Le citoyen ou la citoyenne ayant procédé à du marquage illégal dans la rue des Épinettes s’expose à une amende pouvant varier de 300 à 600 $.
Le citoyen ou la citoyenne ayant procédé à du marquage illégal dans la rue des Épinettes s’expose à une amende pouvant varier de 300 à 600 $.

Une plainte au SPS pour un marquage de chaussée illégal

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Un citoyen cherchant visiblement à réduire la vitesse dans sa rue pourrait s’être attiré de bien gros ennuis. La Ville de Sherbrooke a déposé une plainte au Service de police de Sherbrooke après que la mention 30 km eut été peinte sans autorisation sur la chaussée de la rue des Épinettes, dans le secteur de Fleurimont.

Dans un communiqué, Marie-France Delage, directrice générale adjointe à la Ville de Sherbrooke, mentionne que ce marquage contrevient au Code de la sécurité routière. Elle ajoute qu’une plainte pourrait être déposée au Directeur des poursuites criminelles et pénales pour méfait. La Ville exigerait le remboursement des dommages pour corriger la situation en plus de dommages exemplaires « considérant la nature intentionnelle de la faute ». 

Selon l’article 301 du Code de la sécurité routière, « seule la personne responsable de l’entretien d’un chemin public peut installer ou faire installer une signalisation sur ce chemin ». On précise que l’amende prévue varie entre 300 et 600 $, en plus des frais.

La présidente du comité de sécurité publique, Danielle Berthold, rapporte n’avoir jamais entendu de plaintes pour de la vitesse dans cette rue résidentielle qui se termine par un rond-point et qui, de surcroît, est située dans son district. Elle mentionne que la population ne peut pas s’adonner à de la désobéissance publique.

Quelle différence voit-on entre ce marquage illégal, déploré par la Ville, et la pose de pancartes par des citoyens qui militaient pour une réduction de la limite de vitesse sur la rue Marini, dans le secteur Rock Forest? « Les affiches avaient causé un tollé. On se demandait si on les faisait enlever. On avait conclu que si c’était sur des terrains privés, on les tolérerait. Sur la voie publique, ce message ne respecte pas les normes de sécurité. Ce n’est pas la vraie limite de vitesse. On ne peut pas écrire n’importe quoi sur la chaussée et les gens ne peuvent pas commencer à faire leur propre loi. Il y a des conséquences à ces gestes. »

Elle invite les citoyens mécontents à utiliser les canaux de communication officiels, à envoyer leurs commentaires ou leurs suggestions à leur conseiller municipal, directement à la Ville de Sherbrooke, ou à poser une question pendant une séance du conseil municipal ou du conseil d’arrondissement.

Une étude est par ailleurs en cours à propos de la vitesse dans les rues résidentielles. Mme Berthold indique que les résultats sont attendus cet automne, probablement en octobre. Parallèlement, la conseillère a lancé un sondage sur sa page Facebook, précisément sur la vitesse dans les rues.

« Les résultats seront présentés aux élus, entre autres les résultats du sondage et ceux du projet-pilote devant les écoles. Nous pourrons prendre des décisions quand viendra le temps de boucler le budget. C’est plate que la sécurité soit liée à l’argent, mais rappelons-nous qu’en 2015, quand il a été question de changer tous les panneaux des limites de vitesse, on parlait d’une dépense de 1 M$. Au moins, on ne pourra pas dire qu’on ne s’est pas penchés sur le sujet. »

Mme Berthold rapporte que des études réalisées dans le passé démontrent que même si la limite de vitesse est réduite, le comportement des automobilistes change peu. « Trois-Rivières avait baissé ses limites et elle les a remontées. La solution, c’est la sensibilisation. »

En fin de journée hier, la mention de 30 km sur la rue des Épinettes avait été recouverte de peinture noire.

En fin de journée mercredi, le marquage illégal avait déjà disparu après une intervention de la Ville de Sherbrooke.