Une vie d'adolescente apaisée grâce à la DPJ

La Fondation du Centre jeunesse de l’Estrie a pour mission d’aider les enfants qui ont souvent été victime de négligence, d’abus, de violence physique et psychologique. L’an passé, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, mission protection de la jeunesse, est venu en aide à 7784 jeunes. Et la Fondation est là pour les aider à retrouver un équilibre de vie. C’est avec l’objectif de permettre à encore plus d’enfants de bénéficier de son aide en 2020 que la Fondation invite la population à son 8e Coquetel dînatoire de Noël qui se tiendra mercredi.

« La Fondation finance notamment des activités estivales, sportives et culturelles, elle offre une aide financière pour permettre aux jeunes de poursuivre des études postsecondaires, d’être mieux outillés pour entreprendre leur vie autonome, et bien plus encore », explique Karine Godbout, administratrice au conseil d’administration de la Fondation.

Michelle est une jeune femme qui a bénéficié de l’aide de la Fondation du Centre jeunesse de l’Estrie pour l’aider à cheminer vers sa vie d’adulte. À 17 ans, celle dont on cachera la véritable identité étant donné qu’elle est mineure, a accepté de raconter son histoire pour le bien de la cause.

Ses meilleurs souvenirs à Val-du-lac

Michelle aura bientôt 18 ans. Toute sa vie, elle a été déménagée d’une famille d’accueil à une autre. Sauf une fois où elle a fait un arrêt de quelques années dans une famille stable et aimante où elle s’est sentie bien. « C’est mon plus beau souvenir d’enfance. Aujourd’hui encore, je vais les voir souvent et ils sont toujours contents de me voir », relate la jeune femme.

Mais elle a dû quitter cette famille aimante pour tenter un retour auprès de sa mère. Qui n’était pas prête. Qui a rechuté.

« Moi dans mon souvenir, j’étais bien. Mais en réalité, ce n’était pas bien... » se souvient Michelle.

La valse des familles d’accueil a donc repris. La petite fille, dès l’enfance, a commencé à faire des crises de colère qui se sont accentuées avec l’âge. Elle pouvait être violente.

Ainsi, l’hébergement à Val-du-Lac est devenu la meilleure solution pour elle vers l’âge de 15 ans. Le centre de réadaptation et d’hébergement pour les jeunes est devenu le milieu de vie le plus stable qu’elle ait jamais connu.

« J’avais une bonne relation avec les éducateurs. Ils m’ont aidée à développer mon autonomie », explique-t-elle.

Là-bas elle s’est calmée et apaisée.

La jeune Michelle a eu très tôt envie de voler de ses propres ailes. Peu après son 17e anniversaire, le juge lui a permis de prendre son envol vers un appartement, accompagnée par les intervenants du Centre jeunesse et aidée par la Fondation du Centre jeunesse de l’Estrie.

« Je vis seule en appartement maintenant, même si mon chum est souvent là. Je cuisine. Au début, c’était beaucoup des pizzas pochettes, mais ça s’est amélioré. Le premier mois, la Fondation a payé mon appartement. Ça m’a aidée pour mon budget », mentionne-t-elle.

Michelle s’est prise en main pour pouvoir réaliser son rêve de partir en appartement. La Fondation du centre jeunesse lui a offert 1000 $ pour l’aider à se meubler. Pas question d’utiliser le moindre dollar de la mauvaise façon!

« J’ai magasiné partout. J’ai acheté plein de choses usagées. Quand il y a eu la collecte des gros rebuts, j’ai pu ramasser des meubles que les gens jetaient à la rue et qui étaient encore bons. Il y avait un petit meuble que j’aimais beaucoup. Je l’ai ramené à Val-du-Lac. Je l’ai réparé. Le concierge m’a donné de la peinture. Je l’aime vraiment aujourd’hui » s’exclame-t-elle.

Elle est reconnaissante pour tous ces gens qui l’ont aidée dans son parcours, particulièrement ces dernières années à Val-du-Lac. Mais pas seulement.

« Après un de mes gestes de violence, j’ai dû faire des travaux communautaires dans un organisme. Quand j’ai eu terminé, le directeur m’a rappelée pour m’offrir un emploi », relate Michelle avec des étoiles dans les yeux.

Aujourd’hui, elle travaille à temps complet. Que fait-elle? Elle prend soin de bénéficiaires dans un organisme œuvrant auprès d’une clientèle vulnérable.

Elle qui a si peu reçu dans son enfance est maintenant capable de redonner à son tour.

« Je suis heureuse dans ce travail. Dans les prochaines années, je rêve d’avoir une maison à moi, une auto et un chat », dit-elle.

Ensuite on verra. Cette jeune femme, modèle de résilience, n’a aujourd’hui que 17 ans. Et une longue vie devant elle.

Financement pour la Fondation

Le 8e Coquetel dînatoire de Noël de la Fondation se déroulera mercredi de 17 h à 19 h sous la présidence d’honneur de Denis Bourque, propriétaire de Tim Horton, et de Éric Chênevert, président et directeur général de Verbom. Les billets sont en vente au coût de 125 $ sur le site de la Fondation au www.fondationcje.com

Par ailleurs, la Fondation vend également des cartes de Noël qui ont été conçues par les jeunes résidents de Val-du-Lac. Les paquets de 12 cartes, incluant trois modèles, sont en vente au coût de 20 $. Il est possible de les commander par courriel à : fondation.cje@ssss.gouv.qc.ca.