Vincent Boutin invitera les membres du Renouveau sherbrookois à mettre fin aux activités du parti samedi. —

Vincent Boutin propose la fin du Renouveau sherbrookois

Le conseiller Vincent Boutin quitte officiellement le Renouveau sherbrookois et propose de saborder le parti dont il était le seul représentant au conseil municipal. Dans une publication sur Facebook, celui qui agit comme chef du Renouveau invite les membres du parti à une assemblée générale samedi pour confirmer la fin de cette aventure.

« Je dirige le parti depuis un an et demi maintenant. Mon désir était d’utiliser ce véhicule démocratique pour prendre le pouls des Sherbrookois en les invitant à participer activement à la vie citoyenne de notre ville. Toutefois, au lieu d’être un outil de mobilisation citoyenne, j’ai plutôt senti qu’à l’heure actuelle, la notion de parti crée une distance avec la population sherbrookoise. Force est d’admettre que pour une majorité de gens, les partis politiques municipaux divisent au lieu de rassembler », dit-il dans une vidéo.

Vincent Boutin indique donc vouloir revoir son engagement à l’extérieur d’un parti politique.

« Je pense qu’actuellement, le Renouveau sherbrookois n’est plus le véhicule approprié pour faire avancer ces valeurs qui nous animent et pour travailler en harmonie avec mes collègues du conseil. Je vais donc proposer à notre assemblée générale de mettre fin à nos activités. »

En entrevue avec La Tribune, M. Boutin rapporte avoir voulu annoncer son orientation aux quelque 300 membres avant l’assemblée pour qu’ils puissent réfléchir à la situation.

« Ç’aurait été de l’entêtement et de l’acharnement de continuer dans cette veine-là », dit-il.

« Je ne sens pas un appétit pour militer de façon active au sein du parti. J’ai parlé à plusieurs membres pour savoir où ils se situaient. Je ne présume pas de la finalité des discussions, mais je voulais partager ma lecture de la situation. Personnellement, je pense qu’il est temps de mettre fin à cette aventure sans jeter les accomplissements des dernières années. Je ne remets pas en question mon implication en politique municipale. Je change simplement de véhicule. »

Le chef du Renouveau sherbrookois dit avoir informé ses ex-collègues Bernard Sévigny et Serge Paquin par courtoisie avant de se prononcer publiquement.

Aux dernières élections, deux des quinze candidats du Renouveau sherbrookois avaient été élus, mais Danielle Berthold avait rapidement annoncé qu’elle siégerait comme indépendante. « Sincèrement, le message était assez clair. La population trouvait que les partis n’avaient pas leur place. Je ne me sentais plus à l’aise dans un parti et pour moi, la fin du Renouveau sherbrookois était inévitable. J’aurais probablement pris cette décision plus tôt, mais M. Boutin devait attendre d’être prêt. Le connaissant, je sais qu’il y a réfléchi beaucoup et que c’est déchirant pour lui », commente Mme Berthold.

La conseillère du district de Desranleau ajoute qu’elle ne croit pas qu’il y ait de la place pour la création d’un nouveau parti à Sherbrooke.

Robert Pouliot, un des premiers élus sous la bannière du Renouveau sherbrookois, n’avait pas été informé des intentions de son chef. « Un parti qui a un bon programme a toujours sa raison d’être. Nous aurions pu faire encore un bon bout de chemin. Un parti est pertinent pourvu qu’il ait une bonne vision à présenter au moment des élections. J’attends à samedi pour que nous puissions prendre la décision en assemblée. »

Beaudin invite les militants du RS

Sherbrooke Citoyen pourrait donc devenir le seul parti politique représenté autour de la table du conseil municipal. Dans un communiqué, le parti d’opposition invite les membres du Renouveau sherbrookois à se joindre à lui si ses valeurs les rejoignent. La chef Évelyne Beaudin estime que d’être membre d’un parti politique la rapproche de la population. « Les gens ont connu des partis qui étaient des machines électorales pour faire élire des chefs. S’ils sont composés de militants qui sont au cœur de l’action, c’est autre chose. »

« Les observateurs de la scène municipale auront remarqué que le manque de vision claire à l’hôtel de ville, avec un conseil municipal composé principalement d’indépendants, nuit à l’avancement d’idées innovantes et progressistes », lit-on dans le communiqué de Sherbrooke Citoyen.

« Il n’y a pas de meilleure preuve de l’utilité d’un parti politique inclusif, démocratique et dynamique que les deux dernières années du conseil municipal », y déclare Mme Beaudin.

Enfin, la présidente du conseil, Nicole Bergeron, rappelle qu’elle a déjà milité auprès d’un regroupement d’indépendants et qu’elle ne croit toujours pas à la pertinence des partis municipaux. « Je salue la décision de M. Boutin. Il lui revenait à lui et à son groupe de décider de la suite des choses. »