50 000 $ seront investis dans une palissade artistique de 325 pieds pour masquer les travaux de démolition en attendant l'émergence de Well inc. au centre-ville de Sherbrooke.

Une palissade sera érigée sur le chantier de Well inc.

Une palissade sera érigée le long de la rue Wellington Sud là où des bâtiments auront été démolis en attendant l'émergence de Well inc. La Ville compte investir 50 000 $ pour le déploiement de cette palissade.
La structure masquera la zone démolie « en plus de fédérer plusieurs acteurs du quartier autour d'un projet collectif ». Les premiers bâtiments à tomber sous le pic des démolisseurs, l'ancien pub irlandais et le Pap's, au 42 et au 62, rue Wellington Sud, doivent être démolis au cours des prochaines semaines. La palissade sera réalisée par cinq artistes sherbrookois ayant participé au Festival Amalgam, par les artisans de la coopérative La Fabrique et par la boutique MTN, spécialisée dans l'art mural.
Elle illustrera des silhouettes de bâtiments avec des fenêtres qui s'ouvrent sur l'imaginaire des artistes. Une zone permettra d'ajouter des mots des résidants du quartier et un espace permettra de diffuser les oeuvres des enfants de l'école Sacré-Coeur.
« Nous ne voulions pas des panneaux blancs. Nous voulions donner une vie au quartier », commente Philippe Cadieux, responsable des partenariats publics du projet Well inc.
La palissade de bois aura une longueur de 325 pieds linéaire et sera haute de 10 pieds. Dans un premier temps, elle sera installée devant les bâtiments du 42 et 62, rue Wellington Sud, jusqu'au stationnement municipal. Un lien piétonnier demeurera vers le stationnement à étage. Dans un deuxième temps, elle s'étendra sur toute la Wellington Sud devant les zones démolies.
Du point de vue de la sécurité, le Service de protection contre les incendies a déposé un avis pour assurer la conformité. Un avis d'ingénieur a aussi été réclamé pour confirmer la solidité de la palissade et de son ancrage.
La moitié des 50 000 $ réservés pour le projet servira à la production et à l'achat de matériaux (22 000 $) alors que 15 000 $ serviront à la coordination des artistes, à leur cachet et au matériel d'art. L'ancrage et la sécurité coûtent 8000 $ et l'idéation et la direction artistique nécessiteront des dépenses de 5000 $.
Lieu d'échange
Dans le même ordre d'idées, un bureau Well inc. sera aménagé pour permettre un lieu d'échange et de rencontre au coeur du chantier et du quartier. Il permettra d'accueillir les partenaires du projet et constituera une vitrine pour développer un prototype de salle favorisant le travail collaboratif entre les différents intervenants. Le bureau aura pignon sur rue dans un local actuellement vacant, au 36, rue Wellington Sud. L'aménagement des locaux se fera à l'aide des meubles d'Estrie Aide et des matériaux récupérés de l'Hôtel Wellington.
Commerce Sherbrooke déménagera pour sa part dans les locaux de Pro-Gestion Estrie en juin en attendant la construction d'un immeuble qui regroupera tous les intervenants du développement économique.
Well inc. est sur les rails
Le projet Well inc. est bel et bien sur les rails, se réjouit le maire Bernard Sévigny. Il arrive à ce constat après un premier rapport d'étape livré aux élus, lundi, en atelier de travail public. Pour la première fois, les trois porteurs du dossier ont dressé un bilan du chemin parcouru depuis l'annonce du projet survenue au début octobre.
Pour Marie-France Delage, directrice générale adjointe aux relations avec la communauté à la Ville de Sherbrooke, l'impulsion Well inc. est nécessaire. Elle relève que 13 des 64 lots compris dans le quartier de l'entrepreneur sont vacants alors que 33 % des superficies de plancher sont vacantes ou affectées à des ressources d'aide. Par ailleurs, 25 % de la superficie commerciale louée est occupée par des débits de boisson. « Ce n'est pas grave, mais c'est plus le pourcentage par rapport aux autres vocations qui soulève des questions dans un objectif de mixité. Dans le quartier, nous visons une approche de lean startup, sans grandes structures ou paramètres, des bancs d'essai qui permettent de s'adapter et d'être là où les besoins sont. »
Déjà plusieurs étapes ont été franchies, dont l'adoption d'une stratégie de distribution des biens de l'Hôtel Wellington, l'élaboration de la reconfiguration des voies de circulation pour l'implantation du centre de diffusion intermédiaire, et la mise en chantier du plan d'affaires pour le futur guichet unique des ressources en entrepreneuriat. Ce dernier devrait être présenté en mai.
« Je sais que plusieurs d'entre vous sont préoccupés par la présence du privé. Il est déjà là. Un privé a acheté l'ancienne auberge Ecobeat et j'espère revenir d'ici quelques semaines pour vous nommer d'autres projets privés. On a beau les accompagner tous, certains ne verront pas le jour et c'est normal. Mais dans le secteur, il y a des opportunités. Sur l'ensemble, 64 % sont des nouveaux projets. Ce ne sont pas que des déplacements... » rassure Gilles Marcoux, responsable des projets privés et du développement du quartier Well inc.
Parmi les étapes à venir, la poursuite des démarches pour l'acquisition du Studio Sex et la démolition de l'îlot du 42 au 62, rue Wellington Sud.
« Le projet est extrêmement bien engagé sur le terrain. Le projet lève comme on le souhaite. Oui il y a une période de gestation. De tous les projets de revitalisation dont j'ai entendu parler, on s'est donné l'angle le plus respectueux des organismes communautaires. La variété des résultats émergera au cours des prochains mois », dit le maire Bernard Sévigny.
« Le projet de tout le monde? »
Les organismes communautaires continuent quant à eux d'être préoccupés par leur sort dans le développement du quartier de l'entrepreneur, ce qui n'est pas sans inquiéter Vincent Boutin et Chantal L'Espérance. « Il va falloir encore rassurer ces gens-là qui ont peur de perdre leurs acquis », dit Mme L'Espérance.
Hélène Dauphinais est heureuse de savoir qu'un plan d'affaires serait présenté en mai. « La preuve reste encore à faire. Pour tout de suite, tout ça n'est que du brassage. » Une opinion que partage Jean-François Rouleau. « Je suis un peu surpris de ne pas voir de plan d'affaires. Comment peut-on avoir un projet de cette envergure sans plan d'affaires? »
Enfin, Annie Godbout continue de déplorer que le projet ne soit pas inclusif. « C'est comme votre projet, et non notre projet », a-t-elle lancé aux intervenants. « J'aimerais sentir que c'est le projet de tout le monde. Quel rôle voulez-vous voir les élus jouer? » Elle a du même souffle déploré que Destination Sherbrooke ne soit pas inclus dans les organismes de développement économique qui s'installeront au centre-ville.
Selon Marie-France Delage, Destination Sherbrooke s'est retiré des discussions, mais pourrait quand même se greffer au quartier ultérieurement. « On souhaite que ce soit le projet de tout le monde », a-t-elle aussi lancé.