’art mural que de l’assemblage ou encore de la calligraphie sur objets, comme ce gros miroir sur la glace duquel étaient écrits les mots « Ça ne regarde que toi ».

Certains artistes repartaient avec leurs œuvres, alors que d’autres resteront dans le magasin, pour faire un clin d’œil aux clients ici et là.