Pierre Avard : « Ce qu’il a peut-être oublié, M. [Denis] Gélinas, c’est qu’il parlait comme dg de Valoris, mais qu’il est aussi représentant de la Ville à Récup Estrie.

Valoris : Pierre Avard surpris par les propos du dg Gélinas

Le président de Récup Estrie, Pierre Avard, s’est montré surpris d’une déclaration du directeur général par intérim de Valoris, Denis Gélinas, la semaine dernière. À la séance du conseil d’administration de Valoris, M. Gélinas a évoqué la possibilité de transformer une ligne de tri des matières résiduelles de Valoris pour qu’elle traite les matières recyclables.

Le directeur général évoquait cette possibilité devant l’hypothèse où le tri à la source entraînerait une baisse importante des déchets acheminés chez Valoris. Interrogé à savoir si de telles activités risquaient de nuire à Récup Estrie, M. Gélinas a évoqué une possible réflexion pour regrouper les activités de Récup Estrie dans les installations de Valoris, jugées plus modernes.

« Ce qu’il a peut-être oublié, M. Gélinas, c’est qu’il parlait comme dg de Valoris, mais qu’il est aussi représentant de la Ville à Récup Estrie. Ce ne sont pas les mêmes acteurs qui siègent aux deux endroits. C’est un peu déplacé de présumer que les autres MRC décideront d’envoyer leurs matières recyclables à Valoris parce qu’on suppose que les installations y sont meilleures. Je ne suis pas certain que c’est l’idée du siècle », déclare Pierre Avard. « Pourtant, elles n’ont pas fonctionné beaucoup les chaînes de tri à Bury. »

Rappelons que Valoris compte la Ville de Sherbrooke et la MRC du Haut-Saint-François parmi ses membres. Pour Récup Estrie, ce sont plutôt six MRC qui sont membres.

« Dans le fond, tout ce que Valoris veut, c’est les redevances pour les matières détournées du centre d’enfouissement. Mais cette année, ce sont 1,6 M$ que nous recevons. Ce n’est pas ça qui ferait que Valoris serait rentable », commente encore M. Avard, rappelant que la Ville de Sherbrooke doit injecter 3,5 M$ supplémentaires dans le centre de valorisation en 2019.

« Un peu insultant »

« C’est un peu insultant de lancer ça comme ça et même déplacé à ce stade-ci du débat. Valoris est un fardeau pour la Ville de Sherbrooke. Je ne pense pas que ce soit un modèle qui a de l’avenir. C’est un puits sans fond. »

Pierre Avard n’est pas certain que les installations de Valoris soient meilleures. « Nous avons rénové nos machines et nous attendons des soumissions pour l’amélioration d’autres machines, dont celle qui nous permettra d’avoir une meilleure qualité de papier. Le modèle de Valoris ne marche pas et on cherche des bouées partout. Notre dette à Récup Estrie sera payée l’an prochain, alors que celle de Valoris est de 44 M$. »

M. Avard s’interroge d’ailleurs sur la présence de Denis Gélinas au sein des deux instances à la fois. « Pour moi, ce sont deux modèles très différents. Il y en a un qui fonctionne et pour l’autre, les preuves sont encore à faire. »

Le président de Récup Estrie rapporte par ailleurs que le contrat qui liait Sherbrooke à son organisation jusqu’en 2020 a été prolongé d’un an en juin. « Il sera renouvelé une année à la fois. »