Lundi, la STS troquait officiellement la station du Dépôt pour ses nouveaux arrêts de chaque côté du coin des rues King et Wellington, où les trottoirs ont été élargis et où de grands abribus éclairés et chauffés ont été installés.

Une transition sans trop d’accrocs à la STS [VIDÉO]

La Société de transport de Sherbrooke (STS) a dressé un bilan positif de sa première heure de pointe après sa sortie de la station du Dépôt et la modification de ses horaires et tracés. Si des citoyens se réjouissent de voir l’augmentation de la fréquence des lignes 8 et 3 depuis lundi, certaines critiques à l’égard du nouvel arrêt du coin King et Wellington persistent néanmoins.

La circulation semblait fluide, lundi midi sur la rue King, alors que les lignes d’autobus esquivaient pour une première journée la station du Dépôt pour s’arrêter directement devant les trottoirs nouvellement élargis de la rue King. Les commentaires recueillis par l’escouade d’employés, qui était sur le terrain dès 6 h le matin afin d’orienter la clientèle, auraient été positifs, selon ce qu’a rapporté le président de la STS, Marc Denault.

« Je tiens à féliciter l’ensemble de l’organisation, particulièrement les chauffeurs. Les utilisateurs qu’on a sondés étaient des plus satisfaits, et même les automobilistes. Je pense qu’on a prouvé, justement, qu’il y avait un bienfait à sortir les autobus de la station du Dépôt », a annoncé M. Denault lors d’un point de presse lundi après-midi, avant d’ajouter qu’aucun retard n’a été signalé et que le volume d’appels au service à la clientèle n’a pas présenté d’augmentation marquée ni de « message clair que les gens étaient insatisfaits ».

Même si M. Denault estime que l’information s’est bien rendue à la population, la journée ne s’est pas déroulée sans surprises. Gabrielle Plourde et Léane Poitras, qui passaient la journée à faire les boutiques entre amies, se sont butées à une station du Dépôt déserte.

« Il y a un agent de sécurité qui nous a informées qu’on devait se rendre au nouvel arrêt. On y est allées, et ensuite, l’employée du service à la clientèle nous a expliqué qu’on devait se rendre de l’autre côté de la rue pour se rendre au Carrefour de l’Estrie », explique Léane, 16 ans, qui avoue ne pas prendre l’autobus souvent.

« On a eu plusieurs personnes qui se sont présentées à la station du Dépôt ce matin », indique Chantal Fournier, membre de l’escouade de la STS affectée au coin King et Wellington. « Les gens ne savent pas que chaque côté de la rue est dédié à une direction, note-t-elle également. Mais ça va très bien, je trouve. Il n’y a pas trop de surprises, c’est surtout au sujet de la ligne 2, comme le trajet a changé et qu’elle passe maintenant par la rue Alexandre. On a également plusieurs questions sur les abribus. Il n’y a pas de sièges en ce moment, mais il y en aura d’ici deux semaines. »

Un arrêt qui inquiète

Les grands abribus éclairés et chauffés qui ont été installés au coin des rues King et Wellington ne semblent pas avoir été suffisants pour que certains Sherbrookois accueillent la fermeture de la station du Dépôt.

Le citoyen Pascal Nantel, qui prend l’autobus tous les jours pour se rendre au travail, a peine à s’expliquer cette décision.

« C’est une question de logique. On est en plein milieu de la rue, ça n’a pas de sens de faire l’arrêt ici. Je pense aux gens qui ont des enfants, c’est dangereux. Tout à l’heure, on va être 100 personnes à attendre des autobus différents, au même arrêt? Et quand les voitures vont s’accumuler à la lumière juste à côté aux heures de pointe, ils vont faire quoi avec les autobus? » demande-t-il en attendant sa ligne en direction de Fleurimont devant le nouvel arrêt en question, situé tout près des feux de circulation des rues King et du Dépôt.

De son côté, l’expert-entraîneur en travail social à l’Université de Sherbrooke, Daniel Limoges, qui fait régulièrement la navette entre le campus principal, le campus de la santé et son logement dans le nord de la ville, se dit enchanté de l’augmentation de services de la STS que ce nouvel aménagement a rendue possible. « J’adore. Ça prenait ça. J’ai grandi à Montréal et le transport en commun ici est tellement mieux. Je pense par exemple aux supports à vélo qu’il y a sur les autobus ici », confie-t-il à bord de la ligne 8.

En ce qui concerne la fermeture de la station du Dépôt, il s’inquiète cependant du sort des personnes âgées. « Elles étaient habituées d’entrer se réchauffer à la station du Dépôt pour attendre. Maintenant, elles sont être obligées de débarquer sur le bord de la rue. Même si les abribus sont chauffants, je ne suis pas sûr qu’elles vont aimer ça », ajoute M. Limoges avant de suggérer que davantage d’abribus soient installés en ville.