Condamné pour un double-meurtre en 1992, Denis Paulet nie l’agression sur une voisine aux Résidences Soleil Manoir du Musée à Sherbrooke en novembre 2019.
Condamné pour un double-meurtre en 1992, Denis Paulet nie l’agression sur une voisine aux Résidences Soleil Manoir du Musée à Sherbrooke en novembre 2019.

Voies de fait au Manoir du Musée: Paulet nie tout

Comme il le fait pour le meurtre pour lequel il a passé 27 années derrière les barreaux, Denis Paulet nie l’agression sur une voisine aux Résidences Soleil Manoir du Musée à Sherbrooke.

Si l’agression sexuelle demeure à l’étude ainsi que des faits reliés à la possession de pornographie juvénile, une accusation de voies de fait causant des lésions pèse contre l’homme de 72 ans.

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Les gestes auraient été commis le 15 novembre 2019 dans la chambre de la victime alléguée.

Dans la décision rendue par la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) pour révoquer sa libération conditionnelle, Denis Paulet nie toute violence à l’endroit de la femme présentant des problèmes cognitifs.

Paulet avait contacté la maison de transition à laquelle il était rattaché après son expulsion du Manoir du Musée lorsque les soupçons ont été soulevés en novembre 2019 pour la présence d’ecchymoses sur la victime alléguée et une possible agression sexuelle.

Denis Paulet confirme qu’il s’était rapproché de la résidente du Manoir du Musée et qu’il voulait même l’aider.

« De plus, vous reconnaissez avoir passé du temps avec elle la journée du 15 novembre et explique que ses ecchymoses étaient dues à une chute dans son appartement. Vous avez réfuté toute implication dans des délits à caractère sexuel et/ou violent », signale la décision dont La Tribune a obtenu copie.

Paulet a été capté par les caméras de surveillance de la résidence pour personnes âgées alors qu’il entrait et sortait dans le logement de la victime alléguée.

« Au moment où vous êtes ressortis de l’appartement, madame ne portait pas les mêmes vêtements et des ecchymoses commençaient à apparaitre au niveau du visage (...) Vous avez maintenu votre version mentionnant (...) qu’elle était tombée par terre. Vous avez ajouté que vous ne lui auriez jamais fait de mal », note la CLCC

Meilleure option

La CLCC soulève que l’équipe de gestion de cas de Denis Paulet était d’avis que la location d’un appartement dans une résidence pour personnes âgées était la meilleure option pour qu’il puisse poursuivre son cheminement.

« De plus, elle considérait que la présence d’intervenants en tout temps répondrait bien à votre nécessité d’avoir un milieu de vie encadré et sécurisant qui vous permettrait de créer des liens avec d’autres personnes et d’éviter de tomber dans l’isolement social », relate la CLCC.

Lors de la perquisition à son logement du Manoir du Musée, le Service de police de Sherbrooke a saisi des éléments de pornographie juvénile de même « qu’une quantité non négligeable » de pornographie régulière. Aucune accusation relative à la pornographie juvénile n’a encore été déposée.

« Vos explications quant à la présence de pornographie juvénile restent perplexes, tout comme celles relatives à la présence de vêtements et bijoux féminins en votre possession. La Commission s’attend à ce que la sphère sexuelle soit investiguée avant la tenue de votre prochaine audience », explique la CLCC avant de conclure que la libération conditionnelle de Denis Paulet devait être révoquée étant donné que le risque de le laisser en liberté est inacceptable pour la société.

Denis Paulet a été condamné à une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans pour le meurtre d’une mère et sa fille d’origine arménienne à Brossard en 1992. Les victimes ont été étranglées dans le but de les voler. Un signe nazi avait été tracé sur un mur pour faire croire à un crime raciste.

Lors de sa dernière évaluation psychiatrique en 2017, Paulet avait été décrit comme un individu avec une structure psychotique, qui peut décompenser et mener à des pertes de contact avec la réalité et, dans le cas du délit, de contrôle des pulsions. Le risque de récidive était considéré comme faible dans la mesure où il pouvait rester encadré.

Denis Paulet sera de retour devant le tribunal à Sherbrooke cette semaine.