Patrick Chabot et Julie Bernard, deux parents qui ont porté le projet de revitalisation de la cour de l’école LaRocque, et Jean-François Gagné, directeur.

Une oasis de nature comme cour d’école à LaRocque

Lorsqu’ils reviendront à la rentrée scolaire, les quelque 256 élèves de l’école primaire LaRocque ne reconnaîtront plus leur cour d’école, qui aura subitement rajeuni... et qui sera teintée de vert. Ce que le directeur de l’établissement, Jean-François Gagné, appelle le « miracle » de l’école LaRocque est en train de se produire : la cour asphaltée laissera place à une oasis de verdure dans le quartier.

Déjà, le visage du secteur entourant l’école primaire a bien changé au cours de la dernière année. Lors de la phase 1 du projet, la Ville de Sherbrooke a fermé la rue Mère-Teresa, qui donne juste devant l’église Immaculée-Conception-de-la-Très-Sainte-Vierge-Marie, devenant du même coup un espace vert. 

Déjà, on sent la popularité de l’endroit auprès des enfants du quartier, racontent Julie Bernard et Patrick Chabot, les deux parents qui portent le projet depuis quelques années. Le couple, enseignants au Cégep de Sherbrooke, a quatre enfants qui fréquentent l’école LaRocque. « Ici, c’est le cœur du quartier, et c’était un no man’s land », souligne Julie Bernard, qui est présidente du conseil d’établissement de l’école. 

Sitôt les classes terminées, les travaux seront enclenchés, de sorte qu’ils seront terminés autour du 9 août. Au retour, un espace asphalté sera toujours présent, mais moins dominant; une zone verte sera aménagée afin que les enfants puissent se sentir en nature... en plein milieu urbain. Les enfants auront aussi accès, entre autres, à un terrain multisport. 

Quelques travaux seront réalisés un peu plus tard en début d’année scolaire. 

Une fois terminé, le projet qui sert tant pour les élèves que pour les citoyens du quartier, et qui prévoit l’ajout de modules de jeux, aura nécessité des investissements d’environ 1 M$. Si les investissements peuvent sembler importants, ceux-ci entraîneront d’importantes retombées, croit M. Chabot, qui estime que les économies potentielles ne sont pas quantifiables à court terme. 

S’inspirer d’ailleurs 

Julie Bernard précise qu’au départ, la cour de l’école LaRocque devait être rénovée, de toute façon, autour de 2021 : elle aurait été réasphaltée et on y aurait ajouté des modules de jeux. Des investissements de 300 000 $ étaient dans les cartons. L’occasion était belle de penser autrement. 

Bien plus que de revamper la cour d’école, l’initiative « De l’asphalte à la vie » vise à lutter contre le réchauffement climatique, rappelle Julie Bernard, en soulignant qu’elle a notamment pour effet de diminuer les îlots de chaleur dans le secteur. Bon nombre d’enfants du quartier n’ont pas accès à une cour : plutôt que d’être limités à leur balcon, ils pourront aller jouer dans le parc-école. 

Sur les 256 élèves de l’établissement, seulement une trentaine d’entre eux prennent l’autobus, précise Jean-François Gagné. « Les enfants du quartier passent leur été dans le quartier. C’est un accès en plein air en pleine ville, accessible à tous », indique Patrick Chabot. 

« C’est là qu’on voit que les parents ont de l’influence dans leur milieu, dans le respect des balises », note Jean-François Gagné. 

Julie Bernard et Patrick Chabot ne se sont pas contentés d’imaginer une cour d’école : ils se sont rendus à Boston, où des écoles ont revitalisé leur cour en leur ajoutant de belles touches de vert. Ils projettent aussi de se rendre en Belgique.

Ils ont aussi documenté le processus en tournant un documentaire sur le sujet : ils capteront des images à l’inauguration et prévoient que le documentaire devrait être prêt en 2020. 

Le couple aimerait évaluer les impacts d’un tel projet, qui débordent du simple aménagement d’un cour d’école. Il a d’ailleurs créé le Living Lab Techni-Cité, en collaboration avec le Cégep de Sherbrooke. Il estime que ce projet-pilote pourrait rayonner ailleurs au Québec; ils ont d’ailleurs été contactés par d’autres établissements.

L’initiative a mobilisé un grand nombre de partenaires, notamment le Groupe Custeau, le Groupe Soucy Techno, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) et la Ville de Sherbrooke.

Les responsables sont toujours à la recherche de fonds pour la suite.