Plusieurs membres du SCFP, qui représente le personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métier, se sont présentés lundi soir au conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour « déplorer qu’aucune lumière ne se pointe au bout du tunnel, notamment à cause de l’attitude patronale dans le cadre de la négociation de la convention collective locale ».

Une séance d’information dans quatre villes simultanément

Les partenaires du réseau de la santé et les usagers étaient conviés lundi soir à la séance publique d’information du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, qui se tenait non pas seulement à Sherbrooke, mais également à Lac-Mégantic, Cowansville et Magog.

« L’objectif est d’être plus proche de notre population, d’écouter ce que les usagers ont à nous dire », soutient Patricia Gauthier, la présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. 

Par le biais d’une visioconférence, Mme Gauthier a d’abord présenté aux quatre groupes les résultats 2017-2018 et les priorités de 2018-2019 pour l’établissement.

Par la suite, un cadre supérieur s’est chargé de présenter les résultats pour chacun des réseaux locaux de services (RLS) dans lesquels ils se trouvaient.

Du côté du RLS de Sherbrooke, dont elle est la cadre responsable, Mme Gauthier a souligné quelques points positifs.

Par exemple, elle a souligné que la situation en chirurgie est demeurée stable. L’enjeu se trouve toutefois au niveau de la chirurgie oncologique. « Il  a de plus en plus de cancers, donc plus de chirurgies, et ce sont des chirurgies qui doivent être faites rapidement. Elles sont aussi surtout concentrées dans les hôpitaux de Sherbrooke », a-t-elle expliqué.

Par chance, les usagers sont de plus en plus nombreux à accepter une « deuxième offre », c’est-à-dire d’aller subir une chirurgie dans un autre hôpital du territoire, Magog ou Lac-Mégantic par exemple.

Même son de cloche du côté de l’imagerie où 22 000 examens de plus ont été effectués par rapport à l’année précédente au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Ça permet que nos plateaux techniques et notre personnel soient pleinement utilisés », a soutenu le directeur des ressources financières et de la logistique Pierre-Albert Coubat.

La présidente-directrice générale a également longuement présenté l’Initiative sherbrookoise en développement des communautés (ISDC). Cette entente de partenariat entre le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, la Ville de Sherbrooke, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke et la Corporation de développement de Sherbrooke vise à avoir un impact structurant sur le développement des communautés afin d’améliorer la qualité et les conditions de vie de la population sherbrookoise.

« Ça nous prend des conditions de travail »

Les membres de l’exécutif syndical du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP, catégorie 2, personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métier) ont assisté à la séance d’information pour venir demander, encore une fois, que la direction mette sur la table des conditions de travail qui seraient avantageuses pour ses membres afin de les inciter à demeurer à l’emploi du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« L’employeur nous dit qu’il a embauché 1500 préposés aux bénéficiaires (PAB) ces dernières années, mais nous en avions 2300 il y a trois ans et il y en a encore 2300 aujourd’hui. Ça veut dire qu’il y en a 500 qui quittent le CIUSSS chaque année. Si ça continue comme ça cette année encore, nous sommes très inquiets, car il y a peu de cohortes dans les écoles et peu de personnes dans chaque cohorte », soutient Éric Bergeron, conseiller syndical au SCFP.

Des conditions de travail intéressantes pourraient contribuer à régler une partie du problème de pénurie de PAB, soutient Éric Bergeron.

« Plusieurs personnes avec une formation de PAB travaillent ailleurs dans l’organisation, par exemple aux cuisines ou à la buanderie, parce qu’elles n’en pouvaient plus de leurs mauvaises conditions de travail. Mais si les conditions s’amélioraient, peut-être que les PAB formés seraient intéressés de recommencer à pratiquer le métier pour lequel ils ont été formés », a soutenu le conseiller syndical.

Les négociations entre les deux partis ont été interrompues le 30 septembre dernier. Toutefois, une première rencontre avec le médiateur aura lieu à la fin novembre.