Le brigadier-général (Bgen) Jennie Carignan, originaire d’Asbestos, est devenue jeudi la première femme à assumer le commandement de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est).

Une femme aux commandes des militaires

Le brigadier-général (Bgen) Jennie Carignan est devenue jeudi la première femme à assumer le commandement de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées (Est). C’est maintenant un duo à la fois féminin et tout estrien qui se trouve à la tête 2e Division du Canada. En effet, Bgen Carignan sera secondée par la Bgen Josée Robidoux, originaire de Sherbrooke. C’est la première fois qu’une équipe de commandant et de commandant adjoint est composée de deux femmes au sein de l’armée canadienne.

Jennie Carignan a un parcours peu commun. Cette femme originaire d’Asbestos a, au cours de ses 32 années de carrière dans l’armée, contribué à faire tomber les barrières liées à la présence des femmes dans les Forces armées canadiennes (FAC).

« Depuis que j’ai eu le grade de colonel, presque tous les postes que j’ai occupés l’étaient par une femme pour la première fois. Ce n’est pas surprenant, parce que ce n’est qu’à partir de 1988 que tous les postes ont été ouverts aux femmes. Et ça prend un cheminement de carrière d’environ 30 ans pour arriver à un grade de colonel », met en perspective la Bgen Carignan.

Aujourd’hui, les femmes ont fait leur place dans l’armée canadienne, assure-t-elle. Personne à l’interne n’a été surpris d’apprendre qu’elle serait la commandante de la 2e Division du Canada. « Depuis 32 ans que je suis dans l’armée, on me connaît bien maintenant! Mais de l’externe, on sent encore de la surprise parfois quand une femme obtient un poste comme celui-là. Il y a encore du travail à faire au niveau des perceptions des gens face à la présence des femmes dans l’armée », soutient-elle.

Ce sera pour elle une fierté de travailler aux côtés de la Bgen Josée Robidoux, qui occupe le poste de commandante adjointe de la 2e Division du Canada depuis bientôt un an. Cette dernière est originaire de Sherbrooke. « Josée a fait son chemin dans la réserve. Elle aussi, elle a repoussé beaucoup de barrières », soutient Jennie Carignan.

À la recherche d’un grand défi
Jennie Carignan s’est enrôlée dans les Forces armées canadiennes en 1986. « Personne dans ma famille n’était dans l’armée, mais j’ai eu envie d’aller au Collège militaire. Je me cherchais un défi, quelque chose de difficile, une cause qui était plus grande que moi... »

Et elle a eu la piqûre. La piqûre d’une armée canadienne exigeante, ce qui ne l’a pas empêchée de relever aussi des défis personnels. En effet, l’Asbestrienne d’origine s’est mariée et a eu quatre enfants qui l’ont suivie dans sa vie de nomade.

« Au fil des années, j’ai dit oui à beaucoup de choses, se souvient-elle en riant, sans toujours savoir dans quoi je m’embarquais. »

Elle a occupé plusieurs postes de commandement, notamment celui de commandant du 5e Régiment du génie de combat, commandant du régiment de génie de la Force opérationnelle à Kandahar et commandant du Collège militaire royal de Saint-Jean. À l’étranger, elle a participé à des missions en Bosnie-Herzégovine, sur le plateau du Golan et en Afghanistan.

Puis s’est présenté jeudi un nouveau défi.

« C’est avec grande fierté et humilité que je prends le commandement de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmée (Est), une organisation que je connais bien et qui jouit d’un excellent bilan sous l’impressionnant leadership de mes prédécesseurs, notamment le brigadier-général Gosselin », a-t-elle soutenu jeudi.

La Force opérationnelle interarmées (Est) compte parmi les six forces régionales de ce genre mises sur pied par les Forces armées canadiennes (FAC). La commandante Carignan dirigera les interventions des FAC n’importe où si une aide est demandée pour des opérations domestiques ou à l’étranger.

Et l’action risque d’être au rendez-vous dès ses premiers mois de commandement parce que, en juillet, ce sera au tour de la Force opérationnelle interarmées (Est) de tomber en haute disponibilité opérationnelle. « Nos troupes seront prêtes à être déployées en tout temps. Actuellement, nous avons des opérations dans plusieurs pays. On risque d’avoir un été occupé parce que traditionnellement, c’est une saison demandante pour les opérations domestiques potentielles, comme celles qu’on a connues avec les vagues d’immigration ou avec les inondations », cite-t-elle en exemples.