Maude Vaillancourt a développé son talent pour la couture d’abord par souci environnemental.

Une Sherbrookoise au Startup Fashion Week

La designer sherbrookoise derrière Atelier Melia, Maude Vaillancourt, sera la seule représentante de la région au Startup Fashion Week (SFW) de Montréal, tenu au Fairmount Queen Elizabeth de mardi à vendredi. Il s’agit d’un grand pas pour cette entrepreneure autodidacte.

Maude Vaillancourt passe d’une première à l’autre ces temps-ci : première campagne marketing, première audition de mannequins… et bientôt, premier défilé de mode.

Pourtant, celle qui travaille aussi comme archiviste au Musée de l’ingéniosité J. Armand Bombardier a commencé à coudre il y a quelques années seulement.

« Pour le côté environnemental, je ne voulais plus acheter de choses faites en Chine, mais je me suis rendu compte que ce que j’achetais qui était québécois, c’était les morceaux que je mettais le moins, parce que ce n’était pas vraiment mon style », explique Maude Vaillancourt.

Elle a alors enfilé livres et vidéos pédagogiques sur la couture et s’est mise à concevoir ses premiers designs et à faire plusieurs essais et erreurs, jusqu’à lancer en 2017 sa petite entreprise, Atelier Melia, sur Etsy (un site de vente en ligne d’artisanat).

Pour l’instant, la designer confectionne environ une pièce par semaine, par temps perdu, mais elle rêve d’éventuellement transformer ce loisir en gagne-pain.

Créations originales

« J’aime Atelier Melia parce que j’ai carte blanche, je fais vraiment ce que je veux », indique Maude Vaillancourt, en précisant qu’elle cherche avant tout à concevoir des morceaux confortables et originaux.

Elle tire par ailleurs une certaine fierté du fait que sa clientèle semble être surtout constituée de personnes créatives, incluant musiciennes, poètes, artistes visuelles ou créatrices de bijoux. Une robe d’Atelier Melia a même été portée sur le tapis rouge des prix Juno 2019 par Bekah Simms, une artiste nominée dans la catégorie de la composition de musique classique de l’année.

« C’est important d’avoir des vêtements qui te représentent, qui expriment un peu qui tu es. Si le vêtement ne fait pas ça, tu ne le mettras pas. C’est ça qui m’a poussée à coudre, et c’est ça aussi que mes clientes viennent chercher : quelque chose qui est vraiment leur style à elles, fait par quelqu’un de passionné! »

Montréal… Et le monde!

Maude Vaillancourt profitera de son défilé au SFW pour dévoiler cinq des six morceaux de sa nouvelle collection, intitulée « midnight business ». Elle espère ajouter une pointe de « quirkyness » à l’événement, avec des vêtements inspirés d’uniformes rétro et de tenues de bureau rappelant les années 80, dans des tons de mauve et bleu indigo.

Si la designer se réjouit de cette visibilité à Montréal, qu’elle considère comme la capitale de la mode du Québec, elle désire néanmoins demeurer en Estrie, sa « région patrie ». Cela ne l’empêche pas pour autant d’élargir sa clientèle : « Mon marché principal, c’est vraiment le web. Je trouve ça le fun, la possibilité d’être n’importe où et de vendre n’importe où. J’aime vraiment le sentiment de liberté que ça amène! »

À propos du SFW

Le Startup Fashion Week est un événement fondé en 2014 à Toronto, qui vise à faire rayonner le Canada dans le domaine de la mode en soutenant de jeunes entreprises. Le SFW de Montréal existe depuis l’année dernière, et il s’en tiendra également un nouveau à Vancouver cette année. Une dizaine de designers ont été sélectionnés pour l’événement montréalais. Ils proviennent majoritairement de Montréal, mais il y aura aussi des représentants de l’Ontario et de la Saskatchewan, ainsi qu’une Estrienne!