Clison Djanebaye pourra avoir un fauteuil roulant adapté à la course grâce à une campagne de financement pilotée notamment par son enseignant Pierre Girard.

Vague de solidarité pour Clison Djanebaye

Une véritable vague de solidarité a déferlé après le lancement d’une campagne de financement pour Clison Djanebaye, un élève de l’école internationale du Phare qui rêvait d’avoir un fauteuil roulant adapté à la course. L’athlète de 18 ans réalisera bientôt son rêve, puisqu’il recevra le fauteuil de compétition tant convoité en juin. Alors qu’on souhaitait amasser environ 7500 $ pour acquérir l’équipement, les artisans de la campagne ont amassé près de 13 000 $.

L’argent supplémentaire ira dans son fonds de compétition, assure Pierre Girard, enseignant en formation préparatoire au travail à l’école internationale du Phare.

Originaire du Tchad, Clison a eu la poliomyélite alors qu’il avait huit ans : la maladie lui a coûté l’usage une jambe. Il a immigré au Canada avec un oncle et son père, décédé depuis. Il terminera son parcours scolaire, une formation préparatoire au travail, cette année. 

« Clison roule dans son ancienne chaise, mais elle n’est pas adaptée à lui, explique M. Girard, qui souligne du même coup la physionomie impressionnante de Clison. Il a eu une progression fulgurante. »

Le jeune homme s’entraîne avec le Club de course Parasports Québec et il fait un stage au Centre sportif de l’UdeS.

La campagne de financement a été lancée à l’école du Phare à la fin février en présence de tous les élèves, avec le directeur Patrick Levasseur. Depuis, celle-ci a fait boule de neige : plusieurs fondations se sont impliquées, les élèves ont donné à la hauteur de la capacité. Une femme a même offert 5000 $ pour la cause, en demandant à M. Girard de garder son identité anonyme. 

En plus du fauteuil, la collecte a permis d’acheter de l’équipement spécialisé, comme des gants coûtant... 400 $.

« J’adore ce flo. Il a un sourire tatoué dans le visage. C’est la joie de vivre », lance M. Girard au sujet du jeune athlète au grand potentiel.  

« Quand tu fais de la course en fauteuil roulant, il faut que tu sois débrouillard et mécano. Souvent, il faut faire des ajustements. »

Clison, qui se spécialise dans les courtes distances, s’entraîne notamment avec Diane Roy. 

L’initiative a touché Clison droit au cœur. « C’est comme si j’avais réalisé mon rêve. Si je n’ai pas le fauteuil, je ne peux pas aller plus loin. » 

Il profite d’ailleurs de l’entrevue pour remercier tous les élèves de son école, ses deux professeurs qui l’ont particulièrement appuyé, M. Girard et Michèle Corriveau, le coureur Basil Soulama et l’entraîneur Jean Laroche qui l’a pris sous son aile. « Je suis très fier de mon école », souligne Clison, qui participera au prochain championnat canadien paralympique en juin. 

« Le message que je veux envoyer, enchaîne M. Girard, c’est que c’est un projet rassembleur pour l’école. C’est incroyable comment les gens ont embarqué. On trouve que c’est un bel exemple de persévérance, qui cadre à tous les niveaux : au programme d’éducation internationale, au régulier, au programme de formation axé sur l’emploi... C’est un message de persévérance pour tout le monde. »

Touchée par cette histoire, Mylène Rioux, commissaire à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), a lancé une campagne de sociofinancement sur le site Go fund me pour appuyer l’initiative lancée à la fin février. « Je voulais faciliter la façon de donner », note-t-elle en ajoutant qu’elle a demandé à un ancien de l’établissement, Guy Ouellet, de l’aider. L’élue scolaire, qui est à la direction du Centre d’éducation populaire (CEP) de l’Estrie, souhaite déposer son chèque au conseil d’établissement de l’école du Phare à la mi-avril.