Entourés de Manon Massé et de Gabriel Nadeau-Dubois, les candidats de l’Estrie pour QS Christine Labrie (Sherbrooke), Kévin Côté (Saint-François), Annabelle Lalumière-Ting (Orford), Andrée Larrivée (Mégantic) et Colombe Landry (Richmond) ont pu célébrer le début de leur campagne électorale.

Une vague orange à Sherbrooke ?

C’est dans un local plein à craquer que les candidats de Québec solidaire en Estrie ont lancé leur campagne, dimanche matin. Accompagnés des co-porte-parole du parti, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, les Estriens Christine Labrie (Sherbrooke), Kévin Côté (Saint-François), Colombe Landry (Richmond), Annabelle Lalumière-Ting (Orford) et Andrée Larrivée (Mégantic) se sont présentés à leurs partisans.

Certaines personnes ont même dû écouter les discours à l’extérieur du local situé sur la rue Wellington, puisque les gens dans le local étaient coincés comme des sardines. « Je pense qu’il y avait énormément d’énergie, commente Manon Massé. On sent que nos candidatures estriennes résonnent. Ce sont des personnes très diversifiées. Il y a des femmes engagées depuis longtemps et un jeune enseignant. Ce sont des gens bien alignés, mais tellement fiers de faire partie de ce parti populaire. »

La co-porte-parole semble confiante en vue de l’élection du 1er octobre. « Christine Labrie est une candidate extraordinaire. Elle sera d’ailleurs notre porte-parole en matière d’éducation supérieure. Tout est en place pour enlever un libéral et mettre une solidaire, ici, à Sherbrooke », commente-t-elle.

Comme Christine Labrie s’occuperait de l’éducation supérieure, QS a profité de son passage à Sherbrooke pour proposer un système scolaire entièrement gratuit du CPE au doctorat (voir autre texte). « À Sherbrooke, beaucoup de gens vont à l’école. En plus, on inclut les CPE, donc nos mesures vont toucher à plusieurs dizaines de milliers de personnes. De permettre l’accessibilité, que les enfants et les familles puissent avoir du souffle dans leur portefeuille », analyse la co-porte-parole.

Comté par comté

Les candidats de la région de l’Estrie ont pu tour à tour partager leur vision de la politique avec les militants. Pour Andrée Larrivée, il faut combattre le cynisme. « Nous ne sommes pas des pelleteux de nuages. Au contraire, nous sommes réalistes et visionnaires », a-t-elle martelé sous les applaudissements de la foule.

Colombe Landry, elle, a un plan en trois étapes. « Après 10 ans de virée solidaire pour rencontrer les agriculteurs de la région qui prennent soin de l’environnement et qui nous nourrissent convenablement, nous avons priorisé trois grands thèmes. Prendre soin de l’environnement, ramener nos services publics dans la circonscription, et finalement implanter une assurance dentaire et publique pour tout le monde. »

Kévin Côté, lui, a parlé de sa fierté. « Je suis particulièrement fier d’être candidat pour QS. Fier du projet de société que nous avons tous en tête, des idées qu’on porte pour le futur de notre pays, fier de livrer bataille aux côtés de candidates déterminées et inspirantes. On n’a jamais été aussi près au niveau national et local. »

La devise d’Annabelle Lalumière-Ting est « t’inquiètes, l’avenir appartient à ceux qui rêvent trop ». « J’ai toujours voulu changer le monde. Ne pas changer quatre trente sous pour une piastre. Le changer pour vrai. (...) Mon rêve, c’est que tout le monde ait les mêmes chances, peu importe leur origine, leur sexe, leur orientation ou leur statut socio-économique. C’est d’avoir un pays avec une constitution qu’on a signé, ou encore mieux, écrit tout le monde ensemble. »

Et finalement, Christine Labrie sent une vague orange à Sherbrooke. « Il se passe quelque chose cette année. On va élire une députée solidaire ici, vous allez voir. »

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« L’éducation devrait être une fierté nationale »

S’ils sont élus, les co-porte-parole de Québec Solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, instaureraient la pleine gratuité scolaire du centre de la petite enfance jusqu’à l’université. Les politiciens ont profité de leur passage en Estrie pour l’annoncer.

La gratuité scolaire serait complète pour Québec solidaire. Les parents n’auraient donc pas besoin de payer pour faire surveiller leurs enfants sur l’heure du dîner. Les sorties scolaires, le matériel scolaire et le transport scolaire seraient également gratuits.

« On va présenter lundi notre cadre financier, affirme Manon Massé. On va dire exactement d’où vient cet argent pour financer la mesure la plus importante de nos engagements pour les élections de 2018 et vous allez voir, ce n’est pas dans le portefeuille des Québécois qu’on va aller le chercher. »

Poursuivre le travail de Jean Lessage est l’objectif de Québec solidaire. « L’éducation devrait être une fierté nationale pour tout le monde. On ne comprend même pas comment les gouvernements avant nous ont laissé tombé ce grand rêve collectif des Québécois et des Québécoises. En fait, on veut achever le projet de la Révolution tranquille : avoir la société la plus éduquée au travers le monde. »

Combien coûterait ce programme? « À terme, c’est un investissement de 2,45 milliards de dollars. Honnêtement, si les autres partis sont prêts à investir à coup de plusieurs milliards de dollars pour construire un troisième lien à Québec pour 6000 chars, je ne verrais pas pourquoi on se priverait d’investir 2 milliards 450 millions pour toutes les familles du Québec », commente-t-elle.

Santé bucco-dentaire

Le Parti libéral a proposé samedi d’étendre la gratuité des soins dentaires jusqu’à l’âge de 16 ans. Pour Manon Massé, il s’agit d’une reprise « cheap » du plan proposé par QS. Les solidaires, eux, aimeraient que les soins dentaires soient gratuits pour tous les Québécois.

« De voir M. Couillard sortir avec une mesure très sommaire d’une proposition de Québec solidaire, ça m’a donné envie de réagir, commente Mme Massé. Ce que M. Couillard nous annonce, c’est une proposition vraiment cheap pour la population du Québec. Il s’adresse à 1,2 million de personnes, nous, ça s’adresse à tout le monde. Ça me fait penser qu’il est très conscient que la mesure dont on parle depuis le mois de mars plaît aux Québécois et aux Québécoises. Lui, pour se sauver la face, propose une mesure vraiment cheap. »

« Il dit que c’est le prolongement de la mesure qui s’adresse actuellement aux enfants jusqu’à 10 ans, continue-t-elle. C’est vraiment insatisfaisant. Ça ne couvre pas les soins, ça ne couvre même pas le détartrage. Ça couvre seulement l’examen. Oui, on a besoin d’un examen, mais du moment où l’on a un nettoyage à faire ou une carie à réparer, ce n’est pas couvert », déplore la députée sortante de Sainte-Marie-Saint-Jacques.

« Vraiment, il improvise quelque chose, car il a vu que les Québécois et Québécoises sont all in derrière la proposition de Québec solidaire. »

Rappelons que cette mesure, annoncée en mars dernier, coûterait 950 millions de dollars.