«Une journée triste» pour le bois des Deux-Ruisseaux

Ce que les membres des AmiEs du bois des Deux-Ruisseaux redoutent depuis de nombreuses années a débuté lundi matin. Des travaux d'un futur développement résidentiel ont été mis en branle, au bout de la rue de l'Irlande, suscitant le mécontentement de ceux qui veulent préserver ce site enchanteur en pleine nature.
Rappelons que la Ville de Sherbrooke a annoncé la semaine dernière le début des travaux menant à la création de la nouvelle rue Irénée-Pelletier, dans le secteur ouest du boulevard de l'Université, en vue de l'implantation du développement baptisé le Boisé des ruisseaux.
« C'est un jour triste pour le bois des Deux-Ruisseaux de Sherbrooke. La machinerie est arrivée et elle est en train de détruire la plus belle partie de la forêt, le plateau surplombant le ruisseau », lance Marc-André Paquette, d'AmiEs du bois des Deux-Ruisseaux.
« C'est un endroit de ressourcement unique qui a été offert sur un plateau d'argent au promoteur du projet. »
Des années de démarches
M. Paquette affirme que le groupe a multiplié les démarches depuis de nombreuses années pour que la Ville de Sherbrooke protège une partie du terrain visé par le développeur. Les AmiEs du bois des Deux-Ruisseaux souhaitent qu'on puisse épargner une bande qui sert de sentier à ceux qui veulent longer le ruisseau, ajoute Marc-André Paquette.
« Nous nous opposions au développement de cinq terrains sur un projet de 25 terrains, dit-il. C'est tout simplement unique cette partie. C'est facile d'accès. Les gens qui sont passés là n'en reviennent pas comment c'est magnifique. »
« C'est une preuve claire que la démocratie participative à Sherbrooke ne fonctionne pas et que les élus ont davantage à coeur l'argent des promoteurs que le bien-être des citoyens d'aujourd'hui et de demain. »
Les terrains ne faisaient pas partie du périmètre d'urbanisation au début de leurs démarches qui ont débuté en 2008, note M. Paquette. « Les élus ont modifié le zonage pour donner cette partie au promoteur, soit l'achat de toute la rue au prix de 280 000 $. »
« Si rien ne change, je peux vous dire qu'il y aura cinq propriétaires de résidence qui aurait une superbe vue sur le ruisseau. Ce n'est pas certain que nous pourrons passer sur les terrains de ces gens pour longer le ruisseau. Nous perdrons alors notre accès. »
« Nous ne sommes pas fous »
M. Paquette se surprend que personne à la Ville de Sherbrooke soit chargé de défendre ce type de site écologique riche et aimé des citoyens. « Nous savons depuis longtemps que le développement allait se faire. Nous ne sommes pas fous », fait-il remarquer lors d'un entretien accordé à La Tribune.
« J'aurais aimé que la Ville porte plus attention à nos revendications. Il y a dans ce bois des arbres majestueux et centenaires. »
Dans un communiqué, la Ville mentionne qu'un espace vert protégé sera situé à l'une des extrémités de la rue alors qu'un passage piétonnier permettra aux usagers de rejoindre le parc des Deux-Ruisseaux, un boisé acquis par la Ville de Sherbrooke, il y a quelques années.
En mai 2015, le conseil municipal avait donné son aval en protégeant 37 pour cent du terrain du promoteur en y conservant la majorité des pruches.