La 17e murale en trompe-l’œil de MURIRS sera réalisée sur ce mur de la succursale SAQ Sélection du centre-ville.

Une murale sur la SAQ du centre-ville

La 17e murale en trompe-l’œil de MURIRS sera réalisée sur un mur de l’édifice de la SAQ Sélection du centre-ville, à l’embouchure du pont Aylmer. Le conseil municipal a donné son approbation au projet d’une valeur de 175 000 $, auxquels s’ajouteront 25 000 $ pour l’aménagement d’une aire de lecture.

L’œuvre vise à rendre hommage à l’histoire de ce secteur du centre-ville considéré comme un carrefour important où la majorité des citoyens a dû s’arrêter un jour ou l’autre. Dans le sommaire décisionnel de la Ville de Sherbrooke, on fait notamment référence à la présence d’un marché public, d’un terminus ou du restaurant Louis Luncheonnette.

Le site a été choisi pour faire un lien entre les murales du centre-ville et celles situées de l’autre côté du pont, au coin des rues King Est et Bowen. « Les données de fréquentation recueillies grâce à l’application Muralis indiquent que ses utilisateurs ont peu tendance à se rendre aux murales sises à l’angle des rues King Est et Bowen, la principale raison étant la distance entre la murale du secteur Wellington et celles précitées », lit-on encore.

Les conseillers Danielle Berthold et Pierre Tremblay ont inscrit leur dissidence. « Pour être cohérente avec ma position sur les murales, je vote contre. J’ai toujours dit que j’aurais apprécié que ce montant soit affecté à Muralis pour que l’expérience monte à un autre niveau », dit Mme Berthold, précisant qu’elle n’a rien contre les œuvres de MURIRS.

Idem pour Pierre Tremblay. « Ce n’est pas une année où on peut faire une autre murale. Je ne pense pas que des gens vont s’empêcher de venir à Sherbrooke si on ne la fait pas. »

Annie Godbout, présidente de Destination Sherbrooke, admet avoir inscrit sa dissidence au conseil d’administration de Destination Sherbrooke. Elle partageait les préoccupations de Danielle Berthold. Au conseil municipal lundi, elle a toutefois entériné la réalisation d’une œuvre en plein air.

« Les murales sont un produit extrêmement fort. J’ai proposé au C.A. de mettre en place un comité de travail pour réfléchir au produit "murales", pour décider de notre vision. Il n’est pas question d’arrêter complètement d’en faire, mais on pourrait regarder d’autres possibilités, comme le mapping et l’éclairage de soir. »

Vincent Boutin, lui, a été convaincu par l’emplacement choisi, parce qu’il crée un lien entre le centre-ville et l’Est. Pour Rémi Demers, « le mur était prédestiné à cette œuvre ». Chantal L’Espérance dit que les citoyens « sont contents qu’on leur raconte leur histoire de cette façon-là ».

Le président de MURIRS, Serge Malenfant, confirme que l’objectif sera de « compléter le circuit pédestre. Nous avons un plan jusqu’en 2020 et Destination Sherbrooke en connaît les tendances et les objectifs. Nous cherchons à créer une densité entre le point A et le point B pour susciter un intérêt. La distance était trop grande entre l’Estudiantine et le secteur Bowen ».

M. Malenfant ajoute qu’il faudrait encore deux murales pour en arriver à une « densité complète ». « Nous voulons éviter les culs-de-sac et que les touristes reviennent sur leurs pas quand ils effectuent la tournée des murales. »

Les travaux de préparation du mur devraient commencer en mai et il faut compter entre deux et trois mois pour la réalisation du trompe-l’œil.

Sherbrooke devrait-elle diversifier ses œuvres et offrir ses murs à de nombreux artistes différents, comme c’est le cas à Montréal? « De notre point de vue, nous arrivons avec des œuvres qui n’endommagent pas les édifices et que nous pourrons garder longtemps. Ça ajoute de la valeur. On souhaiterait arriver avec un programme d’art structuré comme à Philadelphie, où il y a 3500 murales, mais nous ne voulons pas peindre pour peindre. Il faut se démarquer. Il n’y a pas de raisons de faire exactement comme à Montréal ou à Philadelphie. »

Serge Malenfant verrait des œuvres différentes, regroupées par thèmes, dans des secteurs à l’extérieur du centre-ville.