Un tagueur a posé sa signature sur une murale historique de la Ville de Sherbrooke. La directrice artistique de l’organisme MURIRS tente de limiter les dégâts avec un coton-tige et des produits spéciaux.

Vandalisme sur une murale de MURIRS

Plusieurs citoyens ont constaté avec stupeur que la murale située à l’intersection des rues Frontenac et Dufferin avait été la cible d’un vandale. À l’aide d’un coton-tige et de produits spéciaux, le président-coordonnateur de l’organisme MURIRS, Serge Malenfant, et la directrice artistique Raphaëlle Coulombe-Allie ont tenté de limiter les dégâts.

« Ce n’est pas arrivé souvent, admet M. Malenfant. Il y a plusieurs années, on a eu des gestes de vandalisme. Ici, on parle d’une signature. C’est très décevant, car on est prograffiti. On tente de corriger la situation du mieux qu’on peut, surtout à cette température. »

Le nettoyage du graffiti s’avère une tâche difficile et pourrait prendre plusieurs heures, souligne M. Malenfant.

« Plus longtemps on laisse la peinture en place, plus le pigment va se solidifier. Plus on réagit rapidement, mieux c’est. En ce lendemain de Noël, c’est un peu froid, même pour la réaction des produits. On a amené différents produits pour corriger ça, pour voir comment traiter la surface abimée sans retirer le pigment de l’œuvre. Peinture sur peinture, ce n’est pas évident », exprime-t-il.

M. Malenfant a su que sa murale avait été vandalisée par le biais d’un groupe Facebook. « Quelqu’un m’a partagé le lien. Ç’a fait réagir beaucoup de gens de la place, car ils apprécient les murales. [La vague d’amour sur Facebook] nous fait chaud au cœur, mais on n’a pas besoin de ce geste, car on sait que les gens apprécient notre travail. On a constamment de bons commentaires sur notre site et sur le Facebook de MURIRS. On sait que les gens se reconnaissent dans ces œuvres. Ça parle d’eux et c’est pour eux qu’on les fait », commente le président-coordonnateur qui a chapeauté le travail des 18 murales sherbrookoises. 

Le graffiti, un art

Pour Serge Malenfant, le graffiti est un art. « C’est très dur pour les gens près du graphe de se retrouver catégorisés de façon systématique avec ce genre de geste déplorable. De cette façon, on sent que la population est derrière nous. Le graffiti est une forme d’art. Le tag en est une autre. Il y a de très belles signatures, mais le faire de cette façon, c’est très déplorable pour nous », dit-il. 

« Il y a des murs accessibles aux gens pour qu’ils expriment leurs frustrations, leurs plaisirs, sur d’autres choses que des œuvres déjà réalisées, rappelle-t-il. Il y a d’autres façons d’attirer l’attention de manière positive que de faire des choses du genre. »

« Nous, on est des artistes. Les graffeurs le sont aussi. Il y a des artistes qui découvrent du talent et qui le développent. C’est une forme d’art très actuelle, on ne peut pas la dénigrer. C’est une belle forme d’art qui a une belle expression, et ce, de façon mondiale. Nous, on participe à certains comités, à certains événements. Depuis le début, on est dans la vision d’offrir des murs à des jeunes et moins jeunes pour qu’ils puissent s’exprimer librement sur des surfaces », résume Serge Malenfant.