Voies de fait graves et négligence criminelle : le chauffard du Walmart comparait

René-Charles Quirion
René-Charles Quirion
La Tribune
 L’individu accusé d’avoir foncé sur l’agent de sécurité au Walmart des Galeries 4-Saisons à Sherbrooke restera détenu au moins pour les prochains jours.

Nacime Kouddar de Mascouche a été formellement accusé, lundi, au palais de justice de Sherbrooke de négligence criminelle causant des lésions corporelles alors qu’il conduisait un véhicule. Il est aussi accusé de voies de fait armées, de voies de fait graves et de délit de fuite causant des lésions.

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Vraisemblablement frustré de s’être fait refouler à la porte du magasin parce qu’il voulait y entrer avec sa conjointe, même si la consigne lui interdisait, Kouddar a attendu la fermeture du commerce pour passer à l’acte.

Vers 17 h, samedi soir, il aurait foncé vers l’agent de sécurité avec son véhicule. La victime a été traînée sur plusieurs mètres sur le capot du véhicule avant d’en être éjectée. 

En percutant le sol, Philippe Jean, un père de famille de cinq enfants, a subi de graves blessures à la tête. Il a été transporté à l’hôpital où il repose dans un état critique.

Nacime Kouddar

Kouddar, 25 ans, a été mis formellement en accusation à partir du Centre de détention de Sherbrooke devant le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec.

La procureure aux poursuites criminelles Me Gabrielle Cloutier s’est opposée à la remise en liberté de l’accusé. Elle a demandé qu’un interdit de communication avec Philippe Jean soit imposé.

L’avocate de la défense Me Kim Dingman a reporté le dossier à mardi pour fixer le moment de l’enquête sur remise en liberté.

« Je serai alors en mesure d’évaluer le moment où l’on pourra procéder. Je veux prendre connaissance de l’ensemble de la preuve avant de demander la date d’enquête sur remise en liberté. Je n’ai pas le mandat de reporter à la semaine prochaine », a mentionné Me Dingman au juge qui offrait de procéder à l’enquête sur remise en liberté la semaine prochaine.

Fuite

Après les événements dont il est accusé, Nacime Kouddar a pris la fuite.

La vigilance du citoyen Pascal Plamondon a permis de procéder à l’arrestation du suspect. Il a tenté de le bloquer en vain, mais a tout de même eu le temps de noter la plaque d’immatriculation. 

Cette information a permis à la Division des enquêtes du SPS de procéder à l’arrestation de Nacime Kouddar. Ce dernier a passé la fin de semaine derrière les barreaux avant de comparaître officiellement lundi après-midi.

Une campagne de sociofinancement a été mise en place pour venir en aide à la famille de la victime de cette triste affaire. À 22 h, la campagne « Soutien à l’agent de sécurité percuté au Walmart de Fleurimont » avait permis d’amasser plus de 142 500 $.

Plus de 350 personnes ont laissé un message d’encouragement sur la page personnelle de Philippe Jean, la victime de cette affaire. 

La sœur de Philippe Jean a publié un message de gratitude relativement à cet élan de générosité et sur l’état de santé de son frère sur les réseaux sociaux. 

« Merci à tous ceux qui pensent à mon frère Phil. Je sais que plusieurs sont énormément inquiets pour lui. Son état demeure critique. Hier, il a commencé à respirer par lui-même et a eu une forte réaction en entendant la voix de son épouse, ce qui veut dire qu’il pourrait entendre malgré le coma. J’essaie de vous tenir informé le plus possible. Je suis fier d’être Québécoise lorsque je vois à quel point notre société est généreuse. Merci énormément au nom de toute la famille Jean », a écrit la sœur de Philippe Jean.

Réaction de la FTQ

À la suite de cet événement, la FTQ et le Syndicat des Métallos ont émis un communiqué pour demander au gouvernement du Québec et les agences de sécurité de reconnaître les risques auxquels sont exposés les agents dans l’exercice de leurs fonctions,

« Il faut reconnaître le travail des agents de sécurité et le risque auxquel ils sont confrontés dans la situation actuelle. Ces travailleurs doivent avoir accès à une vraie prime de risque, tout comme les travailleurs de la santé. C’est une question de gros bon sens», a indiqué le président de la FTQ, Daniel Boyer.

« La tension monte, nos membres peuvent en tout moment être exposés au virus, ils doivent composer avec des gens stressés, souvent irrationnels. Il faut soutenir les travailleurs de la sécurité avec des équipements de protection appropriés dans la mesure du possible et reconnaître le risque auquel ils sont exposés », ajoute le président de la section locale 8922 représentant 15 000 agents de sécurité au Québec, Patrick Pellerin.