Les 32 enfants des classes d’accueil de l’école des Quatre-Vents ont reçu de nombreux cadeaux de Noël hier matin grâce à l’initiative de la secrétaire de leur école, Émilie Paquet, dont les petits Waondo Mwibe, Malekesa Salehe, Plamedy Kamkubenge et, debout, Heri Salehe.

Une mère Noël veille sur 32 élèves

Des princesses, des jeux de société, des livres, un sac rempli de jujubes et autres douceurs sucrées du temps des Fêtes... Le père Noël a été fort généreux avec les 32 enfants des classes d’accueil de l’école des Quatre-Vents, vendredi matin.

Mais qui est donc ce père Noël qui pense à chacun de ces enfants, leur offre des cadeaux personnalisés et qui pense même à offrir un petit quelque chose aux grands ou petits frères et soeurs qui sont dans des classes régulières? Le père Noël et la mère Noël de tous ces enfants sont en fait la secrétaire de l’école, Émilie Paquet, et son époux, Martin Ouimette, qui, depuis au moins huit ans, ramassent des cadeaux pour ces jeunes enfants.

« Dans un devoir, les enfants devaient répondre à la question suivante : si vous trouviez 15 $, qu’est-ce que vous achèteriez avec? Plusieurs répondaient de la nourriture, souvent parce qu’ils en manquent... Mais on leur a demandé d’aller au-delà de ça, de trouver des idées de ce qui leur plairait à eux. Et les enseignantes m’ont ensuite remis les devoirs. J’ai essayé de respecter les demandes de chaque enfant. Mais ça ils ne le savaient pas... J’ai seulement l’air d’une magicienne », explique Émilie Paquet, des étoiles dans les yeux.

« Pendant des semaines, notre cuisine est une véritable usine à cadeaux. Émilie choisit les cadeaux pour chacun des enfants qu’elle connait. Cette année, nous avons acheté des sacs cadeaux, c’est un peu plus simple. Mais les autres années, elle emballait tout tout tout, le moindre petit cadeau! » raconte en riant son époux, l’entrepreneur en construction Martin Ouimette, qui finance une bonne partie du projet.

« Pour la deuxième année, nous avons eu le soutien de l’organisme Action nouvelle vie, qui nous a donné plusieurs cadeaux. Chaque enfant a même reçu une paire de bas neufs. Les enfants aiment les bas neufs », ajoute M. Ouimette.

Les enfants rayonnent lorsqu’ils ouvrent leurs paquets. Littéralement. Certains tiennent leurs cadeaux serrés contre eux, comme s’ils avaient peur que leurs nouveaux jouets s’envolent.

« Certains sont des nouveaux arrivants qui sont ici depuis quelques mois seulement. Ils ne comprennent pas la langue, ils ne comprennent pas tout ce qui se passe dans ce pays, ils n’ont pas beaucoup d’argent, ils sont limités dans leurs déplacements et par le premier hiver qu’ils vivent. Les enfants n’auront pas tous des cadeaux à la maison, certains en auront quelques-uns des magasins à 1 $. Mais des cadeaux comme ceux qu’ils ont eus ici, non, personne ne pourra avoir ça chez lui », soutient Émilie Paquet.

Vendredi était la dernière journée avant les grandes vacances scolaires des enfants. Étaient-ils heureux de pouvoir profiter d’un petit répit chez eux? Dans la très grande majorité des cas, la réponse était non.

« Moi j’aime l’école. J’aime ça travailler fort. Rester chez moi, j’aime moins ça », dit la grande Mirelle, 11 ans, originaire du Congo.

« Sa réponse est représentative de celles que feraient tous les élèves des classes d’accueil. Souvent, ils n’aiment pas les fins de semaine, les vacances des Fêtes ou celles d’été. Ils sont moins stimulés à la maison parce que les parents n’ont pas les moyens de faire beaucoup d’activités avec eux », explique une des enseignantes des classes d’accueil, Andréa Zeleznik.

La fête ne s’est pas arrêtée à la remise des cadeaux, car tout l’après-midi, les enfants se seront amusés avec leurs jouets dans leur salle de classe.

« On va jouer tout l’après-midi. On va montrer aux enfants comment fonctionnent leurs jeux de société, pour qu’ils puissent jouer chez eux en famille durant le temps des Fêtes », rayonne la secrétaire qui avait pris congé, vendredi, pour pouvoir passer plus de temps auprès de ces jeunes enfants.