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La professeure Lee-Hwa Tai, de l’UdeS,  souhaite donner une chance de guérison aux patientes atteintes du cancer du sein.
La professeure Lee-Hwa Tai, de l’UdeS,  souhaite donner une chance de guérison aux patientes atteintes du cancer du sein.

Vaccin : travaux prometteurs contre le cancer du sein

Claude Plante
Claude Plante
La Tribune
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Une jeune chercheuse du Département d’immunologie et de biologie cellulaire de l’Université de Sherbrooke et son équipe progressent vers la mise au point d’un vaccin pouvant traiter une forme agressive du cancer du sein.

En cherchant un traitement pour le cancer du sein triple négatif, la professeure Lee-Hwa Tai souhaite donner une chance de guérison aux jeunes patientes atteintes de cette maladie foudroyante et difficile à soigner.

«La création de vaccins thérapeutiques contre le cancer, c’est un domaine émergent», déclare la professeure Tai dans un communiqué de presse. 

«Il existe bel et bien des vaccins anticancéreux, comme celui qui prévient le cancer du col de l’utérus, mais ceux-ci ne sont pas thérapeutiques. Ce sont des vaccins prophylactiques, c’est-à-dire qu’ils préviennent la maladie.»

«Les risques de récidives et de mastectomies sont élevés chez les femmes atteintes du cancer du sein triple négatif, une forme agressive de la maladie qui touche les moins de 40 ans. Or l’espoir de guérison se cristallise lentement grâce à un possible vaccin qualifié de “révolutionnaire”».

Utiliser le système immunitaire comme carte maîtresse pour combattre le cancer, ce n’est pas une approche nouvelle. L’immunothérapie a largement fait ses preuves en oncologie. À l’aide de médicaments, par exemple, on stimule les cellules immunitaires de la personne malade pour les aider à tuer les cellules cancéreuses. En somme, on exploite les atouts du corps humain pour vaincre l’ennemi.

Cependant, quand l’ennemi s’appelle «cancer du sein triple négatif», l’artillerie de base ne suffit pas. En effet, non seulement la chirurgie et la chimiothérapie échouent la plupart du temps, mais les autres traitements, comme l’immunothérapie classique, ne fonctionnent pas très bien.

C’est ici qu’intervient la professeure Lee-Hwa Tai, titulaire de la Chaire CRMUS de recherche translationnelle en immunothérapie. 

Pour celle qui a découvert les charmes de l’Estrie et de la langue française en 2016, lors de son entrée en fonction à l’UdeS comme professeure en immunologie, le cancer du sein triple négatif mérite qu’on s’y attarde scientifiquement.

«C’est l’un des sous-types de cancer du sein le plus agressif. Il touche les jeunes femmes, surtout celles qui sont d’origine africaine et asiatique. Malheureusement, les traitements habituels ne suffisent pas, et la médecine n’a pas d’autres options à offrir aux patientes», dit-elle.

En effet, le recours aux « inhibiteurs du point de contrôle immunitaire », soit le type d’immunothérapie le plus couramment utilisé pour traiter le cancer du sein, est peu efficace ici.


« C’est un peu comme si le stationnement était vide. »
Lee-Hwa Tai

La spécialiste prend l’image d’un grand stationnement rempli d’autos. Chaque auto représente une cellule immunitaire, dite « cellule T ».  C’est par l’entremise de ces cellules bienveillantes que l’immunothérapie combat le cancer.

«Chaque auto a un accélérateur et un frein, illustre-t-elle. C’est ce qui contrôle son fonctionnement. Le cancer a la capacité d’appuyer sur le « frein » des autos, et donc de les empêcher de faire leur travail de protection. Avec l’immunothérapie, on vient complètement enlever le frein. Les cellules immunitaires sont donc libres “d’avancer”, d’attaquer les cellules tumorales.»

Hélas, pour le cancer du sein triple négatif, ça ne fonctionne pas! «C’est un peu comme si le stationnement était vide. Il n’y a pas d’auto. L’immunothérapie classique ne fonctionne pas dans ce cas-là, car il n’y a aucune présence du système immunitaire dans la cellule. On appelle ça une “tumeur froide”.»

Il faut donc trouver une façon de faire pénétrer les autos (cellules T) dans le stationnement (cellule cancéreuse). Le vaccin thérapeutique est la solution, image-t-on.

Les travaux consistent à utiliser les cellules cancéreuses de la patiente comme matériau pour développer un vaccin.

Il s’agit de médecine de précision, c’est-à-dire que le vaccin est fabriqué de manière personnalisée pour chaque patiente à partir de la tumeur qu’on extrait chirurgicalement. En laboratoire, on la soumet à des radiations pour stopper sa croissance, on l’infecte avec un virus oncolytique pour la rendre visible au système immunitaire, puis on réinjecte les cellules cancéreuses infectées à la patiente, ce qui stimule son système immunitaire.

«Bref, on utilise les cellules cancéreuses comme matériau pour développer un vaccin», résume la chercheuse.

Grâce à un montant de 500 000 $ récemment reçu de la Société canadienne du cancer, la professeure Tai et son équipe continueront d’améliorer le vaccin au cours des cinq prochaines années.

La professeure Lee-Hwa Tai espère pouvoir amorcer des études cliniques d’ici cinq ans.