Lucie Bilodeau et Pierre Boutin ont partagé avec fierté leur fille Kim avec des dizaines de partisans, lundi soir, à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau.

Une délégation sherbrookoise pour accueillir Kim et Alex

La patience était de mise dans l’autocar qui conduisait une trentaine de personnes vers l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, lundi, où les Sherbrookois Kim Boutin et Alex Boisvert-Lacroix étaient attendus en soirée avec les autres athlètes québécois de retour de PyeongChang.

Des membres de la famille de la triple médaillée olympique, des connaissances, quelques membres du Club de patinage de vitesse de Sherbrooke (CPVS) ainsi que le maire Steve Lussier tenaient à se déplacer pour féliciter en personne la Sherbrookoise de 23 ans, dès son retour au pays après un périple d’environ 23 heures.

Le père de Kim, Pierre Boutin, se disait plus que satisfait des performances de sa fille à PyeongChang. « On est heureux de son accomplissement. Elle a tellement travaillé fort, c’est impressionnant! On a parfois l’impression d’être sur un nuage nous aussi », a-t-il commenté pendant que l’autocar faisait route vers la métropole.

« On a senti les Sherbrookois derrière les athlètes. J’étais à la Cage – Brasserie sportive lors des deux premières courses de Kim. L’ambiance est différente par rapport à PyeongChang, c’est certain. J’ai apprécié les deux.

« Lorsqu’on était à l’aréna, c’était incroyable de voir tous les gens crier, ça donnait des frissons, poursuit celui qui est rentré au pays samedi. Quand j’étais à Sherbrooke, c’était une ambiance beaucoup plus familiale, car on voyait nos amis et nos connaissances. »

De son côté, la mère de Kim Boutin, Lucie Bilodeau, a adoré son expérience en Corée du Sud. « C’était grandiose. Je ne m’attendais pas à ça ni aux résultats. Ce n’est pas que je ne la savais pas capable, mais les Jeux olympiques, c’est un stress additionnel », a-t-elle commenté.

La période houleuse qui a suivi la première médaille de bronze a été inquiétante pour la famille Boutin. « J’étais contente d’être là. Elle a éclaté dans mes bras en me disant qu’elle avait peur. Quand elle est montée sur le podium, c’était des larmes de peur qu’elle a versées », affirme-t-elle, en soulignant la force de caractère de Kim.

Des jeunes inspirés

Outre les parents et les grands-parents de l’athlète, cinq jeunes du CPVS sont venus féliciter la triple médaillée olympique.

L’un d’entre eux, Dylan Duchesne, a trouvé inspirante la participation des Sherbrookois aux Olympiques. « De voir des Sherbrookois comme nous performer aux Olympiques et de voir qu’ils veulent nous aider, c’est vraiment le fun », confie-t-il.

Nathan Prévost, lui, ne vise pas nécessairement les Olympiques. « Moi je m’entraîne pour le plaisir, mais c’est vrai que c’est inspirant. C’était important de me déplacer et de la féliciter pour ses trois médailles », dit le jeune homme de 14 ans.

Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, était aussi de la délégation. « J’ai toujours eu cette passion pour les Jeux. J’ai essayé le patin de vitesse avant les Olympiques et j’ai vu à quel point c’était difficile. Le fait qu’elle a été porte-drapeau, c’était comme la cerise sur le sundae. C’était très important pour moi d’aller les chercher à l’aéroport », a exprimé M. Lussier.

Kim Boutin a récolté deux médailles de bronze et une médaille d’argent dans son parcours olympique. La Sherbrookoise a également eu l’honneur de porter le drapeau canadien lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de PeyongChang.

Heureux de retrouver ses parents Neil Lacroix et Chantal Boisvert, ainsi que sa conjointe Sarah Bergeron, Alex Boisvert-Lacroix a parlé d’une expérience olympique « incroyable ».

Alex Boisvert-Lacroix fier de ses jeux

Alex Boisvert-Lacroix a tout donné, mais il est rentré au Canada sans médaille. Malgré cela, l’Olympien était tout sourire à son arrivée à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, lundi soir, rapportant une expérience olympique extraordinaire.

« C’est une expérience incroyable, a commenté Boisvert-Lacroix. C’était le rêve d’une vie qui se réalisait. Au niveau des résultats, j’aurais aimé faire mieux qu’une 11e place. Je visais le podium, mais on ne peut pas être déçu au final », a-t-il poursuivi.

Malgré les performances hallucinantes de sa compatriote sherbrookoise, Alex ne s’est jamais senti dans l’ombre de Kim Boutin. « Je suis très fier de Kim, a-t-il affirmé. C’est incroyable ce qu’elle a fait. Elle mérite pleinement ces résultats-là. Elle avait plusieurs chances de médailles et elle a réussi à pratiquement toutes les occasions. »

Boisvert-Lacroix n’avait pas mis les pieds au Québec depuis plus d’un mois, lui qui s’est entraîné à Calgary avant d’aller à PyeongChang. « Ça a été un long voyage, car je suis parti pour six semaines en continu. Ça fait du bien de voir ma copine et ma famille », a-t-il admis.

L’appui des Sherbrookois a été senti par l’athlète de 30 ans. « Le support de Sherbrooke a été incroyable. Il y avait des rassemblements et un mouvement olympique énorme. En tant que Sherbrookois, on pouvait sentir un support et un fort sentiment d’appartenance », a-t-il assuré, visiblement content.

Le plus beau souvenir d’Alex Boisvert-Lacroix demeure sa présence sur la patinoire. « Ma plus belle expérience s’est passée sur ma course. L’ambiance était disjonctée dans l’aréna, décrit-il. Un Coréen venait de battre un record olympique. C’était incroyable. »

Est-ce que Boisvert-Lacroix pourra se reprendre aux prochains Jeux olympiques? « Quatre ans, c’est encore long, analyse le patineur de vitesse. Je vais commencer par me remettre de mes émotions. Dans quelques semaines, je pars déjà pour la Coupe du monde finale afin de bien conclure la saison. »

Des parents aussi fiers

Avant l’arrivée des athlètes, les parents et l’amoureuse d’Alex étaient fébriles à l’idée de revoir leur proche. « Ça a été un long travail, a confirmé Neil Lacroix, le père d’Alex. Pour arriver là, il fallait être très discipliné. »

« On a attendu longtemps avant de le voir patiner. On a suivi les Jeux olympiques comme jamais! », a-t-il poursuivi, réjoui.